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Sur TikTok, les vidéos anti-crème solaire génèrent plus d’engagement que celles qui en recommandent l’usage

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Sur TikTok, les vidéos qui prétendent à tort que la crème solaire est dangereuse génèrent plus d’engagement que celles qui en recommandent l’usage. Une étude publiée dans PLOS Digital Health a analysé 971 vidéos cumulant 8,7 milliards de vues — et révèle un algorithme qui favorise la désinformation, au moment précis où les cancers de la peau explosent chez les jeunes.

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Ce que vous allez apprendre

  • Pourquoi les vidéos anti-crème solaire génèrent plus d’engagement malgré leur faible nombre
  • Quelles affirmations circulent réellement, des plus douteuses aux plus farfelues
  • Ce qui distingue les vraies préoccupations scientifiques des théories sans fondement sur la protection solaire


Une minorité de vidéos, un engagement disproportionné

Des chercheurs de l’Université de l’Alberta, dirigés par Alessandro Marcon, ont analysé 971 des vidéos les plus vues sur TikTok concernant la protection solaire, utilisant des hashtags populaires comme #sunscreen ou #spf. Ces vidéos cumulaient à elles seules environ 8,7 milliards de vues.

Le constat global est plutôt rassurant en apparence : 86,8 % des vidéos encourageaient l’utilisation de crème solaire, contre seulement 6 % formulant des critiques sur le plan sanitaire. Mais c’est dans le détail de l’engagement que le problème apparaît. Malgré leur nombre de vues globalement inférieur, les vidéos diffusant des affirmations scientifiquement douteuses généraient un engagement nettement supérieur — plus de likes, plus de partages, plus de commentaires.

Autrement dit, la dimension conspirationniste de ces contenus semble être favorisée par l’algorithme de la plateforme, qui valorise l’engagement plus que l’exactitude.

Des critiques aux fondements scientifiques inégaux

Toutes les inquiétudes envers la crème solaire ne se valent pas. Certaines reposent sur des bases scientifiques réelles, bien que souvent exagérées dans leur formulation. L’oxybenzone, un composé utilisé dans les crèmes solaires à indice de protection supérieur à 50, a été associé par certaines études à une perturbation du système hormonal. Cette inquiétude légitime a eu un effet concret : la part des crèmes solaires américaines contenant de l’oxybenzone est passée de 60 % à seulement 13 % entre 2019 et 2023.

D’autres affirmations relèvent d’une tout autre catégorie. Les autoproclamés « nutritionnistes du soleil » prétendent que la crème solaire serait plus nuisible que bénéfique car elle bloquerait une exposition solaire jugée naturellement saine. Certains influenceurs vont jusqu’à affirmer qu’exposer certaines parties du corps directement au soleil augmenterait le taux de testostérone — des affirmations dénuées de tout fondement scientifique sérieux.

Source: DR

Une génération exposée à la désinformation, et au cancer

Les conséquences de cette désinformation se mesurent déjà concrètement. Une étude de 2024 de l’Orlando Health Cancer Institute a révélé qu’un adulte sur sept de moins de 35 ans pense que l’usage quotidien de crème solaire est plus nocif que l’exposition directe au soleil. Un rapport de l’Académie américaine de dermatologie indique que 37 % des jeunes de la génération Z déclarent n’appliquer de la crème solaire que sous la pression de leur entourage — pas par conviction personnelle.

Pendant ce temps, les cancers de la peau évitables progressent, en particulier chez les jeunes adultes. L’American Cancer Society estime que plus de 8 000 personnes mourront d’un mélanome aux États-Unis en 2025. Une étude britannique évalue que 86 % des cancers de la peau sont évitables, principalement liés à l’exposition solaire. Le Dr Rajesh Nair, chirurgien oncologue, observe directement cette tendance : davantage de jeunes adultes développent des cancers de la peau, y compris à un stade avancé.

Des solutions existent, mais suscitent moins d’engagement

Face aux préoccupations légitimes sur certains composés chimiques, des alternatives existent déjà. Les crèmes solaires minérales, sans filtres chimiques, restent à la surface de la peau plutôt que d’être absorbées par l’organisme. Le 9 juin, la FDA a par ailleurs autorisé le bémotrizinol, un composé bloquant efficacement les UV et déjà utilisé depuis des décennies en Europe et en Asie — le premier nouvel ingrédient de crème solaire approuvé par l’agence américaine depuis plus de vingt ans.

Le problème, soulignent les chercheurs, c’est que ce type d’information nuancée et factuelle a structurellement moins de chances de devenir viral que les affirmations alarmistes ou complotistes — un schéma déjà documenté dans de nombreuses études sur la désinformation en santé sur les réseaux sociaux.

Brice L.

Rédigé par Brice L.

Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

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