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Utilisée dans les années 800 à 1000, l'épée Ulfberht était considérée comme l'arme ultime du guerrier viking. Son acier au creuset de haute qualité la rendait pratiquement infrangible et lui donnait son caractère à la fois mystérieux et tant redouté. Contrairement aux épées en fer qui contenaient des scories, les lames Ulfberht étaient en acier pur, trempé et renforcé au carbone provenant du charbon.
Pendant plus de mille ans, personne n'est parvenu à produire une réplique métallurgiquement fidèle. L'histoire a pris un tournant lorsque Rick Furrer, un forgeron américain, est devenu la première personne à se vanter d’avoir forgé une copie, rapporte Popular Mechanics.
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Les Vikings combattaient généralement avec des haches ou des lances. Seuls les chefs de guerre les plus fortunés pouvaient toutefois prétendre à l'arme ultime, l'Ulfberht. Cette lame représentait à l'époque le sommet de la technologie militaire. Une question demeurait sur toutes les lèvres: comment la fabriquer? La méthode restait totalement secrète. Au Wisconsin, au nord des États-Unis, un forgeron semble avoir percé le mystère en reconstituant le procédé ancien.
En croisant les indices archéologiques et chimiques, il a réalisé un exploit inédit, celui de reproduire fidèlement l'arme la plus redoutée du Moyen Âge. Pour transformer le minerai de fer en acier, il faut le fondre et séparer ainsi le métal des résidus rocheux. Un ingrédient manque toutefois au fer, naturellement mou, pour fabriquer des épées indestructibles: le carbone. Les analyses du métal des Ulfberht ont révélé un taux de carbone jusqu'à trois fois supérieur à celui de l'acier médiéval classique.
Le carbone issu du charbon, l'ingrédient en plus
«Le charbon de bois va être absorbé dans l'acier, explique Rick Furrer dans un documentaire de PBS Nova. Il n'en faut pas beaucoup. Le verre va fondre dans le creuset, se lier chimiquement aux déchets et aux autres scories, et contribuer à leur évacuation, laissant ainsi du métal propre pour que le carbone puisse être absorbé.» Fait étrange: les premières traces de production d'acier au creuset n'apparaissent en Europe seulement plusieurs siècles après la forge du dernier Ulfberht. L'inventeur de cette méthode innovante demeure à ce jour inconnu.
Les artisans de l'époque utilisaient parfois des os calcinés en complément du charbon, persuadés de transmettre à l'acier la force de l'animal ou de l'ancêtre dont provenaient ces ossements. La lame était façonnée à partir d'un unique lingot d'acier, martelé pendant d'innombrables heures pour lui donner sa forme. Un travail loin d'être simple, tant la structure cristalline de l'acier rendait le métal difficile à travailler.
Une étude publiée en 2023 par l'archéologue Anna Feuerbach a mis en évidence l'existence d'épées Ulfberht forgées vers 935 pour le roi Athelstan, considéré comme le premier roi d'Angleterre. Chacun de ses neveux aurait d'ailleurs reçu un exemplaire de l'arme tant convoitée. «Ces épées ont été distribuées aux neveux d'Athelstan et à leurs partisans, qui partageaient une identité commune», précise la chercheuse.
L'origine du nom Ulfberht reste, elle, incertaine. Il pourrait s'agir d'un nom franc, issu de l'ancienne région englobant la France, l'Allemagne et les Pays-Bas actuels. Certains spécialistes estiment que les guerriers vikings auraient acheté leur épée directement à des artisans francs croisés sur leur route. D'autres prétendent que les lames ont été prises comme rançon lors d'affrontements avec les Francs.




























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