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Sud-Ouest ontarien : les conseils municipaux changent, mais où sont les femmes?

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Malgré un important renouvellement politique lors des élections municipales du 26 octobre, la représentation des femmes recule légèrement dans le Sud-Ouest de l’Ontario. Une analyse de Radio-Canada révèle que les femmes occuperont environ 31 % des sièges des neuf conseils municipaux de la région de Windsor-Essex et de Chatham-Kent, contre 34 % lors du mandat précédent.

Sur les 77 membres des nouveaux conseils municipaux étudiés, 24 sont des femmes, soit trois de moins qu'au cours du mandat 2022-2026. Cette baisse cache d'importantes disparités entre les municipalités.

La représentation des femmes dans les conseils municipaux du Sud-Ouest

Municipalité2022-20262026-2030Évolution
Windsor9,1 % (1/11)9,1 % (1/11)Stable
Chatham-Kent50 % (9/18)26,7 % (4/15)−23,3 pts
Lakeshore37,5 % (3/8)25 % (2/8)−12,5 pts
LaSalle28,6 % (2/7)28,6 % (2/7)Stable
Leamington28,6 % (2/7)14,3 % (1/7)−14,3 pts
Kingsville42,9 % (3/7)71,4 % (5/7)+28,6 pts
Amherstburg28,6 % (2/7)28,6 % (2/7)Stable
Tecumseh28,6 % (2/7)42,9 % (3/7)+14,3 pts
Essex37,5 % (3/8)50 % (4/8)+12,5 pts
Total33,8 % (27/80)31,2 % (24/77)−2,6 pts

À l'échelle ontarienne, les femmes représentent 31 % des membres des conseils municipaux nouvellement élus, contre 32 % en 2022 et 27 % en 2018, selon l'Association des municipalités de l'Ontario.

Windsor : une seule femme au conseil depuis 2010

Malgré l'élection d'un nouveau maire et de cinq nouveaux conseillers, Windsor demeure la municipalité où les femmes sont les moins représentées parmi les neuf étudiées.

Darcie Renaud, élue dans le quartier 1, succédera à Jo-Anne Gignac comme unique femme du conseil. Une situation qui perdure depuis 2010.

Je suis contente qu'il y en ait au moins une [...], mais une seule sur onze, ce n'est probablement pas suffisant, reconnaît la nouvelle conseillère.

Pour Mme Renaud, plusieurs obstacles peuvent expliquer cette situation, notamment les coûts d'une campagne, la difficulté de battre des élus sortants se représentant, et des responsabilités familiales qui incombent souvent davantage aux femmes.

Elle souligne également le manque de femmes dans les comités et organismes municipaux, qui permettent souvent d'acquérir de l'expérience avant de briguer un siège.

Jo-Anne Gignac en réunion.

Jo-Anne Gignac était la conseillère du quartier 5 de Windsor depuis 2003 et la seule femme au conseil municipal depuis 2010. Elle ne s’est pas représentée en 2026. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / CBC

Melinda Munroe, coanimatrice du balado Women of Windsor Politics, partage ce constat. Selon ses calculs, les femmes n'occupaient que 18 % des sièges des comités et organismes municipaux pendant le dernier mandat.

Pendant la campagne, son balado a notamment donné la parole à des candidates qui ont rapporté des expériences de sexisme et de harcèlement.

Kat Pasquach, candidate défaite à la mairie de Windsor, affirme par exemple qu'un autre candidat du comté l'a décrite comme une petite fille qui se présente à la mairie.

Je me demande si, avec les mêmes qualifications, mais en étant un homme, j'aurais été perçue différemment par le public, confie-t-elle.

Kat Pasquach.

Kat Pasquach, qui est arrivée troisième à la course à la mairie de Windsor, affirme que de nombreuses écoles secondaires ont pris contact avec son équipe de campagne pour dire que les jeunes filles se sentaient inspirées par sa candidature.

Photo : Radio-Canada / Camille Cottais

Darcie Renaud se souvient quant à elle de sa première campagne, en 2018, alors que ses enfants étaient encore jeunes.

On me demandait si j'aurais vraiment le temps de faire ce travail tout en élevant mes enfants, et si cela devait vraiment être ma priorité , raconte-t-elle, ajoutant que ces questions n’étaient pas, à sa connaissance, posées aux candidats masculins ayant des enfants du même âge.

Kingsville à contre-courant

À Kingsville au contraire, cinq des sept membres du nouveau conseil sont des femmes, contre trois lors du mandat précédent. Mary Ellen Havlik devient également la première femme mairesse de cette municipalité.

C'est une grande victoire, pas seulement pour moi, mais pour toutes les personnes qui peuvent maintenant aspirer à occuper une fonction publique à Kingsville, affirme-t-elle.

La nouvelle mairesse estime que les candidates ont su convaincre les électeurs grâce à leurs idées et à leur travail de terrain, et souhaite profiter de son mandat pour encourager davantage de jeunes femmes à s'intéresser à la politique municipale.

Chatham-Kent perd la parité

C'est à Chatham-Kent que la représentation des femmes connaît le recul le plus marqué. Alors que le conseil sortant comptait autant de femmes que d'hommes, seulement 4 des 15 élus du prochain mandat seront des femmes. Elles siégeaient toutes déjà au conseil municipal.

Je n'ai pas été surprise, parce qu'il y avait beaucoup moins de femmes candidates cette année, explique Melissa Harrigan, conseillère réélue. Selon le décompte de Radio-Canada, environ 23% des 86 candidatures à Chatham-Kent étaient féminines.

Mme Harrigan estime que la parité du conseil sortant a enrichi les discussions, notamment concernant les services aux familles et les espaces publics.

Lorsqu'un conseil reflète davantage la communauté qu'il représente, cela apporte une plus grande diversité de points de vue.

Pourquoi si peu de femmes candidates?

Dans les neuf municipalités étudiées, environ une candidature sur quatre était féminine, alors que les femmes représentent près d'un tiers des personnes élues.

Pour Melinda Munroe, le manque de confiance en soi constitue l'un des freins à l'engagement politique des femmes. Les femmes n'ont pas la même confiance en elles que les hommes. Les hommes disent : je le veux, je vais le faire, estime-t-elle. Une analyse que partage Mme Renaud.

Les femmes ont souvent l'impression qu'elles doivent tout savoir avant de se lancer, qu'elles doivent être surqualifiées ou extrêmement bien préparées.

Mme Harrigan pense quant à elle qu'il faut mieux informer les femmes sur le fonctionnement des élections et encourager celles qui jouent déjà un rôle dans leur communauté à se présenter.

Darcie Renaud espère contribuer à ce travail au cours des quatre prochaines années. Il faut absolument que davantage de femmes se présentent. C'est quelque chose sur lequel j'espère travailler, affirme-t-elle.

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