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Jocelyn Thibault et sa quête pour redorer le blason du hockey québécois

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Selon un recensement de Radio-Canada, le nombre de joueurs québécois réguliers dans la LNH a fondu de 64 lors de la saison 2000-2001 à 34 en 2025-2026. Pourquoi?

C’est l’ambitieuse question à laquelle Jocelyn Thibault, ancien directeur général de Hockey Québec, et Jean Lemoyne, de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), vont tenter de répondre avec leur étude sur le hockey québécois.

On veut comprendre la baisse de la représentativité dans les plus hautes sphères, que ce soit au niveau international ou au niveau professionnel. Les indicateurs de performance ne sont plus au même niveau qu’auparavant, explique Thibault, directeur général de Hockey Québec de 2021 à 2024, en entrevue avec Radio-Canada Sports.

L’aventure entre l’organisation et Thibault s’était finie avec la démission de l’ancien gardien de la LNH. Il ne voulait pas de nouveau un rôle opérationnel, et se dit pleinement satisfait d’être consultant pour Hockey Québec.

Ce mandat, octroyé en février, le mènera à déposer un rapport au début 2027. L'exercice vise à poser un regard complètement objectif sur ce qu’on fait de façon générale dans le hockey au Québec, souligne-t-il, notamment pour voir ce qui pourrait être amélioré.

Selon un sondage mené auprès de 4500 personnes évoluant dans l’univers du hockey, seulement 11 % des répondants se sont dits satisfaits du travail effectué par le modèle de hockey québécois, a indiqué Jean Lemoyne, de l’UQTR, à La Voix de l’Est.

C'est un peu sévère parce qu’il me semble que notre modèle de développement n'est pas si mauvais que ça, même s'il y a assurément des zones d'amélioration, juge Thibault.

Néanmoins, la première étape pour redorer le blason du hockey québécois serait d’analyser le modèle de développement, ce qui englobe ce qu’on fait avec nos athlètes, à quel âge on fait telle chose, quels sont nos modèles de compétition, nos ligues, nos réseaux, notre structure, indique Thibault.

Vision holistique

Si le rapport n’est pas encore prêt, certains constats ont déjà été effectués. Essentiellement, les recommandations qu’on a, c’est que Hockey Québec implante un modèle de développement holistique, lance Thibault, qui croit beaucoup en cette suggestion.

Ce qu’on entend par développement holistique, c’est de considérer l’athlète dans son ensemble, et non uniquement comme un joueur de hockey. C’est aussi un être humain qui a une santé mentale, qui va à l’école, qui peut travailler à temps partiel, illustre-t-il.

Un homme regarde son écran.

Jocelyn Thibault, ancien directeur général de Hockey Québec.

Photo : Radio-Canada

La surspécialisation est aussi pointée du doigt par l’ancien directeur général. Selon lui, plusieurs conséquences sont liées à ce phénomène : un manque de compétences globales dans le sport et des jeunes qui perdent rapidement l’envie de jouer, par exemple.

Thibault est convaincu que c’est cette philosophie holistique qu’il faut implanter pour les jeunes hockeyeurs québécois. La vision globale de son mandat étant déterminée, il va maintenant se pencher sur les manières de démocratiser ce mode de pensée.

Toutefois, il reconnaît qu’une situation complexe ne se règle pas d’un coup de baguette magique. Si je veux prioriser des éléments de recommandation, c’est vraiment d’avoir une philosophie et d’aller chercher cet alignement provincial.

Changer la définition de l’élite

Lorsque questionné sur le rapport avec l’élite, à savoir si ce niveau représente un idéal trop encensé, Thibault met surtout l’accent sur la définition du terme.

Un athlète d’élite, c’est quelqu’un qui est un bon joueur ou une bonne joueuse sur l’équipe nationale. Un bon joueur M13, ce n’est pas un joueur élite. Ce n’est pas juste de la sémantique : il n’y a personne qui est élite à 12 ans, résume-t-il.

Il estime aussi que de jeunes joueurs se font couper trop rapidement par les équipes. Si on peut retarder certaines sélections, on peut faire de grands gains.

Thibault compare le développement en Amérique du Nord et en Europe. Sur le Vieux Continent, plus de joueurs seront gardés et les coupes auront lieu plus lentement. Surtout, rappelle-t-il, qu’un jeune peut grandir énormément dans un laps de temps de quelques années.

Dans tous les cas, celui qui a gardé les buts du Canadien et des Nordiques croit à la démarche de Hockey Québec.

Après des rencontres avec des gens de l’écosystème, j’ai senti une volonté de faire avancer les choses qui m’a grandement rassuré. Les recommandations qu’on va faire, on ne veut pas les faire contre l’écosystème, mais avec l’écosystème.

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