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Un véritable engagement envers nos athlètes du Québec

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Qualifiés avec raison par la présidente du Comité international olympique, Kirsty Coventry, de « Jeux magiques », les XXVes Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina ont été l’occasion d’apprécier les performances de 2900 athlètes provenant de 92 comités nationaux olympiques, auxquels s’ajoutaient des athlètes individuels neutres.

Ayant suivi de près les performances des 52 athlètes du Québec qui se sont qualifiés pour les Jeux en tant que membres de la délégation du Comité olympique canadien (COC), laquelle en comptait 207, le passionné d’olympisme que je suis a ressenti un immense sentiment de fierté.

Parmi ces athlètes, 13 d’entre eux, soit 25 %, sont montés sur le podium et ont remporté, selon le tableau des médailles répartissant les médailles entre les athlètes nés et domiciliés au Québec et les autres athlètes du COC, 2 1/3 médailles d’or, 4 ½ médailles d’argent et 5 médailles de bronze, pour un total de 11 5/6. Selon le nombre total de médailles, la délégation du Québec s’est ainsi classée au 12e rang, devant celle du Canada, qui en a obtenu 9 ½.

En vertu du classement olympique qui détermine le rang en fonction du nombre de médailles d’or, le Québec occupe le 16e rang. Et si l’on attribuait au Québec la demi-médaille d’or pour la performance de la patineuse québécoise Laurence Fournier-Beaudry, qui est montée sur le plus haut podium avec son compatriote français Guillaume Cizeron, le Québec grimperait, avec ses 2 5/6 médailles d’or, au 15e rang, devançant aussi le Canada.

En comparant la taille de la représentation québécoise à celle des pays comportant un nombre similaire d’habitants, on constate que le nombre de 52 athlètes est bien inférieur à celui de la Norvège (200 pour 5,5 millions d’habitants), la Suède (111 pour 10,5 millions d’habitants) et la Suisse (175 pour 9 millions d’habitants). Le nombre d’athlètes présents aux Jeux n’est sans doute pas étranger aux succès de ces trois pays qui ont remporté respectivement 41 (18 d’or), 18 (8 d’or) et 23 (6 d’or) médailles et ont occupé les 1er, 7e et 8e rangs du classement olympique.

Est-il d’ailleurs acceptable que les équipes canadiennes participant aux tournois de hockey comptent un nombre aussi restreint d’athlètes provenant du Québec, l’équipe féminine de hockey n’en comportant que deux (et non les moindres, Marie-Philippe Poulin et Anne-Renée Desbiens), l’équipe masculine n’en comportant aucun ? Il y a fort à parier que des équipes composées de joueuses et de joueurs du Québec se hisseraient parmi les meilleures équipes de ces tournois et pourraient monter sur le podium olympique.

Soutien accru

Aux lendemains des Jeux de Milan-Cortina, la réflexion sur l’avenir du sport québécois doit se poursuivre plus que jamais. Le Québec donne-t-il aux athlètes, dont il se dit si fier, les moyens pour leur permettre de se distinguer encore davantage dans le cadre des Jeux olympiques et des autres grandes compétitions sportives internationales ?

La réponse est manifestement négative. Si les fonds octroyés par le gouvernement du Canada au Programme d’aide aux athlètes de Sport Canada sont, de l’avis même des responsables du COC, nettement insuffisants, le programme gouvernemental québécois Équipe Québec offre une aide financière tout aussi inadéquate. Plusieurs athlètes du Québec, et non les moindres, ont d’ailleurs eu le courage de soulever la question d’un tel sous-financement aux lendemains des Jeux, qu’il s’agisse de Laurent Dubreuil, Mikaël Kingsbury ou Valérie Maltais.

Contrairement à ce qu’en pense l’ancienne athlète olympique et ministre québécoise des Sports, Isabelle Charest, il ne faut plus attendre après Ottawa pour hausser le soutien financier. Il est impérieux que l’État québécois assume ses responsabilités et investisse dans ses athlètes. La nécessité d’un véritable engagement envers nos athlètes du Québec s’impose.

Les bourses d’entraînement et le crédit d’impôt pour athlètes de haut niveau doivent être rehaussés de façon très significative. Et il faudrait penser à des contributions majeures aux frais de transport et de séjour des athlètes qui doivent être assumés à titre personnel, apprend-on avec effroi par les athlètes. Et pourquoi ne pas mettre, comme l’a suggéré Laurent Dubreuil, Loto-Québec à contribution à cette fin ?

Au-delà du financement, il faudrait que la place du sport dans le système d’enseignement québécois soit repensée. Si une leçon doit être apprise de la Norvège, dont les athlètes ont éclipsé toutes les autres délégations aux Jeux, c’est que le système d’éducation de ce pays prépare les jeunes, sans qu’ils n’aient à sacrifier leur parcours éducatif, à devenir des champions olympiques.

Il est donc à espérer que les athlètes du Québec disposeront de moyens accrus pour se préparer aux XXXIes Jeux olympiques, à Los Angeles, en 2028, et que le nombre de six médailles remportées à Paris en 2024 sera dépassé. N’est-il pas permis aussi d’espérer qu’aux XXVIes Jeux olympiques d’hiver, qui auront lieu en 2030, dans les Alpes françaises, que le Québec sera devenu un État souverain et indépendant et qu’un grand nombre d’athlètes du Québec monteront sur le podium en revêtant les couleurs québécoises ?

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