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C’est un débat qui revient régulièrement sur la table : les matches féminins en Grand Chelem doivent-ils être joués, comme chez les hommes, au meilleur des cinq sets et non plus au meilleur des trois ? La numéro un mondiale est pour.
En dehors de l’Open d’Australie, Roland-Garros, Wimbledon, et l’US Open, les règles sont les mêmes pour les hommes et pour les femmes. Les matchs se disputent en trois sets maximum sur les circuits féminin et masculin (WTA et ATP). En janvier, le directeur de l’Open d’Australie Craig Tiley, désormais à la tête de l’USTA (qui gère l’US Open), a proposé de rallonger les matches féminins en majeur au meilleur des cinq manches à partir des quarts de finale, peut-être dès 2027. Ce qui serait une petite révolution.
Le circuit féminin divisé sur la question
Qu’en pensent les principales concernées ? Le sujet divise. La numéro 1 mondiale Aryna Sabalenka a estimé à Indian Wells qu’elle aurait «davantage de titres du Grand Chelem» avec un format au meilleur des cinq sets. «Allons-y. Je pense que j’aurais probablement plus de titres du Grand Chelem. Je me sens très forte physiquement, je suis certaine que mon corps pourrait le supporter», a assuré la Biélorusse de 27 ans. Coco Gauff, titrée à Roland-Garros l’an passé, pense également qu’une telle réforme la favoriserait, mais devrait être appliquée sur un tournoi entier pour plus d’équité. L’ex-numéro 1 mondiale Iga Swiatek n’est, en revanche, pas du tout de son avis et estime cette idée «bizarre». La Polonaise assurant : «Dans un monde où tout va toujours plus vite. Je ne sais donc pas si le public apprécierait vraiment cela.»
Pour mettre fin au sempiternel débat de l’équité
Les femmes gagnent autant d’argent que les hommes en jouant moins. Et ça agace parfois les ténors de l’ATP. En 2022, Stefanos Tsitsipas, alors 5e mondial, lâchait : « Il y a aussi la question de l’égalité des prize money, les femmes perçoivent le même montant pour jouer au meilleur des trois sets. » Les mêmes règles pour tous permettraient d’enterrer donc le débat. « Cinq sets pour une femme ? (…) Physiquement parlant, une femme ne peut pas le faire. Elle n’a pas les mêmes capacités physiques que les hommes. Ce n’est pas possible humainement. C’est tout. Vous ne pouvez pas demander à une femme de jouer six heures», affirmait à BBC World l’ancienne numéro 1 française Marion Bartoli, en 2014. Mais une dizaine d’années plus tard, l’argument physique ne tient plus pour la majorité des observateurs. « Les femmes peuvent jouer cinq sets », a affirmé récemment le coach tricolore Patrick Mouratoglou, ancien entraîneur de Serena Williams. En alignant le format de jeu, le débat serait définitivement clos. À moins que pour s’assurer l’égalité hommes/ femmes, les matchs masculins passent… à deux sets gagnants en Majeurs. La légende Novak Djokovic est depuis quelques années un partisan de cette réforme.
Pour clore (peut-être) le débat des sessions nocturnes de Roland-Garros
À l’Open d’Australie et à l’US Open, pas de polémique possible avec un match masculin et un match féminin programmés le soir. À Roland-Garros, il n’y a qu’une affiche par soir. En 2024 et 2025, les night sessions ont été 100% masculines. Et chaque année la directrice du tournoi Amélie Mauresmo doit se justifier auprès des journalistes anglo-saxons, vent debout face à cette inégalité de traitement dans la programmation. L’ancienne numéro 1 mondiale martelant que le tableau masculin est privilégié en session de nuit, par le temps de jeu potentiel, bien plus élevé chez les hommes, en raison du format de trois sets gagnants. Avec des matches plus longs et un scenario plus incertain, les femmes seraient peut-être plus représentées en soirée sur le Chatrier. Reste à savoir ce qu’en penseraient les diffuseurs. Les rencontres de tennis féminin font traditionnellement moins recette avec des audiences moindres que le tennis masculin…
Un changement qui entraînerait casse-tête de la programmation
Si l’on va plus loin que le débat sur les nocturnes de Roland-Garros, le passage aux cinq sets en Grand Chelem durant quinze jours chez les femmes serait compliqué à gérer pour les organisateurs. Déjà que les journées de tennis sont longues. Il faudrait de nouveaux courts ou supprimer les tournois juniors ou de double. Improbable. L’Américaine Jessica Pegula, 5e joueuse mondiale à la tête d’un conseil chargé de réformer le calendrier WTA, affirme que les femmes ne «devraient pas» changer de format, mettant en avant, les problèmes d’organisation et l’intensité fluctuante des matches au meilleur des cinq sets. En revanche, passer sur des matches au meilleur des cinq sets en deuxième semaine où la programmation est moins dense des quarts à la finale, comme le propose Graig Tiley, ne devrait pas poser de souci de programmation majeure.
Une expérience qui a tourné court par le passé
En 1995, il était prévu que la finale dames de l’Open d’Australie soit disputée en trois sets gagnants. Mais le projet avait été retoqué à la suite d’une fronde des joueuses, menée par Steffi Graf, alors grande patronne du circuit. Le format des 5 sets avait déjà été expérimenté. L’ancêtre de l’US Open a fait jouer aux femmes des rencontres en 3 sets gagnants de 1891 à 1901. Puis plus rien avant que la finale des Masters féminins ne se dispute dans ce format de 1984 et 1998. Steffi Graf y a remporté le dernier match face à Martina Hingis. Mais la finale qui a marqué le plus les esprits reste celle, opposant Monica Seles à Gabriela Sabatini (6-4, 5-7, 3-6, 6-4, 6-2), après un combat de 3h47.


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