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Le gouvernement progressiste-conservateur de Terre-Neuve-et-Labrador veut changer les règles encadrant le Fonds de l’avenir, ce qui lui permettra de puiser dans le fonds d’investissement afin d’éponger le déficit.
Depuis la création du Fonds de l’avenir, en 2023, par l'ancien gouvernement libéral, la province est tenue de mettre de côté une portion de ses redevances pétrolières et minières chaque année, même si le budget est déficitaire et que les contributions entraînent des emprunts supplémentaires.
Pendant les élections de l’automne dernier, les progressistes-conservateurs avaient promis d’éliminer le fonds, évalué à 500 millions $, qui vise à rembourser la dette et à payer les coûts liés au nettoyage des plateformes pétrolières en fin de vie. Mais ils ont changé de ton depuis le scrutin du 14 octobre et souhaitent désormais statuer qu’il faut seulement contribuer au fonds si le gouvernement annonce un budget excédentaire.
Le projet de loi (nouvelle fenêtre) qu’ils ont déposé mardi à la Chambre d’assemblée vise aussi à supprimer une clause de la législation actuelle qui stipule qu’il faut attendre au moins 10 ans avant d’utiliser le fonds.
Des surplus peu probables d'ici 2030
Le ministre des Finances, Craig Pardy, souligne qu’en éliminant les versements obligatoires, la province va éviter 184 millions $ en emprunts supplémentaires en 2026-2027 et 2 milliards $ en emprunts au cours de la prochaine décennie.
Il reconnaît qu’il est peu probable que le gouvernement fasse des surplus d’ici la fin de la décennie. Le premier ministre, Tony Wakeham, a signalé plus tôt cette année qu’il ne faut pas prévoir de budget excédentaire avant au moins 2028-2029.

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Tony Wakeham, le 2 mars 2026. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Si l’établissement du fonds a ajouté aux déficits successifs de la province la plus endettée du pays, les libéraux soulignent que son retour sur l’investissement (nouvelle fenêtre) (7,36 % en moyenne, 5,52 % en 2025-2026) est plus élevé que le taux d’intérêt que la province paie sur ses emprunts supplémentaires (3,8 % en moyenne, en 2025-2026).
Il s'agit donc d'un bonne stratégie budgétaire à long terme, selon l'opposition officielle, qui dénonce les modifications proposées par le gouvernement.
Certains économistes formulent des doutes, cependant. Plus tôt ce mois-ci, en entrevue avec Radio-Canada, l'économiste Wade Locke a rappelé les risques du système mis sur pied par les libéraux.
On emprunte de l'argent en espérant qu'on va faire de bons investissements, a affirmé l'ancien professeur de l'Université Memorial. J'ai du mal à comprendre comment on peut réussir à surpasser le marché année après année.
Le projet de loi des progressistes-conservateurs comble aussi une lacune dans la législation actuelle, qui permet au gouvernement d’utiliser l'argent pour d’autres raisons que le remboursement de la dette ou le démantèlement des installations pétrolières en cas de circonstances exceptionnelles.
La dette nette de Terre-Neuve-et-Labrador, province de 540 000 habitants, frôle actuellement les 20 milliards $.
En décembre dernier, le gouvernement a déclaré que le déficit pour l'exercice financier 2025-2026 avait atteint 948 millions $, soit une augmentation de 322 millions $ par rapport aux prévisions faites lors d’une mise à jour économique faite par les libéraux quatre mois plus tôt.


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