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L'établissement de santé St. Joseph's Health Care London prévoit supprimer 85 postes d'infirmières et d'infirmiers autorisés spécialisés en santé mentale à l'Institut Parkwood, à London, dans le sud-ouest de l'Ontario. Cette décision s'inscrit dans une réorganisation des services, alors que l'établissement tente de réduire son déficit budgétaire. Le syndicat des infirmières et infirmiers s'inquiète des conséquences possibles sur les soins aux patients.
Selon l'établissement, cette réorganisation entraînera la suppression de 83 postes à temps plein et de 31 postes à temps partiel. Parmi ceux-ci figurent 60 postes à temps plein et 25 postes à temps partiel d'infirmières et d'infirmiers autorisés.
En parallèle, St. Joseph's prévoit créer 82 postes à temps plein et 24 postes à temps partiel dans les soins directs aux patients. Ces nouveaux postes comprendront notamment des infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés, des préposés aux services de soutien à la personne ainsi que des assistants en ergothérapie et en physiothérapie.
L'établissement précise qu'aucun licenciement officiel d'infirmières ou d'infirmiers autorisés n'a encore été annoncé. Il indique travailler avec ses partenaires syndicaux pour limiter les pertes d'emplois, notamment en tenant compte des postes vacants et des départs à la retraite.
Nous nous soucions des personnes touchées par ce changement et nous les accompagnerons, avec nos dirigeants et nos équipes, tout au long de cette transition.
Dans une déclaration écrite, St. Joseph's affirme que cette réorganisation ne vise pas à réduire les soins, mais plutôt à adapter leur prestation aux besoins des patients. L'établissement explique que cette décision découle d'un examen de son modèle de soins, réalisé notamment à partir des besoins des patients et de consultations auprès du personnel et des médecins.
Cette réorganisation survient alors que St. Joseph's a enregistré un déficit de 4,7 millions de dollars lors du dernier exercice financier, le premier de son histoire. L'établissement, qui prévoit également un déficit pour 2026-2027, souhaite retrouver l'équilibre budgétaire d'ici trois ans.
Des inquiétudes pour les soins en santé mentale
La décision de St. Joseph's suscite des préoccupations au sein de l'Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario (AIIO), qui estime que la suppression de ces postes pourrait compromettre la sécurité des patients.
Erin Ariss, présidente de l’AIIO, souligne que les infirmières et infirmiers autorisés jouent un rôle essentiel auprès des personnes ayant des problèmes de santé mentale complexes, tant à l'hôpital que dans la communauté.
Ces infirmières et infirmiers travaillent dans la communauté et dans les hôpitaux, où ils prennent soin des patients les plus vulnérables et dont les besoins sont les plus complexes, affirme-t-elle.

Les infirmières et infirmiers autorisés suivent une formation universitaire de quatre ans en Ontario, tandis que les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés suivent généralement une formation collégiale de deux ans. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / Pascal Pochard-Casabianca/AFP
Selon elle, remplacer ces professionnels par du personnel ayant une formation différente pourrait avoir des conséquences sur la qualité des soins offerts.
Les changements toucheront également le programme COAST, qui réunit des infirmières et infirmiers ainsi que des policiers pour intervenir auprès de personnes vivant une crise de santé mentale ou de dépendance.
St. Joseph's a annoncé qu'il mettra fin à sa participation à ce programme à compter du 15 janvier 2027. D'autres partenaires y participent, notamment l'Association canadienne pour la santé mentale, les services paramédicaux de Middlesex-London et le Centre des Sciences de la Santé de London.
Le financement des hôpitaux mis en cause
Trois députés néo-démocrates de London, Teresa Armstrong (London–Fanshawe), Terence Kernaghan (London-Centre-Nord) et Peggy Sattler (London-Ouest), dénoncent ce qu'ils considèrent comme un sous-financement chronique des hôpitaux par le gouvernement de Doug Ford.
Dans une déclaration commune publiée vendredi, les élus estiment que cette situation limite la capacité des établissements à maintenir les effectifs nécessaires pour répondre aux besoins des patients.
Mme Sattler demande notamment au gouvernement provincial d'imposer des ratios obligatoires entre le nombre d’infirmières et infirmiers et celui des patients, afin d'assurer des soins adéquats.
Nous ne pouvons pas célébrer les travailleurs de la santé lorsque nous avons le plus besoin d'eux, pour ensuite les abandonner lorsque la crise ne fait plus les manchettes.
De son côté, le gouvernement ontarien défend son financement du système de santé. Dans une déclaration transmise à Radio-Canada, Lily Barnes, porte-parole de la ministre de la Santé Sylvia Jones, affirme que la province investit 101 milliards de dollars dans le système de santé cette année et qu'elle augmente de 4 % le financement des hôpitaux.
Elle souligne que les établissements hospitaliers sont responsables de leur gestion quotidienne, y compris des décisions concernant leur personnel.
Nous continuerons de collaborer avec St. Joseph's Health Care London et tous nos partenaires hospitaliers pour que les gens aient accès aux soins de qualité dont ils ont besoin, là où ils en ont besoin, affirme-t-elle.
Selon le ministère, les changements apportés par St. Joseph's n'auront aucune incidence sur l'accès des patients aux soins ou aux services.


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