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Le mois d'août 2026 a été le plus chaud jamais enregistré à l'échelle mondiale et cette hausse des températures n'est pas sans conséquence sur notre santé. Les femmes enceintes semblent particulièrement concernées. Dans un article, Live Science revient sur les principales études qui mettent en lumière les conséquences des vagues de chaleur sur la santé des futures mères et de leurs bébés.
«Les femmes enceintes sont physiologiquement plus vulnérables à la chaleur, souligne Susanna Esposito, pédiatre à l'université de Parme, en Italie. Dans les mesures d'adaptation au changement climatique, elles doivent être considérées comme une population prioritaire.» L'emballement du thermomètre est associé à des complications à la naissance, parfois fatales pour les mères comme pour les nouveau-nés. La chaleur peut également entraver le développement du fœtus, entraînant des potentielles répercussions à long terme sur son bien-être et ses capacités cognitives.
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Pour comprendre ces risques, il faut s'intéresser à la manière dont l'organisme réagit à la chaleur. Lorsque le corps tente de se refroidir, le sang afflue vers les extrémités. Chez les femmes enceintes, ce phénomène pourrait réduire le débit sanguin vers le placenta, et donc limiter l'apport en oxygène et en nutriments au fœtus. Les scientifiques estiment que cela contribue au faible poids du nourrisson à la naissance, un facteur associé à une augmentation des maladies, voire des décès. Plusieurs études corroborent cette hypothèse: les Françaises enceintes lors de la canicule de 2003 présentaient un risque deux fois plus élevé de donner naissance à un bébé en insuffisance pondérale.
Davantage de naissances prématurées
Pour Susanna Esposito, l'accouchement prématuré –avant trente-sept semaines d'aménorrhée– reste la conséquence sanitaire la plus préoccupante. «Si vous naissez prématurément, vous présentez un risque accru de toutes sortes de difficultés tout au long de la petite enfance, mais aussi pendant l'enfance et même à plus long terme», abonde Clara Heil, chercheuse en santé à l'université de Lund, en Suède. Une synthèse de soixante-dix études suggère que le risque de naissance prématurée augmente de 16% lorsqu'une vague de chaleur de plusieurs jours survient au cours des dernières semaines de grossesse.
Avec la hausse des températures liées au changement climatique d'origine anthropique, les experts redoutent que les accouchements précoces et prématurés deviennent plus fréquents.
L'exposition maternelle à la chaleur a également été associée à un risque accru de prééclampsie, une complication de la grossesse liée à la tension artérielle qui peut être mortelle. D'autres travaux font état d'associations entre les fortes chaleurs et le diabète gestationnel, l'hypertension ou encore l'augmentation des admissions aux urgences pendant la grossesse.
Des effets sur les nouveau-nés
Les conséquences ne se limitent pas à la santé des futures mères. Les nourrissons sont eux aussi concernés, dès leur développement in utero. Une étude a montré qu'à la suite d'une vague de chaleur au Canada, le risque qu'un bébé naisse avec des malformations cardiaques graves augmentait de 6%.
Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence. La majorité de ces travaux sont observationnels: ils mettent en évidence des liens entre la chaleur et la grossesse, sans démontrer que la hausse des températures est directement responsable de l'augmentation des risques. Ils ne prennent pas non plus en compte certains facteurs susceptibles de modifier l'exposition à la chaleur, comme l'environnement des participantes ou les stratégies mises en place pour se rafraîchir.
Reste à déterminer à partir de quel seuil les températures deviennent particulièrement dangereuses pour les futures mères. Pour y répondre, une équipe de chercheurs menée par Clara Heil a passé au crible plus d'une centaine d'études sur le sujet. Résultat: les risques de complications augmentent lorsque le thermomètre dépasse les 30,5°C. À 39°C, ils s'accroissent de 20%.
«La santé maternelle devrait être au cœur de nos préoccupations, car il en va de la prochaine génération, conclut Kristin Mickelson, professeure de psychologie à l'université d'État de l'Arizona, aux États-Unis. Si nous ne prenons pas soin des mères qui donnent naissance à la prochaine génération, cela aura des conséquences à long terme.»





























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