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«Si les Français perdent la Savoie, ils perdent une couille»: avec les derniers des Savoisiens

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«Terrain militaire.»

Me voilà averti. Derrière le portail en fer forgé, se dresse une maison de campagne charmante, deux étages et des volets en bois. À côté, une vieille ferme bardée de caméras à détection de mouvement. Le pavillon rouge sang du duché claque au sommet d’un mât, au centre d’une pelouse manucurée. Le ciel bas déroule un épais duvet gris. La bruine révèle une odeur de métal. Pousser le portail.

20241209-16h50-NAKF0312.jpg Dans la maison de Patrick, à La Loi, en Savoie, 9 décembre 2024. | Niels Ackermann (Lundi13), pour Heidi.news

Je vois d’abord le fusil à lunette, calé contre l’encadrement de la porte. Une silhouette en a surgi, pantalon cargo brun, veste à épaulettes kaki d’où émergent des mains en battoir. L’homme s’avance, allure martiale, son pas grince sur le gravier. Il s’arrête, jauge le journaliste, glisse une main dans sa poche… et dégaine un large sourire: «Bienvenue en Savoie libre!»

Voilà, c’est pour ça que je suis venu à La Loi, ce patelin près d’Aix-les-Bains, capitale de la Savoie. Pour voir l’homme qui entend faire régner la sienne. Car Patrick Chameaux, carrure mastarde et crinière argentée sur nuque solide, n’est pas n’importe qui. À 58 ans, il est un résistant, et le dernier des Savoyards…

  • Savoisiens! Et pas le dernier, il en reste encore quelques-uns. Assez pour donner du fil à retordre à l’envahisseur…

Par le béton et par le nombre

Mon hôte pointe du doigt les villas autour de lui, dont les toitures se détachent entre les arbres nus. Des bruits de chantier résonnent au pied du massif du Grand Colombier, ce qui a le don de l’agacer. Il secoue la tête. «Ils construisent partout, prennent nos terres, exploitent nos richesses, oppriment notre peuple. De véritables colons, pire que les Israéliens… Les Français.»

Un ami a osé lui dire lors d’un dîner qu’il exagérait, que la Savoie ce n’était tout de même pas la Palestine, Patrick ne s’est pas démonté. «Peut-être qu’on n’a toujours pas tiré un coup de canon dans leur gueule, mais on est colonisés exactement pareil: par le béton et par le nombre.»

Il en veut pour preuve les arrivées massives de «migrants français» venus chercher l’Eldorado suisse en s’établissant dans sa «riche Savoie», entraînant la multiplication des constructions et une «occupation» de fait. «Quand on disait il y a 20 ans qu’on aurait bientôt 20’000 nouveaux arrivants français par an, les élus nous riaient au nez. Regarde maintenant, notre identité est diluée dans la masse.»

Il y a encore quelques années, Patrick habitait au domicile familial en Haute-Savoie, à Viry, près de la frontière genevoise. Il faisait ses courses à Annemasse, buvait des coups à Étrembières avec les copains de la Confédération savoisienne, refaisant le duché autour d’un verre d’abymes, le vin blanc local. Le Savoisien qui se respecte n’hésite pas à mouiller la meule, comme on dit.

Tuer pour un diot

Et puis, les barres d’immeubles «laides, faites à la va-vite» se sont empilées en zone frontière. Les centres commerciaux ont cerné les ronds-points de leurs préfabriqués. Les champs ont laissé place aux concessionnaires de berlines allemandes. Le coût de la vie a bondi. «Tout cet argent investi, pas un centime ne reste ici. Le bénéfice fait sur nos terres part renflouer les poches des investisseurs étrangers venus de Lyon, de Grenoble ou – pire – de Paris.»

Résigné face à ce qu’il nomme «le grand remplacement français», Patrick a dû battre en retraite aux confins de sa Savoie, près d’Aix-les-Bains. Il a racheté une vieille ferme à quelques mètres des eaux limoneuses du Rhône, frontière naturelle qui délimite l’ancien territoire du duché de Savoie, avant son annexion par la France en 1860. Il a retapé les deux bâtisses.

La première lui sert de musée. Dans une étable exhalant encore le foin et le fromage, il expose les fanions des six provinces de Savoie, de l’argenterie frappée des armoiries du Faucigny ou du Chablais, une chambre froide de meules de raclette, sept chaudrons dans lesquels mijotent des saucisses savoyardes, les diots, et des planches vernies recouvertes des dix commandements patriotiques. Le cinquième ordonne: «Tu tueras pour un diot.»

