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La difficulté d’accéder au CHUL de Québec par ambulance en raison de travaux est dénoncée par l'Association des travailleurs du préhospitalier.
Surtout là, dans l'heure de pointe, c'est un méchant casse-tête pour les paramédicaux de rouler en ambulance ici dans le secteur, témoigne Ariane Bernier, vice-présidente à la mobilisation pour l’Association affiliée à la CSN.
La situation s’est détériorée, selon elle, depuis l’été en raison de l’ajout de chantiers. Selon la paramédicale, le secteur du CHUL est particulièrement congestionné. Les voies alternatives présentées par la centrale 911, on est encerclés de blocs de béton, de véhicules. C’est pratiquement un stationnement. Même si l’on active nos sirènes et nos gyrophares, on est bloqués.

Les nombreux travaux sur le boulevard Laurier rendent difficile le travail des ambulanciers.
Photo : Radio-Canada
C’est très chaotique, ajoute Catherine Lévesque, une autre ambulancière membre de l’Association des travailleurs du préhospitalier. D’une journée à l’autre, l’itinéraire peut changer. Les routes sont en piteux état. C’est difficile pour les troupes.
Sur le boulevard Laurier, elle confirme avoir assuré un transport non urgent qui a pris plus de 50 minutes durant l’heure de pointe mardi. C’est définitivement de pire en pire.
Pas de décès, mais…
Les deux ambulancières ne peuvent dire si un retard a mené à des décès. Toutefois [...], on se rend compte que c’est impossible d’être rapide dans le secteur, donc forcément, il va y avoir des impacts qui ont été ou qui vont arriver dans le futur sur nos patients, prévient Ariane Bernier.
Selon elle, aucune ambulance permanente dans le secteur n’a été ajoutée dans les dernières semaines pour éponger les délais qui se sont accentués par les travaux.

Des accès au CHUL sont restreints en raison de travaux.
Photo : Radio-Canada
Elle estime que l’accès difficile est anxiogène pour plusieurs ambulanciers. En ayant moindrement un patient qui ne va pas bien à l’arrière, on a vraiment hâte d’arriver à l’hôpital. C’est une charge mentale, cognitive et émotionnelle très importante.
L’Association des travailleurs du préhospitalier demande notamment l’ajout d’un corridor réservé aux services d’urgence. On a l’impression un peu qu’on est tous oubliés là-dedans.
Les transports prioritaires toujours efficaces
Au Centre de communication santé des capitales, qui coordonne les services préhospitaliers d'urgence sur le territoire, on assure que les transports prioritaires sont même plus rapides qu’avant la présence de travaux.
Pour les appels prioritaires (P0 et P1), les appels où la vie est en danger, la réalité, dans les faits, c’est qu’on arrive plus rapidement maintenant au centre hospitalier dans les zones de travaux du tramway, grâce notamment au Centre de mobilité intelligente, prévient le directeur général Sylvain Déry.
On est capables de coordonner les feux de circulation, par exemple, et prendre les chemins les plus appropriés au bénéfice du patient, assure-t-il.

Sylvain Déry est directeur général du Centre de communication santé des capitales.
Photo : Radio-Canada
En cas de priorité, le Centre travaille étroitement avec le SPVQ, la Ville de Québec et le RTC, notamment, pour prioriser un transport d’urgence. Lorsque la vie est en danger, les policiers peuvent par exemple ouvrir un couloir. Les pompiers qui sont sur place, on partage les ondes avec eux. On a des délais d’intervention qui sont très rapides, poursuit-il.
On est chanceux à Québec. Honnêtement, on peut être fiers de la façon dont on a prévu le projet [de tramway] à Québec pour les services d’urgence, il y a une super collaboration et les outils appropriés pour y arriver.
Il convient toutefois que, pour les transports moins prioritaires, les délais peuvent être plus longs. Il comprend les difficultés vécues par les ambulancières. Tout ça se joue dans un environnement assez complexe. Ça va dépendre du nombre d’appels qu’on va recevoir à la centrale. Généralement, même si le temps d’intervention est plus long, on ne parle pas de temps dramatiquement complexe, pas du tout.
C’est à Québec où l'on reçoit le plus d’appels par quart de travail. On a beaucoup de respect pour les paramédics qui font un travail excessivement difficile, conclut-il.
Des mesures mises en place, soutient Santé Québec
Nous reconnaissons que les travaux actuellement en cours dans le secteur du CHUL ont des répercussions sur la circulation, estime la porte-parole de Santé Québec Capitale-Nationale Mariane Lajoie.
La réduction du nombre de voies disponibles, certaines intersections touchées ainsi que la présence simultanée de plusieurs chantiers ralentissent la circulation et peuvent, à certains moments, rendre plus difficiles l’accès ou la sortie du secteur pour les ambulances, ajoute-t-elle.

Les automobilistes en auront pour 18 mois de congestion sur le boulevard Laurier à cause des travaux en cours sur les échangeurs des ponts. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Catherine Lachaussée
Pour éviter davantage de ralentissements, des mesures de mitigation ont été mises en place, dont une vigie active des temps de réponse et de transport des ambulances dans les secteurs touchés par les travaux.
Un superviseur du Centre de communication santé des capitales est également présent au Centre de gestion de la mobilité intelligente, ce qui permet d'orienter encore plus rapidement les paramédicaux, assure Mariane Lajoie.
Malgré les enjeux bien réels de circulation dans le secteur, la vigie effectuée jusqu’à maintenant ne montre pas de détérioration significative des temps de réponse et de transport ambulancier, conclut la porte-parole.


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