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Un père de Québec lance un cri du cœur pour un foie

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Un homme de Québec dont la conjointe lutte pour sa vie interpelle les gens qui n'ont toujours pas donné leur consentement au don d'organes. Il voudrait aussi que le gouvernement en fasse plus pour sensibiliser la population.

C'est un peu une course contre la montre, laisse tomber Steve Lefebvre-Morasse. Sa conjointe Anick est hospitalisée depuis la fin du mois d'octobre à Montréal. Elle est en attente d'un foie, mais les donneurs compatibles sont rares.

Tout a commencé après les vacances au mois d'août, témoigne le père de famille. Après plusieurs symptômes, sa conjointe a dû être hospitalisée. À partir du mois de janvier, ça commençait à devenir problématique. À cause que le foie ne fonctionne plus, elle commençait à faire d'autres problématiques. Les reins ont arrêté de fonctionner. Elle est sous dialyse depuis, explique Steve Lefebvre-Morasse.

Des complications ont mené à une bactérie qui s'est infiltrée dans le cerveau. Ça l'a rendue un peu végétative. Elle n'était plus là pantoute pendant une semaine et demie, on l'avait perdue. Elle est revenue à elle, depuis ce temps-là, on est sur une attente de ce qui va se passer­. Si elle pogne une bactérie encore [...], il n'y aura plus de chance pour l'opération.

Deux personnes regardent dans un coeur en sable

Le couple demande au gouvernement de rendre le don d'organes plus accessible.

Photo : Courtoisie

Certains reins auraient pu être disponibles, mais ils n'ont pas, malheureusement, la bonne taille. La problématique, c'est que les foies qu'elle aurait pu avoir sont trop gros, donc ça ne rentre pas. La seule façon qu’on pourrait l'aider, c'est trouver le foie d'une jeune ou d'une adolescente qui fait que le foie soit [de la bonne taille].

Une famille chamboulée

C'est l'anniversaire d'un de ses enfants qui a poussé M. Lefebvre-Morasse à interpeller les médias. C'était la fête à mon petit gars mercredi, il a eu 12 ans, mais le cœur brisé parce qu'il ne voit pas sa mère.Je suis désemparé. Je ne peux rien faire pour aider ma blonde. Les enfants, ils commencent à trouver ça terriblement dur, ajoute-t-il.

Steve Lefebvre-Morasse a dû laisser tomber son travail pour se concentrer sur la situation.

Il demande aux gens qui n'auraient pas encore signé leur don d'organes de le faire. Il y a juste 2 % du monde qui signe leur carte. Pas parce qu'ils ne veulent pas la signer, mais quand on reçoit la nouvelle carte, bien souvent, on ramasse la carte et on jette le papier. Je l'ai fait moi avec. Je ne suis pas meilleur qu'un autre, mais quand ça arrive dans ta cour, ça fait réfléchir.

une carte de don d'organe

Pour donner ses tissus et organes à sa mort, il suffit de signer sa carte d'assurance maladie. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Il demande au gouvernement de rendre le don d'organes plus accessible. J'aimerais ça que le gouvernement se bouge un peu sur cette situation-là comme en Espagne. En Espagne, si tu ne signes pas sur le registre gouvernemental, c'est automatiquement un don d'organes et la famille ne peut rien faire. Tu es obligé de signer si tu ne veux pas donner ton organe. Il faudrait qu'on en vienne à un processus pour vraiment aider notre prochain. Il faudrait envoyer un message sur ça.

Ma blonde n’est pas seule dans cet état-là. Il y a beaucoup de monde qui souffre comme elle. Il y a beaucoup de familles qui sont dans cette incertitude, des gens, des mamans, des papas, des enfants, c'est vraiment triste, conclut le père de famille.

Les défis du don d'organe

Chaque receveur qui est en attente d'un organe, c'est une catastrophe. On ne veut pas ça, croit le Dr Matthew Weiss, directeur médical chez Transplant Québec, en faisant référence au cas de M. Lefebvre-Morasse.

Selon lui, le Québec compte environ 200 donneurs par année aujourd'hui. C'est mieux qu'il y à sept, huit ans où on était autour de 175, explique le directeur médical.

Il prévient toutefois que, bien que les modèles diffèrent dans le monde, les résultats sont souvent mitigés, particulièrement si les gens n'ont pas confiance en leur système de santé.

Si le système n'est pas fait pour rassurer la population, par exemple pour tout faire pour sauver votre proche, parfois, des gens perdent confiance [envers le] système et ils pensent qu'il est seulement fait pour prendre les organes à tout prix. C'est un problème, avance l'expert.

Matthew Weiss dans une salle à l'hôpital.

Le Dr Matthew Weiss est directeur médical du don d'organes chez Transplant Québec. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Bien que l'Espagne soit la championne du don d'organes, le modèle de consentement présumé n'a pas encore porté ses fruits. Des chercheurs espagnols disent que le modèle de consentement joue zéro parce qu'ils vont quand même demander à la famille. Si elle dit non : pas de don d'organes.

La durée requise entre le don et la greffe joue aussi beaucoup dans l'efficacité d'un système de transplantation efficace. En Espagne, eux, ils sont capables de faire le consentement pour le don d'organes et le prélèvement la même journée. Chez nous, c'est un délai parfois de trois, quatre ou cinq jours, estime-t-il.

D'après des entrevues réalisées par Edouard Dubois

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