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La députée de Côte-Nord–Kawawachikamach–Nitassinan, Marilène Gill, déplore que plusieurs besoins de la Côte-Nord aient été laissés de côté dans le dernier budget fédéral. Si elle accueille favorablement certaines mesures, elle s’inquiète particulièrement des répercussions sur les services de santé, les travailleurs et les personnes aînées.
La réduction de l’indexation des transferts fédéraux en santé, qui passera de 5 % à 3 % en 2028, figure parmi ses principales préoccupations. Selon les estimations du Bloc Québécois, le Québec pourrait perdre près de 14 milliards de dollars sur cinq ans.
« On ne veut pas avoir de mauvaises surprises, mais oui, il y en a une », affirme Marilène Gill, qui s’attendait plutôt à une bonification des transferts, comme le réclame l’Assemblée nationale.
Elle craint que cette diminution de financement oblige Québec à faire des choix difficiles dans les prochaines années. « Quand on a moins d’argent, ce n’est pas juste un milliard et c’est terminé. Ce sont des milliards dans les cinq prochaines années. »
Dans un communiqué, la députée va plus loin en affirmant qu’« Ottawa sabote l’autonomie financière du Québec ».
Des mesures insuffisantes pour la région
Marilène Gill estime que le budget ne répond pas à plusieurs enjeux importants pour la Côte-Nord, notamment le soutien aux personnes aînées. Elle dénonce le fait que les personnes de 74 ans et moins ne reçoivent pas la même prestation de la Sécurité de la vieillesse que celles de 75 ans et plus.
« C’est une discrimination et elle ne devrait pas exister », soutient-elle, rappelant que le vieillissement de la population représente un enjeu dans plusieurs secteurs de la région.
L’absence de nouvelles mesures en assurance-emploi la déçoit également. Alors que la crise tarifaire avec les États-Unis entraîne des pertes d’emplois, elle aurait souhaité qu’Ottawa propose des subventions pour aider les entreprises à conserver leurs travailleurs.
« Il n’y a toujours pas de subvention pour maintenir les emplois. Donc, ça, c’est décevant parce que c’est vraiment ce qui est demandé précisément », explique-t-elle.
Marilène Gill a dénoncé le budget fédéral devant une quarantaine de personnes. S’en est suivie une période de questions. Photo Léo Langlois
La députée souhaite aussi examiner plus attentivement les mesures concernant les Premières Nations. Elle s’interroge notamment sur la protection de l’eau potable, alors que certains projets de loi fédéraux, dont le projet de loi C-39 pourraient, selon elle, entrer en contradiction avec les investissements annoncés.
Elle rappelle que les communautés font toujours face à des crises importantes en matière de logement et d’accès à l’eau potable.
Quelques gains malgré les critiques
Le Bloc Québécois accueille favorablement la hausse de la prestation pour l’épicerie et les besoins essentiels, une mesure particulièrement pertinente selon la députée, qui entend régulièrement parler du coût de la vie lors de ses rencontres avec la population.
« Tout le monde me parle du coût de la vie », souligne-t-elle.
Les 600 millions de dollars annoncés pour le secteur culturel et l’élargissement du crédit d’impôt pour la main-d’œuvre journalistique à la radio et à la télévision font aussi partie des mesures saluées par le parti.
Marilène Gill estime toutefois que ces avancées demeurent insuffisantes. Elle déplore notamment que l’aide au secteur culturel soit temporaire et que la question des redevances versées par les géants du numérique ne soit toujours pas réglée.
La députée critique également l’utilisation du slogan « maîtres chez nous », associé à la Révolution tranquille, dans le budget fédéral.
« Le budget reprend 20 fois le thème “maîtres chez nous” de la Révolution tranquille, mais ce sont les institutions canadiennes et les Américains qui deviennent davantage maîtres chez nous, et certainement pas les Québécois », dénonce-t-elle.
Elle résume le bilan du budget en parlant de « 500 pages de reculs » en matière de résilience économique, d’environnement et de fédéralisme coopératif.
Une quarantaine de personnes au café-rencontre
Une quarantaine de personnes se sont réunies au Pub St-Marc à Sept-Îles pour un café-rencontre avec la députée. L’activité permettait aux citoyens de rencontrer Marilène Gill, de lui poser leurs questions et de lui faire part de leurs préoccupations et de leurs demandes.
La rencontre était également une occasion d’échanger directement avec leur représentante fédérale sur les enjeux qui touchent la région.
Léo Langlois
Originaire de Sept-Îles, Léo Langlois est diplômé en journalisme de l’École supérieure en arts et technologies des médias. Passionné par l’actualité sous toutes ses formes,... Lire la suite


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