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La conseillère municipale Laure Letarte-Lavoie affirme avoir du mal à répondre à ses obligations sans mettre de côté sa vie de maman d’un jeune enfant. Depuis deux ans et demi, elle souhaite que la Ville de Sherbrooke se dote d'une politique de travail-famille afin de faciliter le quotidien des élus. Lors de la séance du conseil municipal de mardi, elle a suggéré de faire appel à des experts en vue de son élaboration. Sa proposition a été adoptée à l’unanimité.
La Ville demandera donc le soutien de l’organisme Espace MUNI, qui vient de lancer un projet-pilote pour aider les municipalités du Québec à mettre en place des balises claires pour la conciliation travail-famille des élus. Des conseils et de l’accompagnement sont offerts gratuitement. Les villes doivent s’inscrire avant le mois de décembre.
Je crois que ça rassure l’administration d’être avec une équipe qui a une expertise dans ce genre de démarche. Ça apporte un plus. Il faut profiter de cette opportunité, estime Laure Letarte-Lavoie.
Force est de constater que les services municipaux ont besoin d'un coup de pouce. Les équipes ont le mandat de préparer une politique de conciliation travail-famille depuis octobre 2023.
Et les besoins sont grands à Sherbrooke, selon la représentante du district de l'Hôtel-Dieu. Pour le moment, aucun mécanisme n’est prévu pour remplacer les élus contraints de s’absenter pour des raisons personnelles, que ce soit pour prendre soin d’un parent, en cas de grossesse ou de maladie.

La conseillère du district de l'Hôtel-Dieu, Laure Letarte-Lavoie
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
Les élus en place en savent quelque chose : quelques-uns ont dû se porter volontaires pour prendre le relais des dossiers de la conseillère du district du Lac-Magog, Annie Faucher, atteinte d’un cancer du sein. Laure Letarte-Lavoie espère la mise en place d’un processus clair, qui ne s'appuierait pas sur la gentillesse des membres du conseil.
Autre enjeu : en cas d’absence, les élus ne peuvent se reposer sur leur attaché politique, car il est impossible pour le personnel non élu de questionner l’administration municipale afin de répondre aux préoccupations des citoyens.
Un défi
La vie politique est accaparante. Laure Letarte-Lavoie admet peiner à être un exemple. Elle met fréquemment sa vie familiale de côté en raison de ses fonctions. Si vous parliez à mon conjoint, il vous dirait que je n’ai pas la meilleure conciliation, dit-elle à la blague.
Avec ce constat vient un sentiment de culpabilité. J’aimerais dire qu’on peut faire mieux, qu’on peut offrir mieux aux jeunes parents. Il y a tellement de responsabilités et d’événements qui peuvent prendre beaucoup de place dans la vie d’une élue. Sans mesures claires, c’est le rôle de chaque élu de faire le choix de rater un événement, soit du côté familial ou du travail.

En 2024, la conseillère municipale Laure Letarte-Lavoie avait dû se présenter au conseil municipal avec son poupon. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté - Ville de Sherbrooke
Préciser les pratiques permettrait d’inciter de nouveaux visages à se lancer en politique municipale, croit la membre de Sherbrooke citoyen. Le premier palier de gouvernement serait alors plus représentatif. Plusieurs jeunes parents lui confient reporter leur implication. C’est dommage d’entendre ça parce que ça veut dire que c’est impossible d’avoir des élus avec de jeunes enfants. Mais c’est la réalité de vie de beaucoup de citoyens.
Laure Letarte-Lavoie estime qu’en étudiant cet enjeu, la Ville de Sherbrooke pourra inspirer les plus petites municipalités qui n’ont pas forcément les moyens de se pencher sur la question. Elle soutient toutefois que des combats devront être menés à l’échelle provinciale, notamment pour l’obtention d’un vrai congé parental.


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