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Un chercheur français a découvert les raisons de la surchauffe de l'Atlantique

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L'accélération sans précédent du réchauffement climatique depuis 2020 suscite beaucoup d'interrogations : sur terre comme dans les océans, la hausse des températures a fait un bond exceptionnel depuis six ans.

Pour certains scientifiques, le réchauffement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre ne suffit pas à expliquer l'extraordinaire surchauffe des eaux de surface de l'Atlantique. Un autre phénomène aurait joué un rôle important dans l'apparition de cette canicule marine : la réduction de la pollution des grands navires.

La courbe de la température moyenne de surface de l'océan Atlantique en 2023 : bien au-dessus de toutes les années précédentes. © Climate Reanalyzer

80 % de soufre en moins au-dessus des océans

De 2020 à 2024, l’océan Atlantique Nord a connu des températures records sans interruption : chaque mois était plus chaud que celui de l'année passée. Une nouvelle régulation a été décrétée en 2020, par l'Organisation maritime internationale (une institution spécialisée de l'Organisation des Nations unies) : la quantité de soufre présente dans les carburants est ainsi passée de 3,5 % à 0,5 %.

La réduction de la pollution produite par le transport maritime a accéléré le réchauffement des océans. © PHdJ, Adobe Stock
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Au niveau global, les émissions de soufre ont été réduites de 80 % en l'espace de trois ans dans les océans. L'IMO2020, cette régulation de la pollution des navires, fait l'objet de nombreuses études depuis sa mise en place. Tous les scientifiques ne sont pas d'accord sur son impact réel, et une nouvelle étude, menée par un scientifique français cette fois-ci, émet des réserves quant à son pouvoir réel sur le climat.

Thibault Guinaldo, chercheur Météo France en analyse des extrêmes climatiques et expert des vagues de chaleur marines, a publié une étude démontrant que l'IMO2020 avait bien eu un effet sur la vague de chaleur marine de 2023, mais de manière très limitée.    

Selon lui, la régulation anti-pollution entraîne :

  • « un forçage radiatif additionnel faible (0,06 à 0,13 W m⁻²) ;
  • un réchauffement global mesurable mais modeste (0,05 °C), très inférieur au réchauffement total (+0,27 °C sur la période 2015-2024). »

« L'effet existe. Il est robuste. Mais il reste secondaire, estime-t-il. L'IMO2020 ne peut expliquer qu'une fraction très limitée de l'anomalie observée lors de la vague de chaleur marine de 2023. [Ce n'est] ni un déclencheur majeur ni une condition suffisante pour expliquer l'intensité et la persistance de l'événement ».

« Ce type de lecture tend à occulter l'essentiel », explique-t-il ; autrement dit : « Le rôle central de la variabilité interne du climat ; l'état préalable de l'océan (en particulier la stratification) ; et surtout le changement climatique anthropique ».

Les grands navires polluent beaucoup moins, ce qui dégage davantage le ciel. © Yellow Boat, Adobe Stock

Le soufre ne nous sauvera pas du réchauffement climatique

Cela « n'agit que sur un seul levier du changement climatique anthropique, le bilan radiatif. Il ne répond ni à l'acidification des océans, ni à l'effondrement de la biodiversité, ni aux impacts majeurs sur les écosystèmes et la santé humaine ».

Rappelons que le bilan radiatif est la différence entre l'énergie reçue par la Terre et l'énergie qu'elle émet à la surface et dans l'atmosphère. « Quand ce bilan est nul, c'est-à-dire que la quantité d'énergie perdue est la même que celle reçue, la température de la Planète reste stable, autour de 15 degrés », précise le Cnes.

La soudaine disparition des nuages de pollution au soufre a déséquilibré le bilan radiatif de la Terre, provoquant un excès de chaleur. Mais, selon les conclusions du chercheur de Météo France, cet excès semble très minime en comparaison de celui provoqué par les émissions de gaz à effet de serre issues de l'activité humaine.

La disparition des nuages de pollution et son lien avec la canicule marine a souvent été avancée pour justifier l'usage de la géo-ingénierie : pour certains scientifiques et industriels, il suffit de remettre du soufre dans l'atmosphère pour faire ralentir le réchauffement climatique. Cependant, la moindre variation de la teneur en soufre dans l'atmosphère provoque un déséquilibre.

La diminution de la pollution au soufre dans l'atmosphère n'est pas responsable des canicules marines : les techniques de géo-ingénierie voulant utiliser le soufre pour atténuer le réchauffement perdent donc de leur intérêt. © 3D motion, Adobe Stock

Mais l'étude du chercheur français publiée par l’Académie des sciences « souligne que la géo-ingénierie climatique ne peut en aucun cas se substituer aux politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de préservation de la capacité de stockage de carbone des écosystèmes (puits naturels), ni aux efforts pour renforcer les capacités d'adaptation au changement climatique et de gestion de risques indispensables pour limiter les pertes et dommages ».

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