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Top 14 : faut-il s’inquiéter pour le Stade Toulousain avant sa demi-finale ?

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Le triple champion de France en titre affronte le Racing 92 ce vendredi soir à Marseille pour une place en finale. Mais, cette fois, des doutes affleurent.

Faut-il s’inquiéter pour le Stade Toulousain ? Cette question ne va pas plaire à Ugo Mola. Le 7 juin, après la défaite de son équipe (31-20) sur le terrain synthétique du Racing 92 lors de la dernière journée de la saison régulière, le manager des triples champions de France en titre avait déjà ironisé sur le sujet. «Tout le monde s’inquiète de savoir si Toulouse est bien. Mais Toulouse est premier. Vous feriez mieux de vous inquiéter de ceux qui ne sont pas qualifiés…»

Factuellement, rien à objecter. Son équipe a en effet de nouveau bouclé le marathon des 26 journées à la première place. Terminant meilleure attaque (5,15 essais en moyenne par match), avec le plus grand nombre de plaquages cassés, l’équipe la moins pénalisée aussi, et deuxième défense (derrière Montpellier)…

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Mais les statistiques ne disent pas tout. Depuis l’élimination en quart de finale de la Champions Cup, mi-avril, Toulouse avance à un rythme de sénateurs : 3 victoires et 3 défaites, battu à domicile par Clermont, dominé dans les grandes largeurs à La Rochelle (38-10) avant une dernière chute sur le terrain synthétique (censé être favorable aux équipes joueuses) du Racing 92 (31-20), leur adversaire du jour en demi-finale du Top 14. Seulement 50% de succès depuis deux mois, ça interroge forcément…

Des cadres de travers

Que ce soient des retours de longue blessure ou des méformes persistantes, ou les deux, les cadres du Stade Toulousain ne rayonnent plus autant. Depuis que les innombrables internationaux sont revenus du Tournoi des six nations, la plupart sont à la recherche d’un second souffle. En troisième-ligne, le sécateur François Cros, embêté par des pépins physiques à répétition, n’a pas encore retrouvé son plein rendement. Les hommes forts Emmanuel Meafou et Thibaud Flament (ce dernier a même été relégué sur le banc pour la demi-finale) sont loin de leurs standards. Kalvin Gourgues, la révélation de la première moitié de saison, est rentré un peu dans le rang et sera lui aussi remplaçant. L’Écossais Blair Kinghorn n’est plus que l’ombre de lui-même. Et l’ailier de l’Italie, Ange Capuozzo vient tout juste de reprendre.

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Mais les deux cas les plus flagrants sont, évidemment, Antoine Dupont et Thomas Ramos. Après sa grave blessure au genou, la star du rugby français avait effectué un retour tonitruant l’hiver dernier. Avant de s’éteindre au printemps. Moins vif, moins inspiré, moins tranchant. Et de nouveau embêté par les blessures. Il n’a ainsi plus joué depuis le 9 mai. Six semaines off, pour se retrouver privé de rythme avant cette demi-finale. En son absence, Thomas Ramos avait récupéré le diadème. Mais l’arrière ne peut pas tout faire tour seul. Ses dernières prestations étaient ainsi en dedans. Inhabituel pour ce compétiteur. Qui n’aura pas l’occasion de faire taire les inquiétudes, contraint de déclarer forfait pour ce choc contre le Racing 92.

Le discours de la méthode

Ugo Mola en est à sa onzième saison à la tête du staff toulousain. Ses adjoints, Clément Poitrenaud (entraîneur des arrières) et Jean Bouilhou (entraîneur des avants) en tête, sont là depuis sept et six ans. Ce n’est sans doute pas un hasard si les trois autres demi-finalistes (le Racing, le Stade Français et Montpellier) ont vu leurs staffs être remaniés ces 18 derniers mois. Il ne s’agit pas de remettre en question la compétence des techniciens toulousains, leur palmarès plaide pour eux, mais de se demander si le discours ne finit pas par être un peu moins entendu, si les joueurs ne sont pas entrés dans une forme de routine. Et, surtout, si les coups de gueule et autres mises en garde de Mola et ses adjoints produisent toujours de l’effet...

L’usure du pouvoir

Ces dernières semaines, les déclarations d’intention se sont multipliées du côté des Toulousains. «Il faut se retrouver sur les bases, avoir envie de jouer pour le copain et de rattraper son erreur. C’est vraiment ça qui nous manque un peu aujourd’hui. Et ne pas baisser les bras trop vite sur des matchs où le bras de fer s’installe», avait alerté Romain Ntamack après la gifle reçue à La Rochelle. «On a dormi sur quelques matchs. Il faut que tout le monde se parle, prenne ses responsabilités, se regarde un peu dans la glace pour se dire que mettre le joli maillot au Stadium, ça ne suffit pas», avait balancé Matthis Lebel après la défaite à domicile face à Clermont. Les deux avaient insisté sur la nécessité de «retrouver un état d’esprit irréprochable». Se payant de mots car l’inconstance s’est poursuivie, installée, jusqu’à la dernière journée de la saison régulière et un nouveau revers, cette fois contre le Racing 92.

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Les Toulousains ont beaucoup gagné depuis trois ans (trois boucliers de Brennus et une Champions Cup). Claironnent qu’ils veulent égaler la génération glorieuse, sacrée quatre fois championne de France d’affilée de 1994 à 1997. Mais ont-ils encore la féroce détermination, l’envie d’accepter tous les sacrifices pour continuer à dominer ? En 2025 et cette saison, ils ont chuté en phase finale de la Champions Cup, éliminés en demi-finale puis en quart de finale, à chaque fois par l’UBB. Pas imbattables donc. Et peut-être un peu moins déterminés à refuser la défaite…

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