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Un sommet en amont de la COP31 aux Fidji pour attirer l'attention internationale sur le Pacifique

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Publié le 05 octobre 2026 à 05:26. / Modifié le 05 octobre 2026 à 06:00. 3 min. de lecture

Les dirigeants du Pacifique comptent attirer l'attention du monde entier sur la réalité vécue en première ligne face au réchauffement climatique, lors d'une réunion préparatoire à la COP31 qui s'est ouverte lundi aux Fidji. L'archipel appelle notamment les pays développés à soutenir une «transition juste» vers les énergies renouvelables en aidant les Etats les plus exposés aux conséquences du changement climatique.

Ministres, négociateurs et une poignée de dirigeants mondiaux sont réunis jusqu'à jeudi dans la ville de Nadi pour cette pré-COP visant à faire avancer les négociations climatiques. Ces discussions doivent préparer le terrain pour la COP31, grande conférence mondiale sur le climat sous l'égide de l'ONU qui doit se tenir en novembre à Antalya, en Turquie.

A lire: L’Australie cède la COP31 à la Turquie mais veut en mener les négociations

Un déficit de financement

La ministre fidjienne du Climat Lynda Tabuya, qui s'adressait à des journalistes à Nadi, a réclamé des «engagements de la part de nos pays développés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre» et dit vouloir «une transition juste pour sortir des combustibles fossiles».

«Notre premier ministre transmettra cette semaine trois messages clairs aux dirigeants: maintenir l'objectif de 1,5°C à portée de main, faire en sorte que les financements parviennent aux communautés qui en ont besoin et accorder à l'océan la place qui lui revient dans le régime climatique», a ajouté Lynda Tabuya, lors de la cérémonie d'ouverture.

Le niveau de la mer s'élève à un rythme record, sous l'effet du réchauffement des océans et de la fonte des glaciers, selon un rapport du Secrétariat général de l'ONU publié en août. Cela pourrait contraindre 1,2 milliard de personnes dans le monde à être déplacées d'ici 2050, les pays insulaires étant confrontés à une élévation du niveau de la mer deux fois supérieure à la moyenne mondiale.

Le rapport pointe aussi un déficit de financement: les pays en développement, qui auraient besoin de 310 à 365 milliards de dollars (257 à 303,2 milliards de francs suisses) pour s'adapter, ne disposaient que de 26 milliards de dollars (21,6 milliards de francs suisses) à ce titre en 2023.

Lire aussi: La finance durable sort de l’ornière: les investisseurs misent sur la rentabilité de la transition climatique

Une faible participation

Les dirigeants régionaux, menés par l'Australie, ont présenté la pré-COP comme une occasion d'attirer l'attention du monde entier sur le Pacifique. Chris Bowen, ministre australien chargé du climat et président des négociations de la COP31, a souligné que les discussions porteraient sur «la collecte, la valorisation et la mise en oeuvre des connaissances de ceux qui sont en première ligne face au changement climatique, à la pointe de la lutte».

Le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell, a également mis en avant dans un discours lundi l'impact des vagues de chaleur sur les grossesses. «Les vagues de chaleur extrême liées au changement climatique pendant la grossesse sont de plus en plus souvent associées à des naissances prématurées, à des mort-nés, à un faible poids à la naissance et à des complications maternelles», a-t-il relevé.

Moins d'une douzaine de dirigeants mondiaux ont cependant publiquement confirmé leur présence. Et dans les rues de Nadi, la plupart des habitants semblent largement ignorer qu'un sommet mondial s'y tient. L'Australie a indiqué en septembre que 4000 personnes de 60 pays participeraient. Parmi les participants, figurera le ministre des Affaires étrangères du Népal, Shisir Khanal, dont le pays est encore sous le choc après la crue dévastatrice survenue dans l'Himalaya le 26 août.

La montée du niveau de la mer, «une réalité du présent»

Au programme des principaux délégués, une journée est prévue à Tuvalu, petit Etat insulaire qui prépare des plans de déplacement de sa population face à la montée des eaux. Deux des neuf atolls coralliens du pays sont déjà en grande partie submergés.

«La montée du niveau de la mer n'est pas une menace future, c'est une réalité du présent», a souligné à l'ONU la semaine dernière le premier ministre du pays, Feleti Teo.

Lire également: Le chef de l’ONU lance un «SOS mondial» sur la montée des eaux dans le Pacifique

L'Australie, chef de file des négociations climatiques, est taxée d'hypocrisie et accusée de «double langage» par les militants écologistes, en tant que producteur majeur de gaz et charbon, des énergies fossiles qui contribuent au réchauffement. «Le Pacifique ne doit pas devenir une zone sacrifiée pour les grands pollueurs et les entreprises de combustibles fossiles», a déclaré Shiva Gounden, de Greenpeace.

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