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Sous-financement et épuisement : le communautaire se mobilise à Rouyn-Noranda

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Plus de 200 personnes du milieu communautaire se sont mobilisées au centre-ville de Rouyn-Noranda pour se faire voir et entendre.

Les acteurs des différents organismes participent au mouvement national « Le communautaire à boutte » pour demander un rehaussement du financement.

Julie Fortier, directrice générale de la Coalition d’aide à la diversité sexuelle de l’Abitibi-Témiscamingue, et Stacey Shea, porte-parole de la cellule locale à Rouyn-Noranda

Julie Fortier, directrice générale de la Coalition d’aide à la diversité sexuelle de l’Abitibi-Témiscamingue, et Stacey Shea, porte-parole de la cellule locale à Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / JESSICA LESAGE

Malgré l’épuisement, ces personnes qui jouent un rôle essentiel dans le filet social comptent poursuivre leur mission. C'est le cas de Stacey Shea des Marginales, qui compte poursuivre dans cette voie. Le communautaire, c'est une vocation. On ne le fait tout simplement pas pour l'argent. On le fait parce qu'on aime notre clientèle et qu'on croit en son potentiel. Je pense qu'à un certain point, il faut que les gens se lèvent.

Les humains derrière la grève du communautaire

Sarah Laliberté travaille pour la Ressource d’aide et d’information en défense des droits en santé mentale de l’Abitibi-Témiscamingue. Elle participe à la marche pour défendre ses propres droits. Elle mentionne comme irritant le sous-financement.

Sarah Laliberté manifeste avec plusieurs autres personnes.

Sarah Laliberté est conseillère responsable, développement de la défense des droits pour la Ressource d’aide et d’information en défense des droits en santé mentale de l’Abitibi-Témiscamingue (RAIDDAT).

Photo : Radio-Canada / Jessica Lesage

Comme organisme, on défend toujours les droits des autres, mais là, aujourd'hui, on est là pour nous parce qu'on est à bout le communautaire. On répond à des crises au lieu de faire de la prévention, donc c'est notre santé mentale aussi qui en prend un coup. En tant qu'organisme en défense de droits en santé mentale, je suis là aussi pour défendre notre propre santé mentale, exprime celle qui œuvre dans le milieu communautaire depuis 2007.

On a à cœur de travailler avec les gens, mais là on commence à être essoufflés.

Jacinthe Marcoux œuvre dans ce milieu depuis 20 ans. Actuellement au Centre de femmes du Témiscamingue, elle se dit toujours convaincue d'être au bon endroit.

Jacinthe Marcoux est debout dans une salle tenant une pancarte en main, en arrière-plan plusieurs personnes sont assises.

Jacinthe Marcoux, cogestionnaire et animatrice au Centre de femmes du Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada / JESSICA LESAGE

C’est ma vie! Je pense que c'est l'affaire la plus importante d'aider, puis de soutenir les autres. S'il n'y a pas d'organismes communautaires, s'il n'y a pas de gens passionnés comme nous qui faisons ça, qui va faire ça? Il n'y a aucun sens pour moi à travailler ailleurs que dans un organisme communautaire. Ça ne donne pas de sens à ma vie, sinon, partage-t-elle.

Au fil des années, elle affirme avoir vu les besoins augmenter graduellement sans toutefois obtenir l’aide nécessaire pour y répondre alors qu’ils sont de plus en plus complexes.

On est des cogestionnaires, des animatrices, des intervenantes. Des fois, on fait du ménage, du bricolage. C'est vraiment très, très diversifié.

Bruno Bisson partage avec émotion ce que le milieu communautaire représente pour lui après 26 ans à s’impliquer.

Bruno Bisson pose pour la photo dans une salle et en arrière-plan, plusieurs personnes sont assises.

Bruno Bisson est le directeur général de l'organisme de soutien en santé mentale Le Pont à Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / JESSICA LESAGE

Le directeur général de l’organisme Le Pont à Rouyn-Noranda explique que le rôle d’un organisme peut devenir aussi fort que celui d’une famille pour certaines personnes.

J'ai encore la passion! C’est pour les gens, les utilisateurs de service, que je suis encore là. J'y crois tellement qu'on peut faire la différence dans leur vie, comme eux aussi ils font la différence dans notre vie. On développe des liens indescriptibles. Des gens qui nous voient comme leur famille, c'est émotif.

Je sais que j’ai encore une place importante à prendre. J’ai le communautaire tatoué sur le cœur et j’adore ce que je fais.

Il prend part au mouvement pour défendre les droits des usagers à obtenir des services de qualité sans liste d’attente.

Pour Sabrina Robitaille, intervenante au Centre d’aide et de prévention des agressions à caractère sexuel de l’Abitibi-Ouest (CAPACS-AO), c’est l’occasion de se faire entendre puisque les demandes augmentent année après année et le financement ne suit pas, selon elle.

Sabrina Robitaille tient une pancarte en main à l'extérieur en hiver.

Sabrina Robitaille, intervenante adulte et adjointe à la direction, CAPACS-AO (Centre d’aide et de prévention des agressions à caractère sexuel de l’Abitibi-Ouest)

Photo : Radio-Canada / JESSICA LESAGE

C'est important pour nous de faire valoir notre place dans le filet social, c'est-à-dire d'être reconnues à la juste valeur par le gouvernement. On sait que la population est derrière nous et puis ça, c'est très, très important. On ne fait pas ça pour nuire aux services, mais bien pour brasser un peu les choses pour que le gouvernement reconnaisse qu'on a besoin de ce soutien financier là pour poursuivre toutes nos missions, partage Mme Robitaille.

On a besoin de ce soutien financier là pour poursuivre toutes nos missions pour accompagner les gens qui sont les plus démunis.

À ces voix s’ajoutent celles des cinq chambres de commerce de l’Abitibi-Témiscamingue qui, par communiqué, ont affirmé soutenir le milieu communautaire qui constitue un pilier incontournable du développement socio-économique.

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