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Un cri du cœur des centres jeunesse-emploi

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Les besoins d'accompagnement en employabilité explosent et se complexifient dans le Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec (RCJEQ), notamment en raison de la précarité que vivent les jeunes partout dans la province.

Le Carrefour jeunesse-emploi (CJE) de la Capitale-Nationale ainsi que Trajectoire Emploi, qui dessert le territoire de Lévis, enregistrent des listes d’attente pour répondre aux besoins sur les rives sud et nord de la région.

Ça peut prendre quelques semaines avant qu'un jeune vienne nous voir et qu'il obtienne un rendez-vous pour qu'on l'accompagne. Même si on a un service de première ligne et qu'on accueille sans rendez-vous, il y a comme une hausse dramatique de ce contexte-là, explique Mario Côté, directeur général du CJE de la Capitale-Nationale.

Mario Côté devant son ordinateur

Mario Côté est le directeur général du Carrefour jeunesse-emploi de la Capitale Nationale. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler

Les besoins grandissent et changent, remarquent les deux organismes en employabilité. C’est notamment la précarité des jeunes au sortir de la pandémie et la hausse du coût de la vie qui causent cette situation.

Le constat que je vois année après année, c'est la vulnérabilité, la précarité des jeunes qui ne cessent d'augmenter. Ce qu'on constate, c'est que les profils au niveau de la santé mentale, on se rapproche même de psychiatrie dans certains cas, c'est en forte hausse chez nous, ajoute Kevin Lacasse, directeur général chez Trajectoire Emploi.

Les CJE de la région font des pieds et des mains pour pouvoir accompagner les jeunes dans ce contexte difficile.

Dans la dernière année, on a été obligés de réorganiser nos services pour être plus fonctionnels, plus opérationnels, ça a été un passage obligé, partage Mario Côté.

De lourds constats

Selon le rapport Ma voix compte déposé récemment par le RCJEQ, où l’organisation a consulté plus de 6000 participants de 18 à 35 ans dans l’ensemble de la province, les conditions de vie des jeunes ne cessent de se dégrader.

Une étudiante, sac sur le dos, marche vers un pavillon d'étude.

90 % des 18 à 35 ans affirment qu'il est difficile de trouver un logement abordable, rapporte la consultation « Ma voix compte ». (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe Arsenault

L’accès au logement, la sécurité alimentaire ainsi que la santé mentale sont des enjeux lourdement touchés par la situation financière difficile avec laquelle ils doivent jongler.

Ça devient difficile pour les jeunes qui sont en grande précarité de faire un pas supplémentaire et de s'impliquer dans la communauté. Pas par manque d'intérêt, pas par manque de volonté, mais parce que les jeunes doivent adresser en premier ce qui est en bas de la fameuse pyramide de Maslow, donc les besoins de base, ajoute le directeur général de Trajectoire Emploi.

Les premiers emplois se font de plus en plus rares alors qu’il y a seulement cinq ans, les besoins de main-d’œuvre étaient criants.

Aujourd'hui, les employeurs ont réorganisé leur travail à la suite de cette dynamique-là. On ajoute à ça la crise du logement, l'indice des prix à la consommation, la sécurité alimentaire et tout ça fragilise nos jeunes, met en lumière le directeur général du CJE de la Capitale-Nationale.

Et cette précarité n’affecte pas que les 18 à 35 ans, elle reflète ce que vit une partie de la population, reconnaissent les deux organismes.

Un homme assit sur un trottoir, le dos appuyé contre un muret de briques.

20 % des participants à la consultation « Ma voix compte » ont déjà vécu une instabilité résidentielle. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Depuis 2022, l’itinérance a augmenté de 20 % dans la Capitale-Nationale et de 6,4 % en Chaudière-Appalaches.

On ne peut plus être touriste dans ce contexte-là. Je parle des jeunes et des autres générations. L'ensemble de la société doit se mettre dans une posture de se mettre en action pour régler ces problèmes, conclut le directeur général du CJE de la Capitale-Nationale.

L’enjeu du financement

Pour les organismes en emploi auprès de la clientèle jeunesse, le financement reste le nerf de la guerre. Il limite ainsi la flexibilité des interventions.

Sur le volet employabilité, on n'est pas en mesure d'être en adéquation avec les besoins qu'on voit chez les jeunes parce qu'on est dans un mode de financement énormément cadrant qui limite notre marge de manœuvre pour l'innovation et s'adapter rapidement aux besoins émergents, reconnaît Kevin Lacasse.

Des deux côtés de la rive, les organismes déplorent que leur financement n'ait pas été indexé depuis plusieurs années alors qu’ils doivent répondre à davantage d’usagers.

Il y a un paradoxe. Les besoins sont là, mais les services ne sont pas nécessairement en mesure de régler tout ça. On travaille avec des jeunes qui sont en situation de précarité multifacteur. Il va falloir investir là-dedans, conclut Mario Côté.

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