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Donald Trump accompagné de robots tueurs, Donald Trump en vaisseau spatial, Donald Trump armé d'un marteau géant, Donald Trump annexant la terre entière… L'intelligence artificielle (IA) générative a ouvert au président américain de nouveaux horizons pour déverser sur les réseaux sociaux ses fantasmes de grandeur et de violence.
Sur son réseau Truth Social, où le chef de l'État se rêve en roi du monde, les publications s'emballent: le premier week-end de septembre, le président octogénaire a publié pas moins de soixante messages en l'espace d'à peine plus de dix heures.
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Si cette communication frénétique est devenue habituelle depuis le premier mandat de Trump, l'IA lui a donné de nouveaux moyens d'expression, qui ne cessent de désarçonner les commentateurs tant l'imagerie déployée est outrancière.
Avec l'IA, Donald Trump se portraiture en géant surpuissant écrasant tous ses ennemis, dominant la terre et les cieux. Si ces excès ont profondément modifié la nature de la présidence et la relative réserve qui lui était habituellement associée, ils semblent aussi témoigner de l'état mental du chef de l'État.
Saturer l'espace numérique
Pour Sarah Matthews, ancienne porte-parole adjointe de la Maison-Blanche sous l'administration Trump, «il inonde tellement la toile de ce genre de contenu que nous sommes devenus insensibles à son absurdité. Un président de 80 ans passe un temps fou à consommer et à republier des créations de fans générées par IA qui le dépeignent comme l'homme le plus grand, le plus fort et le plus important au monde. On a vraiment l'impression d'assister en temps réel à la dégradation de son cerveau».
Ses défenseurs, eux, considèrent surtout qu'il excelle dans l'art du trolling, en provoquant ses adversaires pour les faire réagir. Le locataire de la Maison-Blanche témoignerait d'une authenticité brute typique de l'époque, dont il serait évidemment le meilleur représentant.
President Trump just posted MISSION ACCOMPLISHED.
Trump has effectively paralyzed Iran's capability to print money, or feed its regional proxy terror groups. pic.twitter.com/Z8IjQJfDAi
Mais l'iconographie guerrière étalée par Donald Trump sur toutes les plateformes apparaît surtout comme un énième déni de réalité. Il se représente ainsi en train d'écraser l'Iran ou, crosse de hockey en main, dominant le Premier ministre canadien Mark Carney, à terre, alors même que comme le rappelle le New York Times, il se révèle «incapable de faire plier M. Carney dans le conflit douanier qui les oppose: cette image caricaturale lui permet de se présenter comme un vainqueur, même lorsqu'il ne l'est pas».
Au Congrès, ces attaques répétées contre l'intégrité des opposants au trumpisme suscitent l'indignation des démocrates, comme Chellie Pingree, représentante du Maine: «Je ne veux pas entendre dire "oh, c'est juste du Trump tout craché" ou qu'il est en train de "troller". Ça suffit. Rien de tout cela n'est normal ni acceptable. Les républicains ne peuvent plus fermer les yeux. Le Congrès, le gouvernement et tout son entourage ont la responsabilité de cesser de tolérer ce comportement dangereux et de commencer à se demander s'il est apte à exercer ses fonctions», assène-t-elle.
Une colère partagée à l'étranger, notamment par les représentants des États vilipendés et agressés par les États-Unis. «Il n'y a rien de drôle ni de normal à se moquer de la souveraineté des États», déclarait récemment la Première ministre islandaise, Kristrún Frostadóttir, après une énième image de propagande impérialiste diffusée par Trump. La pression ne semble toutefois pas assez forte pour contraindre le président à arrêter ses publications controversées –en témoignent les soixante contenus en dix heures du week-end dernier.




























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