20241209-14h26-NAKF0076.jpg Dans sa maison qui \"fait face la France\", Patrick fait vivre sa passion intense pour l'hritage culturel savoisien. La Loi, Savoie, France, 9 decembre 2024. | Niels Ackermann / Lundi13

Avis aux hélicos

Mais c’est la seconde bâtisse qui retient le plus mon attention. Patrick y a installé son lieu de vie, comme on aménage un fortin. Des armes à feu sont disposées aux coins de chaque pièce. Un fusil à pompe dans la cuisine, un calibre 12 dans le vestibule, un fusil mousqueton K31 dans le débarras et un pistolet semi-automatique Glock sur la table de la salle à manger. Le bel arsenal que voici.


Et dans quelle optique, au juste? Disons que si l’administration française tentait de lui arracher son terrain de 3000 mètres carrés, dernier vestige du territoire autonome de la Savoie libre, elle saurait le trouver.

À plusieurs reprises, des incidents ont failli déclencher les hostilités. En particulier ces drones qui, en survolant sa propriété, s’attardent un peu trop. De quoi lui démanger la gâchette. «Ce n’est pas encore la guerre, mais on arrive au point d’étincelle», répète-t-il. Depuis sa fenêtre, le lit du Rhône prend des allures de tranchée. Des menaces semblent poindre à l’horizon. Il se fige, aux aguets.

«Il y a quelques mois, c’est un hélicoptère qui s’est mis en stationnaire au-dessus de chez moi, se souvient Patrick. Il commençait à me les casser, alors j’ai sorti le [calibre] 12, je l’ai visé, il s’est vite barré.»

«S’ils perdent la Savoie, ils perdent une couille»

Si l’étincelle n’a pas encore embrasé la poudre indépendantiste, le conflit qui oppose la France et la Savoie paraît consumer une mèche lente. «Les Français nous étranglent depuis des siècles», martèle Patrick, sirotant un verre de liqueur de vulnéraire, une eau-de-vie locale. «Neuf fois, ils nous ont envahis, neuf fois, on les a repoussés. Mais la dernière, ils sont restés.»

Le Savoyard – pardon, Savoisien! – énumère avec colère les nombreuses richesses de la région, exploitées par les colons français: «nos barrages hydroélectriques, nos montagnes et nos tunnels», qui rapportent une manne conséquente aux autorités hexagonales. «S’ils perdent la Savoie, ils perdent une couille.»

20241209-15h56-NAKF0296.jpg Si les Français veulent venir chercher Patrick, il a de quoi les recevoir. | Niels Ackermann (Lundi13), pour Heidi.news

Après l’annexion, Paris aurait ainsi procédé à un lent «génocide savoisien» dont Patrick énumère les exactions. Du massacre de Bonneville en 1870 (les Savoyards ont combattu la Prusse aux côtés des Français), aux mobilisations obligatoires de la Première puis de la Seconde Guerre mondiale, le nombre de Savoisiens tués au nom de la France atteint aujourd’hui les 80’000 personnes, estime-t-il.

Cette «élimination calculée» des forces vives du duché, accompagnée d’un «nettoyage culturel» qui aurait culminé lors de l’autodafé de milliers de livres éducatifs savoisiens en 1922.

Guérilla nocturne

La dernière fois qu’il a tenu ce discours, c’était à son voisin de palissade, un gendarme français, l’ennemi, en somme. «On avait un peu picolé, alors ça a fini en empoignade.» Le gendarme a eu beau s’excuser le lendemain, ça n’a fait que renforcer les convictions de Patrick: l’État français doit quitter la Savoie ou être détruit par la résistance.

La résistance commence par la boîte aux lettres. Tout courrier portant un timbre tricolore est impitoyablement jeté dans un grand carton «République française». Plusieurs sont entassés depuis des années dans son grenier. Ils renferment des centaines de factures EDF, de recommandés de l’État ou de rappels du fisc. Autant de missives jamais ouvertes. «Ça ne me regarde pas», tranche Patrick. Partisan de la désobéissance civile, il s’est aussi débarrassé de sa carte d’identité française.

Le passeport, en revanche, il le garde. Comment, sinon, se rendre aux conventions souverainistes organisées par les Corses et les Basques, ou rendre visite à ses frères savoisiens du Piémont? Sur son pick-up, Patrick a remplacé les plaques d’immatriculation françaises par les siennes, aux couleurs du duché. Ça lui vaut quelques ennuis avec la police lorsqu’il s’aventure hors de sa commune. De toute façon, les amendes terminent leur course dans les cartons du grenier.

