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International 15/06/2026 12:39 Actualisé le 15/06/2026 13:14
Excès de patriotisme, mélange des genres douteux et moments gênants : la soirée d’anniversaire du président autour du sport de combat a tenu toutes ses « promesses ».

EVAN VUCCI / AFP
Donald Trump, Melania Trump et le PDG de l’UFC Dana White à l’intérieur de l’octogone lors de l’UFC Freedom 250 sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, le 14 juin 2026.
EN BREF • Pour ses 80 ans et en prélude aux festivités pour les 250 ans des États-Unis, Donald Trump a organisé un événement de MMA à la Maison Blanche.
• La soirée a confirmé les craintes exposées en amont par plusieurs médias.
• Au-delà du mélange des genres sur l’image renvoyée, certains discours étaient totalement inappropriés.
Pour son 80e anniversaire, dimanche 14 juin, Donald Trump n’avait pas arrêté de clamer ces derniers mois que la soirée serait grandiose à la Maison Blanche, avec la tenue inédite d’un événement de l’UFC et une série de sept combats de MMA. On pouvait donc redouter le pire, au sein de la gigantesque arène édifiée sur la pelouse juste devant le bâtiment présidentiel.
Et c’est bien ce qui s’est passé. La soirée a tourné à un vaste étalage de brutalité et un show au fort accent politique, non sans quelques dérapages verbaux et autres moments incongrus. Certains ont aussi décrit un mélange des genres douteux entre un tel spectacle et le symbole sacré de la démocratie américaine.
Tout avait commencé par une attaque frontale de la Maison Blanche contre la chaîne météo The Weather Channel, qui annonçait que les combats pourraient être perturbés par un « scénario météorologique chaotique », avec 60 % de risque d’orages, de fortes pluies et des rafales pouvant atteindre 55 km/h.
« Cet événement vise à célébrer la grandeur inégalée de l’Amérique après 250 ans d’histoire, ce qui ne semble manifestement pas convenir à ce “loser” sans amis qui a écrit ce titre de pur racolage », a alors écrit en réponse le compte X officiel Rapid Response 47, utilisé par la Maison Blanche pour défendre le président et faire face aux critiques. « Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, nous célébrerons notre grand pays quoi qu’il arrive. Que Dieu bénisse l’Amérique ! », ajoutait le message.
Le ton était donné. Et au passage, le début des festivités était repoussé d’une heure en raison… des conditions météorologiques.
Ce n’était finalement que bien peu face par exemple au discours de Josh Hokit, qui, après son combat dans l’octogone, s’offrait une violente attaque au micro contre une ancienne Première dame : « Michelle Obama est un homme, n’est-ce pas, l’Amérique ? »
Trois minutes de marche gênante avec Dana White
Avant cela, pour lancer officiellement la soirée, Donald Trump et le président de l’UFC Dana White - l’un de ses fervents soutiens - avaient marché côte à côte durant près de trois minutes dans les couloirs de la Maison Blanche, avant d’atteindre un balcon surplombant l’arène installée sur la pelouse. Un long moment plutôt gênant (à voir ci-dessous en vidéo) épinglé par plusieurs internautes sur X, comme l’a repéré l’Irish Star. « Trump a complètement saccagé la Maison-Blanche et tout ce qu’elle représente », s’est ainsi ému l’un d’entre eux, quand un autre a déploré une scène « incroyablement pathétique ».
Le patriotisme de certains combattants et leur admiration sans bornes à Donald Trump a parfois versé dans l’extrême, comme pour l’Américain Bo Nickal qui, juste après son combat, a salué ce président qui a eu « les couilles » d’organiser un tel événement. Non sans ensuite bondir hors de l’octogone et se précipiter auprès de Donald Trump, s’agenouillant alors devant lui pour une énergique poignée de main s’éternisant devant les caméras.
Mark Zuckerberg parmi les invités
Le Français Ciryl Gane, après sa victoire dans l’octogone, a lui pris soin, semble-t-il quand on regarde les images ci-dessous, de ne pas s’attarder lors de son accolade avec Donald Trump. Ignorant presque le président américain alors que celui-ci paraissait encore vouloir lui glisser un mot. « On n’est pas du tout dans la politique », mais « on a cette chance d’être exposé aux yeux du monde », a sobrement commenté le combattant français par la suite.
Le public était lui composé de 4000 invités triés sur le volet, installés autour de la cage, dont l’incontournable Mark Zuckerberg, PDG de Meta. Ou David Ellison, patron de Paramount et allié de Donald Trump, dont la chaîne détenait les droits exclusifs de diffusion.
Quelques dizaines de milliers de spectateurs (100 000 selon la Maison Blanche) s’étaient par ailleurs massés dans un parc adjacent pour suivre les combats sur écran géant.
Au final, ce spectacle dont le coût a été évalué à 60 millions de dollars par la presse américaine, a fait grincer bien des dents. Ses contempteurs ont notamment dénoncé des dépenses excessives dans une conjoncture plombée par la guerre en Iran, même si la Maison Blanche promet que l’UFC a réglé la facture.


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