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L’ancien animateur du «Plus grand cabaret du monde» était auditionné, ce mardi 31 mars, aux côtés de Michel Drucker et Jacques Cardoze par le rapporteur Charles Alloncle et les parlementaires de la commission d’enquête sur le service public.
Son audition faisait l’objet de polémique avant même sa tenue. Ce mardi 31 mars, la Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public recevait Patrick Sébastien . En compagnie de confrères, à savoir Michel Drucker et Jacques Cardoze, l’ancien animateur du «Plus grand cabaret du monde» diffusé sur France 2 a répondu présent à l’invitation.
Après avoir émis le souhait de témoigner devant les parlementaires parce qu’il avait «des choses à dire sur Mme Ernotte», le député Horizons et président de la commission, le président Jérémie Patrier-Leitus, avait émis quelques doutes sur la pertinence de sa venue. « Il y a des noms sur lesquels j’ai dit au rapporteur que c’était une mauvaise idée parce qu’il y avait un risque de tomber dans la politique spectacle », avait-il indiqué avant de finalement marteler ne pas avoir refusé l’idée. Quelques semaines plus tard, le jour est arrivé pour Patrick Sébastien de répondre aux questions du rapporteur, Charles Alloncle, et des trente députés concernés.
Et il a commencé fort. Celui qui ne se présente pas comme un animateur mais un artiste a d’entrée attaqué le service public au travers de Delphine Ernotte. «Jusqu’à son arrivée, tout était humain et correct. Les audiences étaient là, [...] on faisait tout pour que les émissions marchent. Et quand madame Ernotte, on a tout fait pour qu’elles ne marchent pas. D’entrée, elle voulait me dégager», raille Patrick Sébastien moins de cinq minutes avant le début de sa prise de parole introductive. «Pour moi, une patronne de service public doit représenter tout le service public et pas seulement ceux qui sont d’accord avec son idéologie», a-t-il ajouté avant de la comparer à un directeur d’hôpital public qui refuserait des malades sous prétexte qu’il ne partage pas les mêmes idées que lui.
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L’animateur des «Années bonheur» a évidemment abordé son éviction du groupe France Télévisions. «On m’a viré dans des conditions très particulières. J’ai passé 25 ans sur le service public, on ne m’a même pas parlé ou envoyé un mot. On a convoqué ma femme et on lui a dit “vous lui direz que”», a-t-il déploré avant de venir «au cas de Takis Candilis». «Je l’ai vu, ici chez vous, dire qu’il n’était au courant de rien», s’est étonné Patrick Sébastien avant de lancer : «Excusez-moi mais je crois qu’on vous a pris pour des imbéciles.»
Et de poursuivre soulignant une connivence entre l’ancien numéro 2 de France TV et l’un de ses animateurs, Nagui, tous deux ayant des liens avec la société de production Banijay. «Quand monsieur Takis Candilis est arrivé, j’avais 16 prime time (8 “années bonheur” 8 “Plus grand cabaret du monde”), Nagui en avait trois. L’année d’après j’en avais plus que dix, il en avait sept. Et l’année d’après j’en avais 0, il en avait 11. Maintenant, vous tirez les conclusions que vous voulez», déclare Patrick Sébastien. L’homme a ensuite reconnu le bien-fondé de la tenue de cette commission, tout en remettant en question les changements possibles. «De mon point de vue à moi, des gens comme madame Ernotte et ceux qui sont autour sont intouchables. Et je pense que la politique a à voir là-dedans. En tout cas jusqu’aux prochaines élections, on a besoin d’elle.»
Des accusations de corruption passive
L’auditionné a, par la suite, poursuivi ses attaques à l’encontre de la présidente de France Télévisions. «Elle a interdit à tous les animateurs de me recevoir comme invité», s’est-il offusqué avant de poursuivre : «La dernière fois que je suis passé chez Cyril Hanouna pour parler un peu de ça, dès le lendemain mes contrats confidentiels se sont retrouvés sur les réseaux sociaux. Et ça ne peut venir que de France 2 […] Et je ne parle même pas du “Complément d’Enquête” où Madame Ernotte s’est payée mon procès avec l’argent public, avec des mensonges et des délations incroyables. [...] Je n’ai pas d’animosité particulière mais cette dame me poursuit depuis le départ.»
Patrick Sébastien, qui a largement occupé l’espace par son temps de parole, est revenu sur le point du «favoritisme». «Il faudrait peut-être se poser la question “si en échange de ce favoritisme il y a eu des cadeaux”. Je n’affirme rien, je pose juste une question. [...] Il est peut-être bon de savoir si des responsables chez France 2 vont passer leurs vacances dans des villas de producteurs privés ! [...] Ce n’est pas nouveau que dans un service public, il y ait des sociétés privées qui fassent des cadeaux pour obtenir des marchés», a-t-il déclaré tout en précisant n’avoir connaissance d’aucune information officielle, seulement «des rumeurs». Et de conclure : «Je n’accuse pas sans preuve moi, je ne suis pas comme “Complément d’enquête ”.»


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