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Série : Shopping, l’addiction à bas prix [2/2] - Action, Noz, Normal... ces enseignes de hard discount non alimentaire séduisent des milliers de consommateurs, attirés par des prix dérisoires qui les font basculer dans une consommation parfois excessive. Johanne s’est éprise de passion pour ces magasins. Elle raconte.
Audrey Vermorel - Hier à 07:30 | mis à jour hier à 08:22 - Temps de lecture :
Les enseignes comme Action, Noz, Stokomani ou Normal ont conquis la France avec leurs prix imbattables. Ces magasins de hard discount non alimentaires ont fleuri un peu partout dans l’Hexagone en proposant des déstockages, produits d'entretien, décoration, vaisselle, etc.
De nombreuses références allant du gel douche au chargeur de téléphone, à tout petit prix. Johanne en sait quelque chose. Cette Ardéchoise fréquente ces magasins depuis quelques années déjà. « Au début, c’était par curiosité, pour acheter quelques objets pratiques pour la maison, des rangements, de la décoration. J’ai découvert qu’ils proposaient aussi des produits d’hygiène, d’entretien de la maison à des prix plus intéressants qu’en supermarché », se souvient la quadragénaire. Très vite, elle prend l’habitude de s’y rendre régulièrement pour dénicher les bonnes affaires. « Au début, c’était juste pour économiser sur des produits du quotidien. On peut trouver des produits ménagers ou des piles à un euro, un gel douche format familial à trois euros, un bidon de lessive à quatre euros ».
Susciter le besoin
De rayon en rayon, elle se laisse tenter par d’autres produits. « Ce que j’achète aujourd’hui ? Des lots de cosmétiques, des jouets et crayons pour les enfants, des ustensiles de cuisine comme des moules à gâteaux, des boîtes de conservation, des décorations pour la maison : bougies, cadres, bâtonnets parfumés. J’ai même des objets de décoration par saison, comme pour Halloween ou pour Noël. Je suis aussi dingue de vaisselle et j’en achète très souvent. Quand je n’ai plus de place dans les placards, je finis par donner des anciens modèles », déroule-t-elle. Elle se rend une à deux fois par semaine dans ces enseignes, selon les promotions qu’elle a repérées, et dépense entre 150 à 250 euros chaque mois. « C’est assez variable en fonction de mes besoins. Mon panier moyen doit tourner autour de 50 euros, mais il se peut que j’achète une plus grosse pièce, comme un meuble d’appoint », ajoute-t-elle.
Elle n’est pas la seule à être à l’affût des bons plans : sur les réseaux sociaux, des groupes avec des millions d’utilisateurs se sont créés, dans lesquels chacun échange sur les arrivages en magasin. D’autres partagent leurs trouvailles sur leur profil. Johanne peut facilement passer une heure par jour à suivre l’actualité de ses enseignes préférées pour guetter les nouveautés.
« C’est très difficile de ressortir les mains vides de ces magasins »
Car c’est l’une de leurs forces : proposer très régulièrement de nouveaux produits en quantité limitée et à bas prix, pour susciter l’envie, le besoin et la peur de passer à côté d’une bonne affaire. Un peu comme une chasse au trésor. Qu’importe une qualité parfois légère, ces produits ne sont pas faits pour durer. « C’est mon rituel de la journée. J’échange régulièrement avec d’autres personnes accros à ces magasins. Même si je ne vais pas tout acheter, j’aime voir ce qu’on peut dénicher en ce moment. »
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Gérer mes choix
Elle en est consciente : même si une partie de ses achats est utile au quotidien, il y a beaucoup de superflu. « Je sais que je n’ai pas besoin de tout ça, mais c’est aussi un plaisir à petits prix. Je ne dépense jamais jusqu’à me mettre en difficulté. La seule contrainte, ce sont les placards qui se remplissent ! Je donne beaucoup autour de moi, de la vaisselle, de la décoration ou des jouets dont je n’ai pas l’utilité », continue-t-elle. « C’est un peu comme une passion, une addiction ». Elle reconnaît être dans une forme d’achats compulsifs. « C’est très difficile de ressortir les mains vides de ces magasins tant il y a de choix à un prix dérisoire. » Elle n’a pas fini de courir derrière ces bons plans, puisque ces enseignes ne cessent de se multiplier et s’implantent en périphérie comme en centre-ville.
« À la vitesse ou ça part, c’est une belle économie ! »
Pascale et son mari ont, eux aussi, succombé à ces magasins de discount non alimentaires. Ils s’y rendent environ une fois par semaine, en même temps que leurs courses alimentaires, pour acheter des produits d’entretien de la maison, des snacks, des jouets pour leurs petits-enfants. « On trouve aussi régulièrement des vêtements, des chaussures ou des petites choses pour faire des cadeaux dans un budget toujours raisonnable », affirme-t-elle. Marion, institutrice, adore ces enseignes « pour acheter des rangements et des fournitures scolaires pour moi et mes élèves. À la vitesse ou ça part, c’est une belle économie ! », assure-t-elle.


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