Le futur? Ce sont les jeunes qui en parlent le mieux. Sur le forum de discussion Reddit, dans l’espace dédié à la génération Z, le sujet est même récurrent. «Est-ce que, vous aussi, la direction que prend l’humanité vous terrifie?» sonde l’un. «Que se passera-t-il quand les élites économiques n’auront plus besoin de la force de travail humaine pour s’enrichir?» interroge un autre. Tandis que les questions liées aux récits d’effondrement reviennent souvent, à l’instar du sujet lancé par cet usager: «Vers quelle dystopie pensez-vous que nous nous dirigeons le plus probablement? Je trouve que le jeu vidéo Watch Dogs est le plus susceptible de se produire, avec une pauvreté ancrée et la société sous contrôle des entreprises.» S’ensuit une variété de pronostics: «l’univers apocalyptique de Fallout», pour certains, «une combinaison de 1984, Le Meilleur des mondes et Fahrenheit 451», pour d’autres.
Hunger Games, Divergente, Black Mirror, The Last of Us, Portal, Metro… Depuis des décennies, séries, films, BD et jeux vidéo proposent des univers où l’effondrement est inévitable. Imprégnée de ces imaginaires, la jeune génération y voit un chemin tracé. «On dit souvent qu’on est la génération des doomers, on a une forme de certitude de l’apocalypse. Il faut essayer de ne pas être cynique, mais l’actualité n’aide pas. Au moins, ces univers-là sont très esthétiques, la fin du monde est plus jolie qu’en vrai», confie Jean, 22 ans, étudiant en cinéma. A ses côtés, Etienne, 20 ans, ajoute: «Les dystopies sont censées nous mettre en garde, mais personne n’écoute.» Renfrogné, il saisit l’exemplaire du Loup des steppes, d’Hermann Hesse, qu’il trimbale partout, l’ouvre à la dernière page et lit: «Ce livre ne peut être reproduit ni utilisé à des fins d’entraînement de systèmes d’intelligence artificielle.» Pour lui, «voir ce message dans nos livres, c’est le début de la fin».


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