Mais la résistance passive a ses limites. Alors parfois, à la nuit tombée, avec quelques copains, Patrick charge des pots de peinture rouge et blanche à l’arrière du pick-up… Ce soir-là, un monument de la République française sera redécoré aux couleurs de la Savoie. Parfois, ils arrachent les étendards tricolores aux frontons des mairies. Les grands soirs, ils poussent la dissidence jusqu’à mitrailler à la grenaille les panneaux signalant l’entrée des départements français…

20241209-12h45-NAKF0236.jpg Pierre Biguet, président du Mouvement citoyen des voix de Savoie. Chambéry, 9 decembre 2024. | Niels Ackermann (Lundi13), pour Heidi.news

Le territoire perdu d’Annemasse

Les flots de l’histoire sont cruels. Malgré les efforts des résistants savoisiens, chaque jour les Français continuent de déferler sur le duché comme s’ils suivaient un ordre de bataille secret. Vingt-cinq mille nouveaux frontaliers se sont installés dans la région en 2024, un record depuis le début de leur recensement en 1989. Patrick déroule sur la table du salon une carte militaire du 19e siècle, et abat son index sur les territoires occupés. Des six provinces historiques, le Genevois est la plus atteinte. «Irrécupérable, tonne-t-il, faut y raser.»

La bétonisation et les flots de frontaliers français ont tout recouvert, telle une armée d’occupation. Les lignes de ravitaillement idéologique ont été coupées. Les emménagements s’accélèrent. Plus aucune résistance ne semble possible face aux vagues migratoires débarquées de Normandie, de Bretagne ou des Hauts-de-France, au volant de Renault Kangoo surchargés de mobilier Ikea.

À Annemasse, autrefois bastion de l’indépendantisme, les derniers Savoisiens ont dû battre en retraite ou sont morts. Jean-François Chabert, dit «Mickey», l’un des fondateurs de la Confédération savoisienne qui jurait que «la France ne négocie que les genoux à terre, le couteau dans le dos et le pistolet sur la tempe», est décédé en 2015. Sur le toit du Relais cynophile, dont il était le propriétaire, subsiste encore en lettres blanches le graffiti «Savoie Libre!» destiné aux frontaliers qui empruntent la bretelle de l’A40 pour se rendre à Genève. Comme un dernier doigt d’honneur.

Dès lors, dans les rues du «territoire perdu» d’Annemasse où les kebabs ont remplacé les tartiflettes, la Confédération savoisienne a fermé sa permanence. Seul un membre est resté vivre en ville, dans un lotissement près de la gare rénovée. L’occasion est trop belle. Il est l’heure de rentrer à Annemasse-la-Belle.

Le Saenchai de Savoie

Murs en crépi, interphone grésillant. La porte de l’ascenseur s’ouvre sur un immense boxer salivant. «Picasso, reviens!» lance Arnaud Jeantet. Le molosse dévale le couloir pour s’abriter derrière son maître. «Vous inquiétez pas, il mord pas.» Arnaud est boxeur, lui aussi. Carrure athlétique et poignée de main à disloquer les phalanges. Sur le mur de son salon, de nombreuses médailles des compétitions de muay-thaï qu’il a remportées à travers le monde. Toujours avec son short rouge brodé d’une croix de Savoie, bien entendu.

Jusqu’en 2020, Arnaud était numéro 2 de sa section de la Confédération savoisienne, avant qu’une «guerre d’egos» ne fasse éclater l’organisation. Les résistants n’étaient pas d’accord sur les méthodes de lutte contre l’envahisseur. Quand certains prônaient une radicalité violente, d’autres privilégiaient une stratégie de simple réaffirmation culturelle face à la France. «On nous compare aux indépendantistes corses, mais on n’en est pas à poser des bombes», précise-t-il.

La violence est à employer avec parcimonie, dans les cas extrêmes. Par exemple, quand des Français se sentent un peu trop chez eux par ici. À l’instar de ce prof de boxe thaï qui, installé à Annemasse, maltraitait ses élèves savoisiens. «Avec des potes, on l’a remis à sa place et on est repartis.»

Faire vivre la flamme

Peu importe la méthode, il est difficile de lutter contre le nombre quand on est si peu. «Aujourd’hui, à Annemasse, pour 1000 habitants, il y a peut-être un Savoisien, tance Arnaud. Probablement que vers Albertville, il y a encore du monde qui connaît à peu près l’histoire du duché. Mais dans le coin, c’est fini, il n’y a plus d’âme de Savoie.»

Face à l’augmentation du coût de la vie, liée à l’afflux de frontaliers français travaillant en Suisse, Arnaud a bien dû se résoudre à le devenir lui-même. Chaque jour, il enfile ses bottes, son uniforme gris d’agent de sécurité, et parcourt la demi-heure de trajet qui sépare son domicile du Palais de justice de Genève, où il filtre les entrées et les sorties des tribunaux.

Cela lui laisse moins de temps pour les activités militantes. «Dès que je peux, je parle de la Savoie autour de moi, le plus possible, à tout le monde, lance-t-il. Je passe pour un illuminé, je m’en fiche. Je fais vivre la flamme.» Dans le cadre de sa résistance, il s’impose un régime souverainiste, privilégiant des aliments locaux, comme ces nouilles savoisiennes qu’il brandit hors de son placard. Même si de temps à autre, il s’autorise des produits tricolores. Difficile de faire autrement.

