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Un Nord-Côtier au rôle clé menacé d’expulsion

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Benjamin Ducornait, le coordonnateur de l’Assemblée des MRC de la Côte-Nord, perd soudainement son emploi et est menacé d’expulsion. Son dossier d’immigration est tombé dans une « zone grise » administrative.

Sa candidature a été retenue au Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), mais Ottawa a refusé de lui octroyer un permis de travail en mars dernier.

Il sera sans salaire dans l’attente d’obtenir un nouveau permis.

Je pourrai pas attendre huit mois dans l’espoir qu’un papier arrive à un moment donné avec une bonne nouvelle… Ce n’est pas viable.

Immigrant français, Benjamin Ducornait est arrivé au Saguenay il y a cinq ans, où il a vécu un temps. Puis, il a emménagé sur la Côte-Nord.

Il a maintenant bâti sa vie dans la région : il possède une maison qu’il habite avec son conjoint, il paye ses impôts, il consomme des produits locaux, il s’identifie en tant que québécois.

L’immigration sur la Côte-Nord

Benjamin Ducronait dénonce la charge administrative imposée par le provincial comme le fédéral aux nouveaux arrivants.

Il n’est pas le seul. La présidente de l'Assemblée des MRC de la Côte-Nord, Meggie Richard, demande un arrimage des orientations des deux paliers gouvernementaux dans le dossier de l'immigration.

Meggie Richard sourit.

Meggie Richard constate que plusieurs employeurs de la région sont confrontés à une situation similaire, et que le processus d’immigration est long et complexe. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Alban Normandin

On doit absolument attirer des gens à venir s'établir chez nous, donc l'immigration pour nous devient une solution évidente, affirme-t-elle.

Selon le ministère de l’Immigration, 92 personnes résidant sur la Côte-Nord ont été invitées à déposer une demande de sélection au PSTQ depuis le début de l'année.

La région est l’une des seules au Québec à vivre un déclin démographique. Par contre, Meggie Richard fait remarquer que même dans ce contexte, plusieurs nouveaux arrivants ont déjà dû quitter la région.

Benjamin Ducornait utilise un ordinateur portable.

Le déclin démographique était d’ailleurs l’une des priorités de Benjamin Ducornait quand il était coordonnateur de l’Assemblée des MRC de la Côte-Nord.

Photo : Radio-Canada / Alban Normandin

Il souligne l’importance des travailleurs étrangers pour assurer la pérennité de divers commerces de proximité dans la région : un avis que partage la présidente de l'Assemblée des MRC de la Côte-Nord.

Benjamin Ducornait à l'Assemblée nationale du Québec.

Benjamin Ducornait avait lui-même témoigné à l'Assemblée nationale en octobre dernier sur le rôle essentiel qu’occupent les immigrants pour la région.

Photo : Crédit photo : Assemblée nationale du Québec

La « craque » administrative

Comme c’est le cas pour de nombreux autres immigrants, Benjamin Ducornait est tombé dans ce qu’il appelle une zone grise, ou encore la craque du divan administratif.

S’il ne reçoit pas de bonnes nouvelles d’ici juin, il compte se résigner à quitter le pays.

On dirait que c’est sans fin, déplore-t-il. En outre, les mesures transitoires annoncées par Ottawa ne s’appliquent pas à son cas.

La fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) le 19 novembre avait aussi bouleversé ses plans d’avenir. C’était d’abord sous ce programme qu'il comptait obtenir sa résidence permanente.

Le ministère de l'Immigration à Montréal.

Le Programme de l’expérience québécoise permettait aux étudiants et aux travailleurs étrangers qui ont terminé leurs études au Québec de faire une demande de résidence permanente au fédéral. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Il a donc appliqué au PSTQ où il a été retenu, mais cela implique des délais plus longs.

Même si le gouvernement provincial décide de remettre en place le PEQ, sans permis de travail, Benjamin Ducornait dit ne plus répondre aux critères pour y être admissible.

Par ailleurs, il rappelle qu'il n’a pas droit au chômage ni à l'aide sociale et il ne peut pas bénéficier non plus de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).

Aujourd’hui, après tous ses efforts, il se questionne. Est-ce que le Québec et le Canada me méritent vraiment? J’ai tellement donné.

Avec la collaboration d'Alban Normandin

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