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Photo de Cynthia Martel

HISTOIRE. Les années 1990 ont été fastes sur le plan des investissements industriels à Drummondville si bien que son modèle de développement a été remarqué partout au pays et même, ailleurs dans le monde.

La décennie commence en lion alors que Drummondville reçoit, en 1991, le titre de Ville industrielle de l’année décerné par l’Association des manufacturiers canadiens.

Entre 1990 et 1995, plus de 70 nouvelles entreprises manufacturières voient le jour, générant ainsi plus de 4700 emplois.

En parallèle, en 1994, le secteur du textile perd pour la première fois sa position de principal employeur manufacturier dans la région. Avec 21,6 % des emplois, il est supplanté par le secteur de la machinerie et du métal (21,9 %). En 1999, le textile représente 16,7 %.[i]

Sur le plan des investissements, le secteur manufacturier établit un record historique en 1995, avec 126 M$. Après un recul à 118 M$ en 1996, les investissements atteignent un nouveau sommet en 1997 avec 133 M$.[ii]

Mais c’est l’année 1998 qui est la plus faste avec 140 M$ en investissements et 1835 emplois manufacturiers.[iii]

Cette même année, la SDED met sur pied le Défi emploi Drummond, qui deviendra un modèle à suivre. Le premier ministre de l’époque, Lucien Bouchard, de passage à Drummondville, fait même l’éloge du modèle économique drummondvillois.[iv]

D’autres honneurs

En 1994, la Chambre de commerce et d’industrie de Drummond est couronnée Chambre de l’année au Québec.[v]

Puis, en 1996, la revue américaine Site Selection classe les deux parcs industriels de Drummondville au sixième échelon de sa liste des 10 parcs ayant connu la plus forte croissance de l’emploi dans le monde.

«Ce n’est donc pas un hasard si de plus en plus on s’intéresse à Drummondville et à son modèle de développement. Par exemple, l’administration municipale d’Edmundston (Nouveau-Brunswick) envoie sur place une délégation pour tenter de percer le secret du dynamisme de la ville», écrit Marc-André Houle, auteur de l’ouvrage intitulé La reconversion économique des régions québécoises – Les expériences de Sorel-Tracy et Drummondville.

Naissance de l’incubateur industriel

Par ailleurs, la Société de développement économique procède, en 1997, à la pelletée de terre de son incubateur industriel sur la rue Michaud, à Drummondville. Sa mission : favoriser le démarrage d’entreprises en leur apportant un soutien organisationnel, opérationnel et administratif.

Le nouveau bâtiment évalué à 2 M$ compte 35 000 pieds carrés. Sur cette superficie, 10 000 pieds carrés sont occupés par la Maison de l’industrie, un guichet unique de services pour les entrepreneurs.

Qualifié comme un point tournant pour le développement économique, l’incubateur industriel accueille ses quatre premiers incubés sur une possibilité de 17 à l’hiver 1998. «[Elles seront] incubées pendant un maximum de trois ans. Elles pourront bénéficier de locaux à coûts moindres, de services de secrétariat et de gestion-conseil, de formation, d’aide individuelle et de l’accès à des réseaux de contacts extérieurs», rapporte le journal La Parole, dans son édition du mercredi 7 janvier 1998.

Le directeur général de la SDED de l’époque, Martin Dupont, informe que l’incubateur devrait fonctionner à pleine capacité dans les six mois suivant son ouverture et qu’il générerait une cinquantaine d’emplois annuellement.

L’ancienne usine Denim Swift. (Photo : archives, L’Express)

Coups durs pour des usines de textile

En 1992, la Swift employait encore 550 personnes, mais subissait une très vive concurrence internationale. L’année suivante, le secteur de fabrication de toile a été fermé, car le marché avait ralenti. En 1996, Swift Textile Canada devient Denim Swift et en 1998, la Dominion Textile disparaît, acquise par Galey & Lord de New York. C’est la fin d’une époque.

Quant à elle, la Celanese, qui avait investi 11 M$ au début des années 1980 pour moderniser ses installations, se débat pour passer à travers la crise économique et les aléas du textile.[vi]

De leur côté, après quelques mois de tergiversations, les Textiles Monterey se voient dans l’obligation de déclarer faillite en septembre 1995. Les 284 employés de l’usine de Drummondville ainsi que les 100 autres de Saint-Jean-sur-Richelieu se retrouvent sans emploi. Les activités sont cependant relancées en 1996, mais avec des effectifs réduits (autour de 170).[vii]

[i] [i] L’histoire économique de Drummondville (1815-2015), Catherine Objois

[ii] [ii] L’histoire économique de Drummondville (1815-2015), Catherine Objois

[iii] La reconversion économique des régions québécoises – Les expériences de Sorel-Tracy et Drummondville, Marc-André Houle

[iv] L’histoire économique de Drummondville (1815-2015), Catherine Objois

[v] L’histoire économique de Drummondville (1815-2015), Catherine Objois

[vi] L’histoire économique de Drummondville (1815-2015), Catherine Objois

[vii] La reconversion économique des régions québécoises – Les expériences de Sorel-Tracy et Drummondville, Marc-André Houle

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