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PITTSBURGH - Pendant un exercice de repli défensif à l’entraînement vendredi, dans lequel Martin St-Louis déployait sa formation partante - du moins, celle du premier match à Toronto -, Oliver Kapanen et Florian Xhekaj attendaient patiemment leur tour au banc, dodelinant de la tête de gauche à droite au rythme de la rondelle, qui battait la mesure d’une zone à l’autre.
À quoi pouvaient bien penser les deux jeunes hommes de 23 et 22 ans respectivement? Risquons une hypothèse.
À quand mon tour? devait se dire Xhekaj.
Serai-je inséré dans la formation lorsque je serai prêt? aurait pu se dire Kapanen.
Deux questions légitimes. Si le CH a décidé de garder Florian Xhekaj à Montréal au terme du camp d’entraînement, ce n’est sûrement pas pour le laisser prendre racine sur la galerie de presse.
Lors d’une rencontre avec Radio-Canada Sports, jeudi, le directeur général Kent Hughes a été très clair à ce sujet.
Est-ce qu’on va garder des jeunes comme Xhekaj et [Adam] Engström sans qu’ils jouent régulièrement? Non, avait laissé tomber le patron.
La blessure au bas du corps de Kapanen en début de semaine, bien qu’inopportune pour le Finlandais, a repoussé l’heure des décisions douloureuses pour St-Louis. Le CH compte sur 12 attaquants en santé, mais il y en a deux autres qui rongent leur frein et qui ont le niveau pour jouer dans la Ligue nationale.
Ce n’est pas un scénario auquel j’ai souvent été confronté. Je devrai gérer ça avec doigté. Je vais faire de mon mieux, a admis l'entraîneur.
Car, pour leur faire de la place, si telle est son intention, ou plutôt lorsque ce sera son intention, ce n’est pas un attaquant qu’il devra laisser de côté, mais bien deux. Et pas nécessairement parce qu’ils auront mal joué. Simplement pour donner un peu de glace à tout le monde.
Oui. Si tout le monde est en santé, il faudrait idéalement établir un genre de rotation pour que tout le monde reste impliqué, a avoué St-Louis.
Voilà un autre signe de la progression de cette équipe, de sa valeur.
Le bassin de talents s’est agrandi, la profondeur est réelle. Tôt ou tard, il faudra faire des mécontents, et c’est justement lorsqu’il y a des joueurs insatisfaits, des athlètes fiers qui commencent à se comparer, qui se demandent pourquoi lui et pas moi, que l’on voit l’importance d’avoir développé une culture d’équipe forte où prime le bien collectif.
C’est un concept un peu galvaudé qui joue malgré tout un rôle majeur dans ces situations.
Définir son identité
À l’entraînement cette semaine, la première rotation observée concernait Kirby Dach, Alexandre Texier et Kapanen. Les trois prenaient leur tour à l’aile au sein du trio de Phillip Danault.
Lorsqu’il sera guéri, ce qui ne saurait tarder à moins d’un recul inattendu, il y a fort à parier que le bénéfice du doute ira d’entrée de jeu à Kapanen que l’entraîneur a placé au centre de Juraj Slafkovsky et d’Ivan Demidov pendant le camp d’entraînement, là où il a essentiellement passé son temps la saison dernière. St-Louis a maintes fois loué son ordinateur, c’est-à-dire son intelligence du jeu, qui fait de lui un bon complément à des joueurs de talent, croit-il.
Les deux autres ont davantage à prouver ces jours-ci. On peut peut-être inclure Zachary Bolduc dans le lot des candidats susceptibles d'entrer dans la rotation.

L'attaquant du Canadien de Montréal Zachary Bolduc (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis
J’aurai des décisions difficiles à prendre, mais je traverserai le pont quand on sera rendu. Ça ne m’empêche pas de dormir.
Ce n’est jamais coulé dans le béton. Ça dépend de comment on a joué au dernier match, de notre erre d’aller. On prend ces décisions pas seulement en fonction de la qualité des joueurs qu’on a, mais en fonction de la manière dont on a joué comme équipe. Ça fait partie de l'équation. C’est un bon problème, a assuré St-Louis.
Pour se soustraire à cette éventuelle rotation, Bolduc a tout intérêt à développer rapidement une chimie avec ses collègues de trio, Jake Evans et Josh Anderson. Ces deux-là se connaissent bien et ont l’habitude de jouer ensemble. Les trois ont fait la paire (enfin, vous comprenez) face aux Maple Leafs.
Jim Hiller, l’entraîneur torontois, leur a souvent opposé soit le trio de John Tavares, soit celui d’Auston Matthews, et ils ont largement remporté leurs confrontations. Bolduc, à l’instar d’Anderson, peut se révéler particulièrement dérangeant en échec avant. Un assemblage idéal pour donner du rythme à une équipe, pour passer du temps en zone adverse et déstabiliser la défense, sans nécessairement noircir la feuille de pointage.
L’an passé, j’ai démontré que je peux jouer sur tous les trios. J’aime être ce joueur, mais j’aime aussi avoir un peu de stabilité. Ils ont une belle chimie sur la glace et ils sont complices à l’extérieur aussi. Je suis content de jouer avec eux. J’essaie d’apporter mes forces le plus possible.
Il a une très bonne rapidité, un très bon lancer, il est robuste et c’est de tout mettre ça ensemble en jouant le jeu collectif offensivement et défensivement. C’est toujours de l’apprentissage dans la ligue pour chaque jeune joueur, a fait valoir St-Louis.
Toujours est-il que les joueurs du bas ou du milieu de la formation doivent définir leur rôle rapidement pour tenter d’éviter le couperet. Car, à moins de blessures, ce qu’on ne souhaite à personne, le 12 partant à l’attaque est appelé à changer.
En rafale
Sidney Crosby a été particulièrement élogieux à l’endroit de Juraj Slafkovsky dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux jeudi par TVA Sports. Le capitaine des Penguins a identifié le grand Slovaque comme étant l’arme la plus redoutable dans l’arsenal du Canadien. Slafkovsky lui-même n’en croyait pas ses oreilles.
Est-ce l’intelligence artificielle? demande-t-il à l’intervieweur.
La réponse peut paraître étonnante, mais Crosby aime visiblement cet alliage de puissance et d’habiletés que possède le jeune homme.
Et ce n’est qu’un début, selon St-Louis.
Des joueurs talentueux comme ça, ce sont des artistes. Tu ne veux pas leur faire faire de la peinture à numéro. Tu veux les laisser être artiste. Il y a une toile et il doit peinturer à l’intérieur des limites de la toile. On crée la toile pour lui et on le laisse être un artiste. Je ne sais pas quel genre d’artiste il va être, mais ce n’est pas un produit fini, a lancé l’entraîneur du CH.
De quoi lui en faire voir de toutes les couleurs.


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