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TDJ trace son chemin dans la trance

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Osheaga est derrière nous, place maintenant au deuxième festival signé Evenko à se dérouler au parc Jean-Drapeau cette saison. ÎleSoniq marquera à sa manière le rythme du mois d’août avec des têtes d’affiche réputées sur le circuit des festivals de musiques électroniques dansantes, comme Deadmau5, Boys Noize, qui fait la paire avec Tiga, le trio britannique Above & Beyond — et, de plus en plus, la Montréalaise Geneviève Ryan-Martel, alias TDJ, qui, entre deux performances en Europe, s’est entretenue avec Le Devoir sur le sens de la trance et son prochain album.

L’affiche d’ÎleSoniq détaille la performance de Geneviève ainsi : « TDJ présente DJ Geneviève ». « Je sens qu’il est temps pour moi d’assumer cette nouvelle personnalité », dit la compositrice, remixeuse et DJ. « J’ai tellement de nouveau matériel sur le point d’être publié que je sentais qu’il était temps de séparer mes œufs dans différents paniers. » S’en viennent un second album de matériel original « qui prend ces jours-ci le plus de mon temps, [de] mon cœur et [de] ma tête » et pas moins de six (!) compilations de sa série SPF INFINI, l’une d’elles mixée par DJ Geneviève.

Des titres inédits du nouvel album seront diffusés au parc Jean-Drapeau samedi. « Je suis très excitée par cet album, que j’ai fait plus rapidement que le premier », TDJ, paru l’été dernier. « Il est surtout plus spontané ; j’avais envie d’une œuvre moins réfléchie et plus fidèle à mon naturel instinctif. »

La musicienne, qui a commencé sa carrière en bricolant des grooves tout doux sous le nom Ryan Playground s’abandonne aujourd’hui dans la trance, son tempo vif et soutenu, ses arpèges de synthés caractéristiques surtout, qui induisent chez le danseur la perte de contact avec la dure réalité du monde, le plonge dans « cette espèce d’état où t’oublies le temps, t’oublies où tu es, t’oublies tout, et tu te laisses porter par toutes les surprises qui surviennent dans les chansons. En ce moment, ce qui se passe sur la planète, c’est pas super lumineux… On dirait que la trance permet aux gens de s’éclater, peut-être même de voir la lumière au bout du tunnel. C’est ce que j’aime de cette musique-là. »

Son nouvel album l’amènera sur de nouvelles avenues musicales, « mais je reste toujours un peu autour des bases de la trance. Pour moi, la trance, ce n’est pas tant une affaire de sonorités que l’état dans lequel celles-ci te mettent. Moi, je suis accro à tout ce qui me rend mélancolique et euphorique en même temps. C’est comme si tu avais envie de pleurer en riant ! » dit la musicienne, qui performait la semaine dernière à Barcelone et à Londres.

L’importance de la voix humaine

Or, le son trance de Geneviève s’inspire beaucoup de l’eurodance des années 1990, la compositrice ramenant l’idée d’une chanson dans la cascade de percussions de la trance. La voix, la sienne très souvent, n’est jamais très loin dans son travail.

« Quand j’étais petite, j’écoutais beaucoup la radio pop-rock, ces voix-là venaient me chercher, explique-t-elle. C’est ça qui, très tôt, m’a donné envie de chanter : enfant, je jouais de la batterie et j’inventais des mots par-dessus. La voix humaine, ai-je compris, est un outil très fort pour accrocher l’auditeur. C’est pour ça que j’ai tellement de plaisir à faire des reprises de mes chansons préférées, de mes refrains préférés, avec ma voix et en les apprêtant à ma sauce » trance. Suffit de parcourir sa page Bandcamp pour dénicher des mini-albums farcis de ce genre de reprises de tubes hyperconnus, rendus frénétiques par la réalisation de TDJ.

« À la base, je suis une autrice-compositrice, poursuit Geneviève. C’est juste que mes rôles de DJ et de réalisatrice ont pris beaucoup d’importance ces dernières années. » Les premières productions de la musicienne sous le nom TDJ sont apparues pendant la pandémie, en 2020 ; six ans plus tard, elle est invitée dans tous les clubs et les festivals électroniques de la planète pour répandre sa bonne nouvelle trance, faisant de TDJ, comme de la Montréalaise basée à Berlin Maara, les nouveaux visages de la scène électronique québécoise.

« Si je mène une vie de rêve ? On peut dire que oui, mais curieusement, je ne me suis jamais dit que mon rêve était de faire ça, faire la DJ en tournée, jouer à Séoul, à Mexico City, en Europe et tout, mais ça s’est manifesté. Mon rêve, c’est simplement de créer de la musique qui m’est authentique et de la partager avec les autres. Vivre de son métier, c’est un rêve et un privilège ; je pense à ça surtout lorsque je reviens d’un voyage comme aujourd’hui. C’est quand même incroyable de pouvoir partir quelques jours, revenir, repartir. » Après ÎleSoniq, TDJ retournera en Europe, puis se produira à New York, et ensuite à Rouyn-Noranda le 5 septembre prochain, dans le cadre du Festival de musique émergente.

TDJ présente DJ Geneviève sera sur la scène NEON à 18 h 15 le 8 août. Le festival ÎleSoniq se déroule les 8 et 9 août au parc Jean-Drapeau.

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