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Domtar annonce un autre arrêt de production à l'usine Kénogami, dans l’arrondissement de Jonquière. La papeterie sera fermée du 6 au 20 octobre. Les employés en ont été informés lundi matin. Plus de 200 travailleurs sont touchés.
Après un arrêt de production en août, voilà que l’employeur annonce que les opérations seront à nouveau mises sur pause. Un arrêt avait aussi eu lieu en avril et mai.
Selon le président du Syndicat national des travailleuses et des travailleurs des pâtes et papier de l’usine Kénogami (CSN), Gilles Vaillancourt, les travailleurs sont durement affectés par la nouvelle. Il estime que les fermetures successives de l’usine ont entraîné le départ d’une centaine de syndiqués au cours des dernières années. De jeunes travailleurs prennent la relève, mais ils nécessitent plus d’encadrement, ce qui a un impact sur le plancher.
C'est très difficile. L'incertitude nous fait terriblement mal pour nos travailleurs qui, veux, veux pas, regardent ailleurs aussi pour aller travailler. On a de bons emplois, mais quand on est tout le temps arrêté, ça devient dur de se faire des plans. L'économie est difficile, donc les arrêts de travail sont durs sur le moral, a partagé le dirigeant syndical.

Gilles Vaillancourt est le président du Syndicat des travailleurs de pâtes et papiers de Kénogami. (Archives)
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
La compagnie justifie la fermeture par un ralentissement du marché du papier supercalandré, un papier lisse et brillant utilisé pour l'impression de magazines et de circulaires.
Cet arrêt vise à rééquilibrer notre carnet de commandes et à ajuster notre production aux conditions actuelles du marché. Nous sommes conscients des répercussions que cet arrêt peut avoir sur nos employés et demeurons disposés à mettre en place, lorsque possible, des mesures d’accommodement afin d’en atténuer les effets, a fait savoir par écrit Guillaume Julien, vice-président aux Affaires publiques Canada chez Domtar.
Des appuis politiques
Dans le cadre de la présente campagne électorale provinciale, le syndicat reçoit l’appui de partis politiques. C’est notamment le cas du Parti québécois (PQ), de la Coalition avenir Québec (CAQ) et de Québec solidaire (QS).
Des craintes de fermeture avaient circulé plus tôt cette année quand des inquiétudes sont apparues quant à l’avenir des centrales hydroélectriques de l’entreprise.
Effectivement, on a rencontré à quelques reprises les gens du syndicat. Ce que nous on a demandé, c'était d'avoir des garanties d'emplois de la part de Domtar. Donc des garanties solides, des emplois de qualité, et oui, on s'est engagés auprès du syndicat pour obtenir ces garanties-là. Maintenant, ça va dépendre de l'entreprise. Il va falloir qu'on ait des conversations un petit peu plus sérieuses, a souligné Jimmy Bouchard, candidat du PQ dans Jonquière, dans l’éventualité où il serait élu en même temps que son parti.

L'usine de papier de Kénogami est en activité depuis 1912. (Archives)
Photo : Radio-Canada / Julien Gagnon
De son côté, le député caquiste sortant, Yannick Gagnon, dit poursuivre son travail déjà entamé.
Dès la semaine dernière, à 6 heures du matin, j'étais encore une fois avec les travailleurs pour leur envoyer un message que ce n'est pas parce qu'on est en campagne électorale qu'on sera plus doux ou moins vigilants. Je maintiens ma ligne, c’est-à-dire que la priorité, c’est les travailleurs en échange de nos forces hydrauliques. C'est l'entente qu'on a avec l'entreprise, a rappelé Yannick Gagnon.
Pour QS, la région doit être impliquée dans toute décision.
Le dossier de la forêt en général, nous à Québec solidaire, on veut que la décision, puis l'implication de la région soit au cœur de la décision. On veut que le gouvernement collabore avec la région pour que la région puisse être impliquée, a clamé Serge Bergeron, qui représente QS dans Jonquière.
Un climat lourd
L'usine est en activité depuis 1912, mais connaît des arrêts de production répétés depuis quelques années. Selon le syndicat, une autre fermeture est prévue en décembre.
Ça va faire un mois et demi qu'on a déjà arrêté deux semaines. Là, ils nous arrêtent encore, puis on risque d'arrêter encore aux Fêtes, ça devient lourd, a reconnu Gilles Vaillancourt.
L’entreprise dit tout mettre en œuvre pour que certains employés puissent continuer d’œuvrer à la maintenance pendant la période de fermeture.


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