20241224-12h12-NAF20949.jpg Arnaud Jeantet, boxeur thai, ancien numismate et savoisien, avec son chien Picasso. Annemasse, 24 decembre 2024. | Niels Ackermann (Lundi13), pour Heidi.news

Sang chaud ne saurait mentir

Français de papiers, Arnaud s’est débarrassé de sa carte d’identité au profit d’une autre, frappée de la croix de Savoie. Fabriquée localement par un certain Fabrice Dugerdil, indépendantiste savoisien plusieurs fois condamné, elle est distribuée à tous ceux qui se reconnaissent dans l’identité savoisienne. Il en aurait vendu 80’000. Le décompte aurait été remis à l’Organisation des nations et des peuples non représentés (UNPO), en guise de recensement, pour faire valoir le droit du peuple savoisien à son autodétermination.

Mais la guerre, à la longue, lasse. La vie en France voisine est chère, bien entendu, mais pas désagréable. Arnaud, qui ne s’est jamais inscrit sur les listes électorales, reconnaît que les récents efforts de la mairie d’Annemasse et ceux des localités avoisinantes, l’aménagement de nouvelles places, leur projet d’intégration au Grand Genève, «aident à faire bouger les choses». Il cite en exemple le Léman Express et la Voie verte qui permet de rallier à vélo les deux côtés de la frontière: «de bons projets», acquiesce Arnaud Jeantet.

Lui rappellent-ils ceux de son grand-père, Henri Jeantet, qui fut maire d’Annemasse de 1963 à 1971? Les citadins lui doivent notamment le stade omnisports et la Maison des jeunes et de la culture. C’est aussi lui qui avait lancé la construction du quartier populaire du Perrier. De hautes tours de béton, bâties pour accueillir les milliers de familles de migrants français et étrangers venus chercher l’Eldorado helvète.

Déjà à l’époque, le maire Jeantet savait se montrer ferme avec les propriétaires fonciers, de bons paysans savoisiens ne voulant pas vendre leurs terres pour y voir couler le béton. Arnaud décroche une photo jaunie sur laquelle son grand-père retient deux larges boxers à ses pieds. «Il les gardait dans son bureau de maire, pour intimider lors des négociations», confie-t-il. Picasso, couché sur son coussin, lève ses yeux mi-clos, puis souffle dans son coin.

20241224-12h34-NAF21017.jpg Fabrien, l'ami d'Arnaud. Annemasse, 24 décembre 2024. | Niels Ackermann (Lundi13), pour Heidi.news

Et pourquoi pas la Suisse?

Fabien, un ami souverainiste d’Arnaud, frotte la tête du chien. Ce qui l’agace, lui, c’est «l’arrogance toute parisienne» des envahisseurs. Cette façon qu’ils ont de s’imposer sans prendre la mesure du lieu. «Ils viennent juste pour bosser, se faire de l’argent et repartir, lâche-t-il. On est des vaches à lait. Ils s’en fichent de notre histoire et ne respectent pas notre culture.»

Le plus dur à accepter, c’est la lente assimilation française, qui coule comme une lave sur les flancs de la Savoie indépendantiste. À l’école, l’enseignement de l’histoire de France a écrasé celle de la Savoie, et les lycées ne proposent plus de cours de savoyard. Arnaud aussi a tout oublié, hormis les salutations usuelles. «Pas assez d’occasions de pratiquer.» Son patois lui est devenu langue étrangère.

Alors, tant qu’à être englouti par une nation voisine, pourquoi ne pas devenir le 27e canton suisse? Le débat fait son chemin dans le milieu souverainiste savoisien, avec l’espoir qu’une confédération respecterait davantage leur identité. Le principe séduit Arnaud, qui travaille déjà en Suisse et y paie ses impôts, alors pourquoi pas.

  • Surtout que notre histoire est liée depuis des centaines d’années, renchérit son ami. On se comprend mieux avec des Valaisans qu’avec des Ch’tis.

  • Au moins, avec les Suisses, nous avons la montagne en commun, conclut Arnaud.

En quittant l’appartement, je marche sur le paillasson, sans voir qu’il arbore lui aussi une croix de Savoie, presque effacée par l’usage quotidien. Heureusement que je suis suisse, le crime de lèse-majesté n’était pas loin. Fabien, lui, préfère l’enjamber d’un bond agile. S’essuyer les pieds dessus? «Impossible!»

Matteo Maillard

Matteo Maillard Journaliste

Journaliste suisse basé à Paris, Matteo a été pendant six ans correspondant des quotidiens français Le Monde et Libération, à Dakar puis à Bamako. Aujourd'hui en poste à Paris pour Jeune Afrique, il écrit et photographie des histoires humaines entre l’équateur et le Tropique du Cancer, avec toujours un tropisme africain.

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