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Une attaque massive de drones contre Moscou marque une nouvelle étape de la guerre des États-Unis et de l’OTAN contre la Russie

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Un panache de fumée noire s’élève au-dessus de Saint-Pétersbourg, le 3 juin 2026, après une attaque de drones ukrainiens. [AP Photo/(File)]

Dans la nuit de samedi à dimanche, l’Ukraine a lancé les plus importantes frappes contre la capitale russe, Moscou, depuis le début de la guerre. Le maire de Moscou a déclaré que 450 drones se dirigeant sur la ville avaient été abattus. Trois personnes ont été tuées dans la région et la raffinerie qui fournit normalement 40 pour cent du carburant de la ville a été incendiée.

Cette offensive faisait suite à l’attaque de drone lancée une semaine plus tôt par la Russie contre un train de voyageurs en gare de Yahodyn, dans l’ouest de l’Ukraine, à environ 2 kilomètres de la Pologne, quelques minutes après le passage d’un train transportant l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson et les conseillers en matière de sécurité de plusieurs gouvernements européens.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré dimanche que l’attaque avait également comporté le missile de croisière ukrainien Flamingo et le missile balistique Pelican, le premier fabriqué par l’Ukraine dans le pays même. Le Flamingo porte une ogive de 1150 kilogrammes, contre 50 à 60 kilogrammes pour les drones Liutyi sur lesquels l’Ukraine s’est appuyé jusqu’ici et utilise un système de guidage fourni par l’entreprise française Safran.

Un état de guerre de fait existe désormais entre la Russie et les puissances impérialistes de l’OTAN, dont la politique est de pratiquer sans relâche l’escalade.

L’Ukraine attaque les villes russes avec des armes financées, développées conjointement et souvent directement fournies par les puissances de l’OTAN, qui fournissent également images satellites et renseignements de ciblage. Depuis juin, l’Union européenne a investi 8,5 milliards d’euros dans les drones et les missiles pour l’Ukraine.

Financer et armer des attaques contre Moscou est plus qu’irresponsable. Les dirigeants européens savent qu’une importante contre-attaque russe peut s’ensuivre et leurs actes visent précisément à provoquer de telles représailles. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré jeudi devant le Parlement que les renseignements sur les projets russes de frappes de drones et de missiles contre les pays qui soutiennent l’Ukraine étaient désormais «très cohérents et, malheureusement, convaincants». Deux jours plus tard survenait l’attaque contre Moscou.

Pourtant, aucun dirigeant d’une puissance européenne de l’OTAN n’appelle à des négociations, à reculer au bord du précipice. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré le 2 septembre, à propos de la pression exercée par l’Europe sur la Russie: «Nous allons l’intensifier. Et nous ne nous arrêterons pas.»

Les puissances de l’OTAN calculent qu’en poursuivant l’escalade de la guerre, elles peuvent provoquer l’effondrement du gouvernement du président russe Vladimir Poutine. Elles pensent peut-être qu’on n’en viendra pas à un échange nucléaire. Mais elles toutes disposées à en courir le risque et les événements ont une logique propre indépendante des intentions d’un quelconque gouvernement.

Qu’est-ce qui pousse les puissances impérialistes à de tels actes? La réponse se trouve dans les crises sociales, économiques et politiques de leur propre domination, et pour lesquelles elles n’ont aucune solution. Les intentions criminelles de ceux qui mettent en œuvre cette politique sont bien réelles. Mais ces intentions sont elles-mêmes le produit de la logique objective de l’impérialisme.

Les puissances européennes sont confrontées à une croissance lente, à une productivité à la traîne et à un écart technologique qui se creuse avec les États-Unis et la Chine, ce que l’ex-président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a qualifié de «défi existentiel». L’impérialisme allemand joue le rôle central dans cette escalade. Berlin est le premier bailleur de fonds européen de la guerre, et le chancelier Friedrich Merz a déclaré qu’il n’y aurait «aucune restriction» dans la portée des armes utilisées contre la Russie. L’Allemagne augmentera son budget militaire de 32,7 pour cent l’an prochain, pour le porter à 109,7 milliards d’euros, tout en amputant de 38,3 milliards d’euros les budgets de la santé et des retraites d’ici 2030.

À deux reprises au XXe siècle, l’impérialisme allemand a avancé vers l’Est. En 1941, Hitler a lancé contre l’Union soviétique une guerre d’extermination pour ce qu’il appelait le Lebensraum («espace vital»), à savoir la conquête des terres, des ressources et de la main-d’œuvre de l’Est, une guerre qui a coûté la vie à 27 millions de Soviétiques. Huit décennies après la défaite du Troisième Reich, la classe dirigeante allemande, confrontée à l’érosion de sa base industrielle et de ses marchés d’exportation, voit de nouveau dans l’Est une issue à sa crise.

Les États-Unis sont pour leur part poussés par une dette nationale colossale et insoutenable et par une crise du système dollar qui s’intensifie, accélérée par la flambée des coûts d’emprunt. Les intérêts de la dette de 40 000 milliards de dollars ont coûté 1052 milliards de dollars au cours des 11 premiers mois de l’exercice budgétaire, soit plus que les dépenses du Pentagone. Le rendement des obligations du Trésor à 10 ans a clôturé vendredi à 5,01 pour cent, son plus haut niveau depuis juillet 2007. L’impérialisme américain cherche à compenser son déclin économique par des moyens militaires.

