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Un outil pour aider les victimes d’agression à briser le silence

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Québec octroie une aide financière de 150 000 $ sur deux ans au Centre d’aide et de prévention des agressions à caractère sexuel de l’Abitibi-Ouest (CAPACS-AO). La somme lui permettra de développer un outil qui aidera les victimes à briser plus facilement le silence.

Le projet du CAPACS-AO consiste à mettre en place une plateforme en ligne qui permettra aux adolescents et adolescentes de découvrir le parcours d’une victime après le dévoilement d’une agression sexuelle. Elles auront accès à différentes capsules vidéo réalisées avec des intervenants du milieu.

La personne devant son ordinateur va pouvoir choisir à qui elle veut dévoiler. Si c’est à un adulte de confiance, l’intervenante de l’école, par exemple, elle va pouvoir cliquer sur une capsule qui va l’amener à une intervenante qu’on va avoir filmée et qui va pouvoir expliquer quel est son travail. Ce qu’elle peut lui offrir comme service lors du dévoilement, explique Joanie Poliquin, directrice du CAPACS de l'Abitibi-Ouest.

Quatre femmes sourient pour la photo.

L'équipe actuelle du CAPACS-AO : Pénélope Savard, intervenante jeunesse volet enfant, Sabrina Robitaille, intervenante adulte et adjointe à la direction, Joanie Poliquin, directrice et Mégane Breton, intervenante jeunesse volet adolescents-es.

Photo : Gracieuseté

De telles capsules seront réalisées avec toutes les personnes qui peuvent intervenir auprès d’une victime dans la foulée du dévoilement d’une agression sexuelle.

Après avoir décidé de parler à un adulte de confiance, la victime pourrait se dire qu’elle aimerait porter plainte. Elle va pouvoir voir dans le cheminement c’est quoi porter plainte, qu’est-ce qui va arriver. Et si, au contraire, elle ne porte pas plainte, est-ce qu’elle sera laissée à elle-même? Non. On va lui montrer quel chemin elle pourra emprunter pour obtenir de l’aide, précise Mme Poliquin.

L’objectif de la plateforme est de permettre aux victimes de briser le silence plus facilement, en sachant mieux ce qui les attend. Elle pourra aussi les guider selon le cheminement qu’elles empruntent.

Souvent, les jeunes ont une crainte de dévoiler parce qu'ils ne savent pas ce qui va se passer après. Ils ont plusieurs questions.

On a fait des ateliers avec des ados pour leur demander : “ C’est quoi vos questions? Si vous aviez une procureure devant vous, quelles seraient vos questions? Qu'est-ce qui vous freine à dévoiler? Qu'est-ce qui fait que vous avez peur de dévoiler ou d'aller en cours ou de porter plainte?” On prend toutes ces questions-là, puis, dans les capsules, on va lui répondre avec les bons professionnels, explique Joanie Poliquin.

La plateforme devrait voir le jour d’ici deux ans.

Deux autres projets

Le projet du CAPACS-AO est l’un des 30 projets retenus sur les 200 soumis au Secrétariat à la condition féminine. L’annonce a été faite par la députée d’Abitibi-Ouest, Suzanne Blais, au nom de la ministre Caroline Proulx.

Sabrina Robitaille, Pénélope Savard, Mégane Breton et Joanie Poliquin debout dans une place publique posent pour la photo.

L'équipe du CAPACS-AO lors de la plus récente marche mondiale des femmes. Sabrina Robitaille, Pénélope Savard, Mégane Breton et Joanie Poliquin.

Photo : Gracieuseté

Je suis très heureuse de cet appui accordé à la région de l'Abitibi-Témiscamingue, qui fera une réelle différence dans notre capacité collective à prévenir la violence sexuelle et la violence conjugale. Grâce à ce financement, le CAPACS de l'Abitibi-Ouest pourra créer et renforcer des actions essentielles de sensibilisation, notamment auprès de personnes vivant dans des contextes de vulnérabilité par rapport à ces formes de violence, affirme Mme Blais, dans un communiqué.

Le projet Shutshenimu - des milieux de vie sains du Regroupement des Centres d’amitié autochtones du Québec, dont profitera celui de l’Abitibi-Témiscamingue à Val-d’Or, se sont vu octroyer 225 000 $ sur trois ans.

Le projet À Radisson, c’est non! mené par la localité de Radisson du Gouvernement régional Eeyou Istchee Baie-James, dans le Nord-du-Québec, reçoit, lui aussi, une aide financière. Il obtient une subvention de 225 000 $ sur trois ans.

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