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À Spa, l'eau ne se contente plus de couler dans les fontaines ; elle s'est transformée en une vague artistique qui irrigue chaque recoin de la ville. La cité thermale s'est métamorphosée pour devenir la capitale des arts de la scène.
L'atmosphère est électrique, symptôme des grands soirs de première. Dans les coulisses, les équipes s'agitent, tandis que les artistes répètent une dernière fois. Les gens se baladent aux quatre coins du centre-ville, voyageant de scène en scène. À l'extérieur, les envolées aériennes de la compagnie Les P'tits Bras attisent la curiosité des plus jeunes. À l'intérieur, on entend les gens applaudir l'immense talent de Valentin Dilas pour son stand-up innovant et drôlissime intitulé PlaybackFM (ou comment les médias m'ont appris à parler). La ville, infusée d'airs de musique se remplit de couleurs. Le tout, sous une chaleur estivale.
Valentin Dilas, époustouflant lors de son stand-up "PlaybackFM (ou comment les médias m'ont appris à parler)". Les rires parcourent toute la salle. 07/08/2016
©Alexandre FytrakisQuand les coulisses s'animent
Le décor du Centre culturel Spa-Jalhay-Stoumont, qui accueille les salles principales du festival, est magnifique. Les moulures ornent les plafonds, les lustres rivalisent de beauté et d'épais rideaux rouges, opaques, couvrent les baies vitrées du bâtiment. Au sol, la moquette réchauffe l'ambiance et quelques "arches Truss" aux lumières bleutées (structure en acier où l'on accroche des projecteurs de lumière) tamisent les différentes scènes.
Casques vissés sur les oreilles, les techniciens s'affairent aux derniers préparatifs : tout doit être parfait. Quant aux bénévoles, ils renseignent les spectateurs avec le sourire. Avec des représentations qui se chevauchent, l'horaire doit être millimétré. Pourtant aucun stress ne se fait sentir. Les gens sont patients, heureux d'être là : "Je viens depuis 10 ans. Cette année, je suis venue voir 14 spectacles et pour rien au monde, j'en louperai un !", livre une festivalière.
Une expérience humaine
Après les représentations, les gens se retrouvent sur la terrasse du centre culturel, surplombant les jardins fleuris du casino. L'ambiance est chaleureuse, simple. Un peu chic sans en faire trop. Il y a des grands-parents venus avec leurs petits-enfants, des amoureux du théâtre, des familles et des habitants des alentours.
Les gens, rosis par le soleil, s'installent sous des toiles en jute, s'offrant un moment de répit à l'ombre. Tous partagent leurs impressions post-spectacle : "Alors tu en as pensé quoi toi ?" "Quel artiste !." C'est une ambiance collective, presque familiale. Ici, la barrière entre les artistes et le public s'efface. Les gens se mélangent et s'expliquent leurs programmes du lendemain, verre de vin à la main.
Le public suit attentivement "Justices", mis en scène par Clément Papachristou, et est invité à questionner son regard sur le handicap. 07/08/2016
©Alexandre FytrakisUn secteur inquiet
Pourtant, derrière cette convivialité, certains enjeux plus profonds se cachent. Lors de son discours d'ouverture, Axel De Booseré, directeur du Festival de Spa, souligne le contexte particulier de cette édition, marquée par de nombreux enjeux politiques. Cette année, la réforme du statut des travailleurs des arts et les critères de financement du secteur culturel sont dans toutes les bouches.
Justine Donnay, responsable communication et attachée de presse au Royal Festival de Spa, raconte : "On a beaucoup d'adrénaline cette année, car les enjeux politiques sont importants, la visibilité des comédiens compte énormément." Les bénévoles, venus de toute la région partagent cette inquiétude : "On a peur pour la culture, peur pour nos artistes. Alors, on vient chaque année gratuitement pour les soutenir."
Enfin, vers la fin de soirée, quand la journée aura rendu son dernier show et que la lumière déclinera sur les façades spadoises, les concerts gratuits en "after" prolongeront la magie. Avec 17 000 spectateurs attendus jusqu'au 23 août, le Royal Festival prouve ainsi que la culture est plus importante que jamais.
Les deux comédiens de "Jouer sa vie" se prêtent au jeu du hasard, dans cette expérience théâtrale participative adaptée du roman culte "L'Homme-dé" de Luke Rhinehart, sous le regard attentif du public. 07/08/2016
©Alexandre Fytrakis- Du 7 au 23 août 2026 à Spa, le Royal Festival propose 42 spectacles payants, ainsi que de nombreux rendez-vous festifs et concerts totalement gratuits. Rens. : www.royalfestival.be.
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