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La chaîne franco-allemande rediffuse dimanche Sierra torride, suivi d’un portrait inédit de l’icône du cinéma des années 1960. Disponible également sur arte.tv jusqu’au 4 avril.
Passer la publicité Passer la publicitéUn « divertissement à elle toute seule », c’est ainsi que décrit l’actrice Jean Lauritano dans un portrait attachant inédit intitulé Shirley MacLaine, comme un torrent diffusé ce dimanche 29 mars sur Arte. Son documentaire très fouillé, composé d’extraits de films et d’entretiens, dessine une star qui a du chien. « Vous êtes immortelle », lui lance Peter Dinklage dans American Dreamer de Paul Dektor (2024). C’est vrai. Atypique, excentrique, bosseuse et sans compromis. Shirley MacLaine est encore active du haut de ses 92 printemps qu’elle fêtera le 24 avril.
Née à Richmond (Virginie), fille d’une professeur d’art dramatique poète à ses heures et d’un enseignant en psychologie et agent immobilier mélomane, l’actrice chanteuse et danseuse peut s’enorgueillir d’une carrière longue de près de 70 ans. Plus jeune, cette légende du cinéma des années 1960 se définit comme une « gitane dans l’âme » toujours « par monts et par vaux » et une « individualiste acharnée ».
Sa mère lui fait prendre des cours de danse dès l’âge de 2 ans. Shirley MacLaine quitte la maison à 18 ans, enchaîne les castings, se fait remarquer dès son premier film, Mais qui a tué Harry (The Trouble With Harry) qui fait dire à Alfred Hitchcock qu’il ne manipulera pas cette « étrange » comédienne au regard pétillant, aux mimiques reconnaissables entre toutes et aux cheveux courts. « Vous avez le culot d’un braqueur de banque ! », lance le maître du suspense à la débutante montée sur ressorts.
Vie amoureuse mouvementée
« À Hollywood, tout le monde dit que Shirley ira loin », confirme une voix off dans la bande-annonce d’Artistes et Modèles (Artists and Models), où elle donne la réplique à Jerry Lewis. De fait, la sœur aînée du producteur Warren Beatty joue, pousse la chansonnette et se déhanche plus souvent qu’à son tour dans des rôles de fille débrouillarde et indépendante. Elle devient même la « mascotte » des copains du Rat Pack. « Ils (les membres du groupe, NDLR) m’ont protégée des requins qu’on voit à Hollywood », raconte-t-elle.
Frank Sinatra la choisit pour incarner Ginnie à ses côtés dans Comme un torrent de Vincente Minnelli. « Les rôles que j’aime jouer sont ceux qui englobent tous les aspects de la vie, tous les contrastes et les conflits permanents présents chez un être humain », explique Shirley MacLaine, qui a incarné, pendant quatre ans, Martha Levinson, la riche mère de Lady Cora Grantham dans la série Downton Abbey. Le film de Minnelli lui vaut sa première nomination aux Oscars et le « Golden globe de l’actrice la plus versatile » (il est créé pour elle !).
En parallèle, Shirley MacLaine mène une vie amoureuse mouvementée. Lors d’une cérémonie de remise de prix, sourire aux lèvres, elle remercie ses partenaires, dont ceux avec lesquels elle a couché. Multirécompensée, l’artiste est aussi la mère d’une fille née de son union avec Steve Parker. À l’écran, elle incarne avec sérieux la maîtresse de son patron dans La Garçonnière de l’exigeant Billy Wilder. Sensible comme jamais, elle bouleverse, et Jack Lemon et le spectateur. Wilder les réunira de nouveau dans Irma la Douce.
Mais les grands studios préfèrent exploiter au maximum ses talents physiques dans des superproductions. Shirley MacLaine évoque sans ambages l’échec de Sweet Charity de Bob Fosse inspiré par Les Nuits de Cabiria de Fellini. En 1970, elle tente de modifier son image. Prostituée déguisée en nonne, elle tient tête à Clint Eastwood dans Sierra torride (Two Mules for Sister Sara), de Don Siegel. Arte rediffuse ce même soir, à 21 heures, le long-métrage du réalisateur dont elle avait refusé les avances. En 2011, militante pour les droits de l’homme, Shirley MacLaine avait reçu les insignes de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur « pour son exigence lumineuse et le perpétuel enchantement qu’elle procure » des mains du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand. Elle est restée une femme libre.


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