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Le Centre de la petite enfance l'Univers des copains à Rimouski a été contraint de se séparer de deux éducatrices à l’enfance dont le permis de travail n’a pas été renouvelé. Fazia Guergour et sa fille Maïssa Tamoud, originaires d’Algérie, ont jusqu’à la fin du mois d’août pour régulariser leur situation avec les autorités gouvernementales.
Pour moi, la garderie, c’est ma deuxième famille, lance Fazia, rencontrée devant le CPE qui se trouve sur le campus de l’Université du Québec à Rimouski. Lorsque Radio-Canada la rencontre sur place, c’est la première fois qu’elle y retourne depuis qu’elle a été contrainte de quitter son emploi il y a environ deux semaines.
Les enfants, je les considère comme mes enfants. Le dernier jour où j’ai travaillé avec eux, toute la journée, c’était des câlins. J’ai pleuré beaucoup, ajoute-t-elle.
Son amour des petits transparaît et une maman vient à sa rencontre devant le bâtiment pour lui témoigner son soutien.

La directrice du CPE l'Univers des copains, Annick Deschênes, se désole d'être privée de deux éducatrices aimées des enfants et de leurs pairs.
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Fazia Guergour est venue rejoindre son conjoint à Rimouski en janvier 2025. Même si son français est plutôt rudimentaire à ce moment, elle contacte le CPE pour offrir ses services. Elle revient à la charge quelques mois plus tard avec son cours de premiers soins en poche et des connaissances plus approfondies de la langue.
La femme travaille comme éducatrice tout l’été 2025 et obtient un contrat de replacement à partir du mois de septembre. Elle a relevé le défi haut la main, indique la directrice générale du CPE l’Univers des copains, Annick Deschênes.
En janvier 2026, la fille de Fazia, Maïssa Tamoud, y est également embauchée comme éducatrice, un emploi qu’elles occupent toutes les deux à temps complet.
Cafouillage fédéral
Lorsqu’il est temps de renouveler leur permis de travail, la mère et la fille ont déposé leur demande avant d’obtenir le Certificat d’acceptation du Québec et l’Évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT), un document qui vise à confirmer au gouvernement que l’employeur n’est pas en mesure de combler ses besoins de main-d'œuvre sans avoir recours à des employés étrangers.
Le délai pour compléter l’étude est plus long que le délai qui est accordé de la part du ministère de l’Immigration, déplore le député fédéral de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas.
Le bloquiste indique d'ailleurs que le ministère n’arrive pas à respecter ses propres échéances. Il y a eu coupures dans l’ensemble des ministères de la Fonction publique. 15 % d’ici les trois prochaines années, donc ça a des répercussions sur les délais de traitement. Ça a des répercussions chez les gens.

Le député Maxime Blanchette-Joncas constate que les délais de traitement des dossiers d'immigration s'allongent. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
C’est juste des gens qui sont embourbés présentement dans une machine dysfonctionnelle qu’est le ministère de l’Immigration, voire même l’ensemble de l’appareil fédéral.
Il indique que son équipe travaille régulièrement sur des dossiers d’immigration et de problème de permis de travail. Nous, on fait une démonstration auprès du ministère de l’Immigration qu’il y a une démarche en cours.
Néanmoins, il rappelle que l’agent au dossier a le dernier mot et qu’en cas de refus, il est nécessaire de recommencer l’ensemble des démarches du début. C’est vraiment fastidieux et ça crée un stress énorme.
Maïssa Tamoud abonde en ce sens. Des fois, on ne peut pas dormir, raconte la jeune femme de 21 ans. Elle avoue s'ennuyer des enfants qu’elle avait l’habitude de côtoyer au quotidien.
Ça m’arrive de faire des rêves avec les amis.
Les enfants aussi sont chamboulés. On n’entre pas trop dans les détails. On leur dit qu’elles sont parties en vacances, explique la directrice de la garderie.
On a appris à connaître ces femmes-là. On a appris à aimer ces femmes-là.
Pour nous, c’est vraiment de l’injustice, déclare au bout du fil Charles Béland, dont le fils de 13 mois et la fille de quatre ans fréquentent le CPE l’Univers des copains.
Il indique que les deux femmes représentaient bien plus que des ressources professionnelles. Les enfants avaient développé un attachement particulier avec ces éducatrices-là, fait valoir le père de famille, qui rappelle que les tout-petits ont besoin de stabilité.

La situation soulève un sentiment d'injustice pour Charles Béland, dont les deux enfants fréquentent le CPE l'Univers des Copains.
Photo : Radio-Canada / Maxence Matteau
Pendant que Fazia et Maïssa affrontent les dédales administratifs de l’immigration, elles sont sans revenus.
Les collègues de la mère et de la fille ont organisé une collecte de fonds pour alléger les mois à venir. On a une bonne équipe ici à l’Univers des copains. Je n’avais pas imaginé tout ce soutien, conclut Maïssa Tamoud.


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