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La communauté innue de Uashat mak Mani-utenam manque de logement, selon le conseil de bande, qui a organisé dimanche une consultation publique sur l’habitation.
Au cours de l’année passée, Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam (ITUM) a reçu 242 demandes de logements. Le conseil de bande n’a pu qu’en attribuer 13 durant cette période.
Les résidents le constatent aussi. Des dizaines d’entre eux ont été présents dimanche pour la consultation publique.
La conseillère d’ITUM, Joséphine Pinette, est chargée du dossier de l’habitation. Elle admet que ce dossier aurait été délaissé par le passé.

La conseillère Joséphine Pinette estime qu’il faut aussi retravailler la fondation même du parc immobilier.
Photo : Radio-Canada / Renaud Chicoine-McKenzie
Tant qu’il n’y aura pas de changements, selon elle, ce sont les membres qui en paieront le prix. Ce qui est dommage c’est que nos gens sont obligés de se reloger à Sept-Îles ou à l’extérieur, ajoute-t-elle.

Mélodie Jourdain est la conseillère responsable des consultations publiques promises par le chef de Uashat mak Mani-utenam, Jonathan Shetush.
Photo : Radio-Canada / Renaud Chicoine-McKenzie
La conseillère d’ITUM, Mélodie Jourdain-Michel, précise que la dernière mise à jour à la politique de l’habitation date de 2014 et qu’elle doit être revue.
Il y a vraiment une crise du logement dans la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam.
Manque de main-d’œuvre et besoins de rénovation
L’un des enjeux qui reviennent incessamment dans la bouche des participants à la consultation, c’est celui des travaux à faire sur les logements déjà existants. Le problème, c’est que plusieurs obstacles se dressent devant leur réalisation.

Daniss Pinette et Myriam Labbé veulent connaître les intentions du conseil de bande en matière d'habitation. Elles sont particulièrement préoccupées par le nombre de logements et par les rénovations nécessaires sur ceux déjà existants.
Photo : Radio-Canada / Renaud Chicoine-McKenzie
Le financement pour effectuer des rénovations cause aussi des maux de tête aux membres de la communauté, affirme une femme de Uashat, Myriam Labbé.
Moi, j’ai une maison, avance-t-elle, mais en tant que membre d’une communauté, je ne peux pas aller à la banque pour emprunter des sous. Les banques, explique-t-elle, sont réticentes puisque les résidences des communautés autochtones sont insaisissables en cas de défaut de paiement.
Myriam Labbé précise que les résidents dans sa situation peuvent se tourner vers le conseil de bande, à qui elle demande de rendre disponibles davantage de ressources pour l’entretien.

Du côté du conseil de bande, on montre du doigt une pénurie de main-d’œuvre, elle-même due à un important roulement de personnel. Cela ralentit d’éventuels chantiers et augmente aussi les risques d’erreurs, selon Joséphine Pinette.
Photo : Radio-Canada / Renaud Chicoine-McKenzie
Pour Joséphine Pinette, toutefois, il faut aussi que les membres de la communauté apprennent à mieux entretenir leur maison. Un manque de connaissance historique doit être rattrapé, insiste-t-elle.
Mes parents savaient comment vivre en forêt. Quand ils ont eu leur première maison dans la communauté, ils ne savaient pas comment entretenir la maison.
La conseillère propose donc de créer des outils pédagogiques afin de mieux outiller les membres de sa communauté dans l’entretien de leurs maisons.

Éducation, rénovation, grave pénurie de logements, assurances habitation, manque de main-d'œuvre... Le conseil de bande est le premier à reconnaître que les défis dans le secteur de l'habitation sont nombreux.
Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine
Néanmoins, face à ces défis, Joséphine Pinette demeure optimiste : j’y crois parce que c’est quand même le futur de nos enfants. Il faut qu’on restructure ça.


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