L’escalade des puissances européennes est en partie une réponse à la réorientation de la politique étrangère américaine sous la direction de Trump. L’attention de l’administration est fixée, du moins pour l’instant, sur la guerre contre l’Iran commencée le 28 février et sur le conflit avec la Chine dont le président, Xi Jinping, arrive cette semaine à Washington.

Dans le même temps, des secteurs dominants de l’establishment dirigeant américain font pression sur les Européens. Cinquante-huit démocrates de la Chambre des représentants ont voté le 16 septembre en faveur d’un projet de loi autorisant des droits de douane pouvant atteindre 100 pour cent sur les plus gros acheteurs de pétrole russe. Le chef de la minorité à la Chambre, Hakeem Jeffries, qui a voté contre, a objecté que le texte était trop faible. Si les démocrates prennent le contrôle du Congrès le 3 novembre, ils mèneront un programme de guerre encore plus agressif contre la Russie.

Les puissances impérialistes des États-Unis et d’Europe se trouvent aujourd’hui dans une situation analogue à celle des grandes puissances en 1914. Dans les semaines qui ont suivi l’assassinat de l’archiduc autrichien à Sarajevo, le 28 juin 1914, les gouvernements d’Allemagne, d’Autriche-Hongrie, de Russie, de France et de Grande-Bretagne ont conclu que la guerre, avec toutes ses terribles conséquences, était l’option la moins mauvaise s’offrant à eux. Comme en 1914, et comme Hitler en 1939, les classes dirigeantes voient dans la guerre un moyen de suppimer des problèmes qu’elles sont incapables de résoudre. Aucun de ces gouvernements n’est prêt à reculer et il n’existe aucune ligne rouge qu’ils ne soient disposés à franchir.

Les gouvernements ont choisi l’escalade, mais ils n’en maîtrisent pas les conséquences. Même si on leur montrait à quoi ressembleront leurs villes dans deux ans, cela ne les arrêterait pas. Léon Trotsky, co-dirigeant de la Révolution russe, a écrit dans le programme de fondation de la Quatrième Internationale, en 1938: « Bien entendu, la bourgeoisie se rend compte du danger mortel qu’une nouvelle guerre représente pour sa domination. Mais elle est actuellement infiniment moins capable de prévenir la guerre qu’à la veille de 1914.» Une estimation encore plus vraie aujourd’hui.

La guerre, qui en est à sa cinquième année, a été fomentée par les puissances de l’OTAN. Les trois décennies d’expansion de l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie et d’armement de l’Ukraine comme mandataire de l’OTAN visaient à provoquer le conflit qui a débuté avec l’invasion lancée par Poutine en février 2022.

Le régime ukrainien, qui mène la guerre pour le compte des puissances impérialistes, est peut-être confronté à la crise la plus profonde de toutes. La dictature de Zelensky gouverne par la loi martiale, n’organise aucune élection et a interdit les partis d’opposition. Elle remplit son armée en capturant des hommes dans la rue, et elle se heurte à une résistance croissante à la conscription forcée à Lviv, Ternopil, Loutsk et dans d’autres villes.

Le 10 août, un tribunal ukrainien a condamné le socialiste Bogdan Syrotiuk, 27 ans, à 15 ans de prison pour s’être opposé à la guerre et avoir appelé à l’unité des travailleurs ukrainiens et russes contre celle-ci.

L’invasion réactionnaire de l’Ukraine a été la réponse d’un régime qui est lui-même le produit de la dissolution de l’Union soviétique en 1991. Le gouvernement russe est un gouvernement d’oligarques qui se sont enrichis par le pillage de la propriété d’État, et sa politique est en faillite depuis l’origine. En envahissant l’Ukraine, Poutine avait pour stratégie de faire pression sur les puissances de l’OTAN, qu’il appelait constamment ses « partenaires occidentaux », pour les amener à un accommodement avec la Russie. Elles ont au contraire utilisé l’invasion comme prétexte à une escalade militaire massive.

Le plus grand danger de la situation politique réside dans le gouffre qui sépare l’ampleur de la menace de la compréhension qu’en a la population. Des masses de gens pressentent le danger, mais ne peuvent croire que leurs gouvernements risqueraient une guerre nucléaire. Les gouvernements exploitent cette incrédulité. Les médias et l’establishment politique font tout leur possible pour empêcher la population de connaître et de comprendre les dangers.

Il faut avertir les travailleurs et les jeunes de tous les pays que leurs gouvernements les entraînent dans une guerre contre la Russie qui peut se terminer par l’emploi d’armes nucléaires, et qu’aucun secteur de l’establishment politique ne l’arrêtera.

Rien ne peut arrêter cette guerre sauf un mouvement de la classe ouvrière internationale. La base d’un tel mouvement existe. L’opposition grandit dans la classe ouvrière de tous les pays et s’exprime par une vague croissante de grèves et de manifestations. Les effets de la guerre, notamment la flambée des prix et le démantèlement des programmes sociaux pour financer le réarmement, se conjuguent à la crise sociale générale: des inégalités à une échelle stupéfiante, des licenciements massifs et l’assaut donné aux droits démocratiques.

Ces luttes doivent être unifiées au sein d’un mouvement politique conscient. Celui-ci doit être international, rassemblant les travailleurs d’Ukraine, de Russie, d’Europe et d’Amérique contre leur ennemi commun. Il doit être indépendant de tous les partis de la classe dirigeante, qui soutiennent tous la guerre. Il doit être socialiste, dirigé contre le système capitaliste, source de la guerre.

L’alternative à la guerre mondiale est la révolution socialiste mondiale.

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