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Quatre ans après avoir sonné l’alarme sur la survie de plusieurs organismes francophones en situation minoritaire, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) estime que les investissements d’Ottawa ont permis d’éviter le point de rupture.
Néanmoins, le constat demeure : près de quatre structures sur cinq manquent toujours de personnel et de leviers de recrutement pour assumer pleinement leur rôle, affirme le dernier rapport de la FCFA. (nouvelle fenêtre)
Le rapport fait le point sur la santé du réseau francophone depuis le cri d’alarme lancé par la FCFA en 2022. Le document publié jeudi est fondé sur les réponses de 158 organismes partout au pays,

La FCFA a tenu sa 50e assemblée générale à Whitehorse.
Photo : Radio-Canada
Le rapport déplore que quatre organismes francophones sur cinq n’aient pas les moyens de recrutement pour remplir pleinement leurs fonctions.
Faisant suite à deux décennies d'inertie, le Plan d’action pour les langues officielles adopté en 2023 (nouvelle fenêtre) indexait un financement de base ignoré par l'inflation, depuis plus de 20 ans. Jadis, la mesure se voulait salvatrice pour un réseau francophone canadien « au bord de la rupture ».

La présidente de la FCFA, Liane Roy, juge insuffisantes les nouvelles cibles d'Ottawa en matière d'immigration de francophones à l'extérieur du Québec.
Photo : Radio-Canada
Ces sommes ont sauvé de nombreux organismes, sans leur apporter la stabilité recherchée, affirme la présidente de la FCFA, Liane Roy.
Est-ce que l'on a réussi à stabiliser la situation et à répondre pleinement aux besoins de nos communautés? On ne peut certainement pas l’affirmer.
Des services qui tiennent, malgré tout
Derrière la fragilité, le manque de personnel demeure le principal obstacle.
Malgré tout, 86 % des répondants jugent leurs services adéquats ou très adéquats. C'est une donnée encourageante en apparence, mais qui repose largement, selon la FCFA, sur le savoir-faire et l’engagement d’équipes déjà poussées à leur limite.
On parle d’arrêt de service, de bris de service ou de l’impossibilité de continuer le mandat. Lorsque ces équipes ne suffisent plus, les conséquences se font directement sentir dans les communautés, explique Liane Roy.
En Alberta, des équipes trop petites
Alors qu'une vingtaine d’organismes albertains ont participé au sondage, 65 % d'entre eux affirment ne pas disposer d’une équipe suffisamment grande pour accomplir leur fonctions.
Le financement fédéral n'a pas suivi la la courbe de la croissance de la population en Alberta. Donc, on croit qu'il est important de recevoir des fonds supplémentaires, et on continue d'y travailler, résume la présidente de l'Association canadienne-française de l'Alberta, Nathalie Lachance.

Nathalie Lachance dirige l'Association canadienne-française depuis 2023.
Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos
De la survie à la croissance
Ce dernier rapport est publié au moment où les consultations d’Ottawa sur le Plan d’action pour les langues officielles 2028-2033 (nouvelle fenêtre) battent leur plein. Liane Roy réclame un financement de base stable, prévisible et indexé à l’inflation.
Alors que le Canada se prépare à accueillir le Sommet de la Francophonie à Ottawa en 2028, la FCFA demande au gouvernement fédéral de tenir compte des responsabilités accrues des travailleurs du réseau.
Pour la FCFA, le pays ne pourra présenter au reste du monde une francophonie forte sans consolider d’abord les organismes qui la font vivre au quotidien.


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