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EXCLUSIF - Selon un document policier consulté par Le Figaro, la capitale est quadrillée ce dimanche par plusieurs dizaines de sections de CRS. Sept secteurs sont sous haute surveillance.
Une nuit de fête, mais pas de relâche pour les forces de l’ordre. Ce dimanche 21 juin, tandis que Paris s’apprête à vibrer au rythme de sa 44e Fête de la Musique, la Préfecture de Police déploie un dispositif d’ordre public d’une ampleur considérable sur l’ensemble de la capitale. Sept secteurs quadrillés, une trentaine de sections de CRS, trois pelotons de gendarmerie mobile, des unités de compagnies d’intervention, des drones en vol, des véhicules positionnés en anti-bélier… D’après un document policier consulté par Le Figaro, les services anticipent une soirée marquée par des «troubles à l’ordre public», des «violences urbaines», des «tirs de mortiers» dans plusieurs arrondissements, des «piqûres envers les femmes», et jusqu’aux «baignades dans le canal Saint-Martin» potentiellement dangereuses.
Pour contenir tout cela, 4.800 policiers et gendarmes sont sur le pont ce soir, épaulés par 2.500 sapeurs-pompiers, annonçait samedi la préfecture de police de Paris. Il faut dire que la fête attire bien au-delà des seuls Parisiens : amateurs de musique, jeunes venus faire la fête, touristes étrangers séduits par l’événement convergent chaque année vers la ville, multipliant les points de friction potentiels.
Face à ces risques, des consignes strictes ont par ailleurs été édictées. Ce dimanche, la consommation d’alcool sur la voie publique est prohibée, tout comme les cortèges sur les «quais bas», pour «éviter tout risque de chute dans la Seine». Sans oublier une variable inédite cette année : le document redoute une «prise à partie violente de touristes britanniques» par des individus «galvanisés par la victoire du PSG face à l’équipe londonienne Arsenal en finale de la Ligue des Champions.»
Place de la République, l'épicentre du dispositif
Ce soir, c’est autour de la place de la République que se jouera l'essentiel pour les forces de l’ordre. Depuis 14h30, une manifestation déclarée par La France Insoumise remonte depuis Barbès en direction de la place. Entre 10.000 et 20.000 personnes sont attendues selon les estimations policières, avec dans leurs rangs «60 à 120» éléments issus, selon le document, «de la mouvance contestataire».
À 16 heures, le cortège se transforme en concert engagé autour du rappeur Médine - dont la présence est explicitement désignée comme susceptible de constituer «un point de fixation contestataire pour des individus hostiles aux forces de l'ordre». Treize sections de CRS sont ainsi positionnées entre Barbès et la place, épaulées notamment par des unités de compagnies d'intervention ou encore des effectifs de la brigade de répression de l’action violente (BRAV). Au total, plus d'une vingtaine de points de barrage encercleront la place, avec une «mission» explicite : «empêcher l'accès à la place de la République le temps de l'évènement», rédige le document.
Des concerts grand public sous haute protection
Sur les autres scènes parisiennes, la vigilance n’est pas moindre. Place de la Bastille, où «Spotify» organise un concert réunissant jusqu’à 5.000 personnes jusqu’à minuit, six sections de CRS auraient pris position dès 16 heures avec pour objectif de «positionner des véhicules en anti-bélier en renforcement des barrières» béton déployées par l’organisateur. La place est fermée à la circulation jusqu’à 2 heures du matin.
Secteur des Halles - identifié dans le document comme zone à risque de «mouvements de foule, dégradations du mobilier urbain» et «tentatives de pillage de commerces» - neuf sections de CRS seront en réserve d’intervention depuis 18 heures. Place Victor Hugo, dans le 16e arrondissement, un rassemblement consacré à la musique israélienne mobilise pour sa part quatre sections de CRS et trois pelotons de gendarmerie mobile, en raison d’une «éventuelle présence de sympathisants de la mouvance ultra-sioniste» et de militants pro-palestiniens, avec un risque explicite de «violences entre les deux camps antagonistes».
Enfin, l’Élysée n’échappe pas au dispositif. En tout, 1.900 spectateurs du grand public, sélectionnés par invitation nominative, assisteront à un concert dans les jardins du Palais jusqu’à 23h15, sous la protection de trois sections de CRS supplémentaires. Une soirée festive, donc - mais dont le mot d’ordre interne est le suivant : «vigilance renforcée sur l’ensemble des dispositifs.»


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