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Une étude LinkedIn montre que l’Hexagone a réussi sa bascule, se classant au cinquième rang mondial pour l’usage de l’intelligence artificielle parmi la population en âge de travailler.
Passer la publicité Passer la publicitéParis a tenu son pari. Il s’agit en tout cas de la conclusion d’une étude LinkedIn, publiée ce mardi à l’occasion de l’édition 2026 du salon VivaTech (17-20 juin). Selon l’enquête, 256.000 emplois ont été créés dans l’Union européenne en lien avec l’émergence de l’intelligence artificielle (IA) en 2023. Sur ce total, près de 20.000 se trouvent à Paris, soit quasiment 8%. La capitale tricolore dépasse largement Dublin, Munich, Milan ou Madrid, qui ne comptent que 4000 à 6000 postes chacune.
Ainsi, la France illustre la bascule du marché du travail sur le Vieux continent. «Elle se classe au cinquième rang mondial pour l’usage de l’IA parmi la population en âge de travailler, dispose de champions comme Mistral AI , et Paris s’impose déjà comme l’un des grands pôles européens de l’emploi lié à l’IA», déclare Sue Duke, directrice de LinkedIn pour l’Europe, auprès des Échos .
La capitale française ne détient d’ailleurs pas le monopole dans l’Hexagone. Le réseau social professionnel estime en effet que Grenoble et Toulouse concentrent autant de talents IA que Paris, grâce aux opportunités dans l’Isère, foyer de l’électronique national, et autour du berceau d’Airbus. La part des offres d’emploi liées à l’IA progresse de 67,3% à Toulouse, de 17,9% à Paris, mais est en recul de 7,3% à Grenoble. Parmi les autres villes attractives figurent Brest, où l’Otan veut installer un campus IA, et Clermont-Ferrand, QG de Michelin.
Un «sujet organisé dans les entreprises»
Ces experts IA s’avèrent cependant volatils : ils sont huit fois plus susceptibles que les autres de changer de pays pour ne pas manquer des opportunités pour leur carrière. Pour autant, la France en sort gagnante. En 2025, elle a attiré plus d’ingénieurs IA qu’elle n’en a perdus. Une victoire d’une courte tête, avec seulement 0,16 talent de plus pour 10.000 membres du réseau social professionnel contre une moyenne européenne de +0,46.
Si la diversité des postes n’est plus à démontrer, les chercheurs de LinkedIn soulignent la montée en puissance «des rôles d’accompagnement, de coordination et de pilotage», ce qui prouve que l’IA est érigée en «sujet organisé dans les entreprises». Ainsi, dans le classement des métiers IA en croissance, les ingénieurs IA caracolent toujours en tête, mais sont talonnés par les consultants en IA ou en automatisation.
Les secteurs les plus demandeurs en la matière sont sans surprise la défense et l’aérospatial, la technologie et l’information, ainsi que les services professionnels et publics. Et les PME se montrent légèrement plus à la pointe : en France, les offres d’emploi requérant des compétences d’ingénierie IA représentent 1,7% des annonces publiées par les PME, contre 1,3% dans les grandes entreprises.


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