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L’entreprise EDF Solutions électriques et le Connectif des sommets souhaitent implanter une vingtaine d’éoliennes en terrain forestier à Saint-Gilles sur des terres appartenant au Fonds de solidarité FTQ.
Je trouve ça long. Il y a trois ans, on était ici, dans la même salle, à regarder toujours la même chose et ça n’a pas avancé beaucoup, commente André Carrier, citoyen de Saint-Gilles, dans Lotbinière. Il était présent mercredi lors de la rencontre d’information tenue au centre communautaire de la municipalité et organisée par EDF Solutions électriques.
Moi, je suis d'accord avec un projet comme ça. Ça apporte des redevances aux promoteurs, à la municipalité, ajoute-t-il.

Le terrain ciblé, appartenant au Fonds de solidarité FTQ, est exploité par l'industrie forestière et fréquenté par les chasseurs.
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
Le projet que l’entreprise souhaite déposer auprès d'Hydro-Québec d’ici au 26 février 2027 n’est pas nouveau. En 2023, une première mouture avait été proposée à la société d’État.
Le projet n’avait pas été retenu, rappelle le gestionnaire du développement chez EDF Solutions électriques, Jérôme Dagenais.
Ce dernier précise que la taille du projet de 150 mégawatts, qui prévoit de 20 à 26 éoliennes possiblement raccordées au poste de Dosquet, pourrait changer. Si Hydro-Québec choisit une plus petite taille, il y aura juste moins d'éoliennes à ce moment-là, prévient Jérôme Dagenais.
Un nouveau joueur
Cette fois, un nouveau joueur s’invite : le Connectif des sommets. Cette régie intermunicipale formée en mai souhaite développer les énergies renouvelables en partenariat avec les MRC de Lotbinière, des Appalaches et de L'Érable. La formule s'apparente celle de l'Alliance de l'énergie de l'Est, dans l'est de la province.

Gina Turceon, directrice de l'aménagement et du développement régional à MRC des Appalaches, travaille à la mise en place du Connectif des sommets en compagnie des préfets Jean-François Roy (MRC des Appalaches) et Daniel Turcotte (MRC de Lotbinière).
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
50 % de l'électricité du revenu généré par la vente d'électricité du projet de Saint-Gilles irait au Connectif, explique Jérôme Dagenais. Les conseils des Abénakis d’Odanak et de Wôlinak devraient aussi bénéficier de revenus.
Cinq projets éoliens sont actuellement sur la table du Connectif des sommets dans Chaudière-Appalaches avec différents promoteurs en prévision d’un dépôt auprès d'Hydro-Québec en février.
On ne se cachera pas qu'à trois MRC ensemble, on partage le risque, soutient Daniel Turcotte, préfet de la MRC de Lotbinière. Ce dernier mentionne les frais reliés à la participation à l'appel d'offres, comme l'embauche de firmes de communication ou la tenue de portes ouvertes.
S’il y a une éolienne qui brise ou que le vent fluctue, ça nous apporte aussi une stabilité de revenus.
Un seul propriétaire
Le terrain visé à Saint-Gilles couvre une superficie de 8000 hectares aux limites de Dosquet et de Saint-Agapit. Il appartient au Fonds de solidarité FTQ depuis 2008 et est géré par Solifor, une société de gestion d'actifs forestiers.
Les redevances habituellement destinées en dédommagement aux propriétaires privés iraient donc seulement à ce propriétaire. Je trouve ça dommage que les revenus engendrés par les éoliennes aillent à une multinationale plutôt qu’à des privés qui pourraient en bénéficier, affirme Alain Aubert, un citoyen présent.
Il possède lui-même une terre voisine à la zone ciblée et déplore de ne pouvoir bénéficier d’aucune redevance.
Quant au maire de Saint-Gilles, Jessy Grondin, il souhaite s’assurer que l’acceptabilité sociale sera au rendez-vous. Est-ce qu'il y a une acceptabilité avec tous les impacts environnementaux, visuels, sonores? C'est ce que j'espère entendre des citoyens aujourd'hui, affirme-t-il.

Jessy Grondin est maire de Saint-Gilles depuis novembre 2025.
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
Nicole Bourget, une citoyenne, est toutefois sceptique. Elle se demande si les éoliennes nuiront aux chasseurs, nombreux à fréquenter cette forêt aussi exploitée par l'industrie forestière.
Elle possède une terre à bois et craint que l’éolienne projetée à proximité ne nuise à ses activités. Ça peut sembler banal, mais je suis une chasseuse et je me rends aussi en haut de Causapscal, où il y a des éoliennes partout. On a de la misère à entendre les animaux se déplacer, note-t-elle.


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