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Le maire de Mont-Saint-Pierre, Magella Émond, soutient avoir agi pour protéger les intérêts de la Municipalité des déboires financiers de l'organisme responsable du projet touristique Station de montagne sur mer. Ce dernier lui reprochait son manque d'appui pour la relance des activités du site.
La Coopérative de solidarité, de développement économique et social de Mont-Saint-Pierre a annoncé sa faillite il y a quelques jours.
L'organisme gère le projet touristique de 6,5 millions de dollars, inauguré il y a tout juste deux ans. Ce dernier n’a jamais pu attirer le nombre de visiteurs souhaité. Le manque à gagner total cumulé par la Coopérative s'élevait à 2 millions de dollars en juillet tandis que la dette envers la Municipalité avoisinait les 60 000 $.
Les gestionnaires de la Coopérative ont soutenu que le plan de redressement n’a jamais pu être mis en place en grande partie à cause de la Municipalité, qui aurait changé d'avis en cours de route et coupé les ponts. Selon eux, cette mésentente aurait fait fuir les bailleurs de fonds.

Une vingtaine de personnes se sont déplacées pour la séance du conseil municipal mercredi. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Ça, c’est leur point de vue, affirme Magella Émond, qui assure avoir respecté sa part de l’entente. L'élu ajoute que l'administration municipale a fait davantage que ce qui était demandé, par exemple payer des factures imprévues.
Nous, on a géré en fonction des lois et règlements municipaux. Il y a des choses qu'on aurait peut-être, comme individu, voulu faire, mais comme maire, tu ne peux pas. Donc, ces éléments-là ont peut-être été mal compris.
L’élu ajoute que la Coopérative a fait des demandes supplémentaires qu'il n’était pas possible d’accepter. Il assure avoir donné la chance à l'organisation de se sortir la tête de l’eau.
Le maire Émond affirme n'avoir jamais fermé la porte à la Coopérative de solidarité, de développement économique et social. La porte est toujours ouverte. Ils ont décidé de couper les ponts, c'est leur droit. Je respecte ça, sauf que ça n'aide pas à régler des conflits.
On était partenaire à la hauteur [de ce que] la Municipalité pouvait donner. Ils nous ont demandé beaucoup plus, mais nous, on ne pouvait pas.

La Station de montagne sur mer de Mont-Saint-Pierre (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Deschenes
Le maire croit que les actifs de la Coopérative, par exemple, le minibus et les équipements techniques, pourraient être saisis. Il tient de son côté à protéger l’église et le bureau d'accueil de la Place du village, deux bâtiments qui appartiennent à la Municipalité qui étaient loués à l'organisation.
M. Émond souligne que l’observatoire, au sommet de la montagne, appartient quant à lui au gouvernement du Québec, propriétaire du terrain. C’est la Municipalité qui a payé le bail du site touristique, précise-t-il.
Des citoyens réagissent
Les explications de la Municipalité et les échanges de mercredi soir ont duré près d’une heure. Des citoyens croisés à la sortie de la rencontre en étaient satisfaits.
Les décisions nous font mal au cœur, mais je pense qu'on en était rendus là, soupire Georges Lamarche, qui appuie la décision des élus. Ils prennent les devants pour essayer de sauver les meubles et c'est ça qu’il faut faire.

Georges Lamarche, un résident de Mont-Saint-Pierre
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
La résidente Marie-Pierre Bédard abonde dans le même sens. On a bien compris ce qui s'était passé et la conclusion de ne pas cautionner un autre appui financier trop gros pour les épaules d'une Municipalité comme la nôtre. Moi, je suis assez satisfaite des explications et aussi du ton de la Municipalité.

Marie-Pier Bédard réside elle aussi à Mont-St-Pierre (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre
La maire Émond espère qu’un nouveau projet touristique pourra naître un jour, mais sous une autre forme. L'ex-président de la Coopérative, Jean-Sébastien Cloutier, n’a pas voulu commenter le dossier. Ce dernier a récemment démissionné, tout comme trois autres administrateurs.


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