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RÉCIT - Dans un pays en crise, qui va fêter en catimini l’anniversaire de son indépendance, l’œuvre du père de la nation est dans tous les esprits. Statut des femmes, lutte contre l’intégrisme religieux, maîtrise de la natalité, gratuité de l’enseignement, urbanisme… Sa politique était populaire.
Passer la publicitéDepuis son balcon, Nacer contemple l’avenue Habib-Bourguiba, cœur battant de la capitale tunisienne. Une partie de l’histoire de son pays a été écrite sur cette artère. Les souvenirs défilent dans sa tête. Des images, des couleurs, des odeurs lui reviennent. « Il y a soixante-dix ans, le 20 mars 1956, mon père fêtait l’indépendance et, il y a quinze ans, en janvier 2011, c’était à mon tour d’être joyeux : j’ai participé à ce qu’on a surnommé la “révolution du jasmin”. On imaginait l’arrivée de jours heureux. On a vite déchanté. Aujourd’hui, la Tunisie est dans un état catastrophique. » Comme beaucoup de ses compatriotes, cet ancien professeur d’anglais de 68 ans, marié à une Danoise, a la nostalgie du temps jadis : quand « un homme exceptionnel », du nom de Habib Bourguiba, était au pouvoir. « C’était un despote qui ne croyait qu’au pouvoir personnel, à l’instar de Napoléon, mais c’était un despote éclairé. Mieux que personne dans le monde arabe il a su moderniser notre…


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