Moins d’envie, des érections plus rares au réveil… : après 50 ans, ces signes peuvent trahir un déficit en testostérone, ou andropause, qui concerne 10 à 20 % des hommes de cet âge et jusqu’à la moitié après 70 ans. Une prise de sang permet de faire le point. Des solutions existent, à condition de respecter quelques règles.

Le Progrès - Aujourd'hui à 06:40 | mis à jour aujourd'hui à 06:42 - Temps de lecture :

  • Andropause est finalement un mot trompeur. Contrairement à la ménopause qui survient chez toutes les femmes, la baisse hormonale masculine n’est ni brutale ni systématique.Photo Adobe Stock

    Andropause est finalement un mot trompeur. Contrairement à la ménopause qui survient chez toutes les femmes, la baisse hormonale masculine n’est ni brutale ni systématique.

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  • C’est pourquoi les médecins préfèrent parler de déficit androgénique lié à l’âge (DALA) ou de syndrome de déficit en testostérone, lorsque cette baisse s’accompagne de symptômes qui altèrent la qualité de vie. La diminution de cette hormone sexuelle mâle est progressive, d’intensité variable d’un homme à l’autre, et ne touche pas tout le monde.Photo Adobe Stock

    C’est pourquoi les médecins préfèrent parler de déficit androgénique lié à l’âge (DALA) ou de syndrome de déficit en testostérone, lorsque cette baisse s’accompagne de symptômes qui altèrent la qualité de vie. La diminution de cette hormone sexuelle mâle est progressive, d’intensité variable d’un homme à l’autre, et ne touche pas tout le monde.

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  • La sexualité est souvent la première touchée. Pour les urologues, la diminution des érections nocturnes et matinales est un signe d’alerte. L’érection est plus longue à obtenir, malgré des stimulations plus intenses, et retombe plus vite. Le délai avant de pouvoir avoir un nouveau rapport s’allonge.Photo Adobe Stock

    La sexualité est souvent la première touchée. Pour les urologues, la diminution des érections nocturnes et matinales est un signe d’alerte. L’érection est plus longue à obtenir, malgré des stimulations plus intenses, et retombe plus vite. Le délai avant de pouvoir avoir un nouveau rapport s’allonge.

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Andropause est finalement un mot trompeur. Contrairement à la ménopause qui survient chez toutes les femmes, la baisse hormonale masculine n’est ni brutale ni systématique.

C’est pourquoi les médecins préfèrent parler de déficit androgénique lié à l’âge (DALA) ou de syndrome de déficit en testostérone, lorsque cette baisse s’accompagne de symptômes qui altèrent la qualité de vie. La diminution de cette hormone sexuelle mâle est progressive, d’intensité variable d’un homme à l’autre, et ne touche pas tout le monde.

Des érections qui se font plus rares

La sexualité est souvent la première touchée. Pour les urologues, la diminution des érections nocturnes et matinales est un signe d’alerte. L’érection est plus longue à obtenir, malgré des stimulations plus intenses, et retombe plus vite. Le délai avant de pouvoir avoir un nouveau rapport s’allonge.

Le désir s’émousse, les rapports s’espacent, l’orgasme peut perdre en qualité et l’éjaculation devenir moins abondante et moins puissante. Autre indice : les comprimés contre les troubles de l’érection (inhibiteurs de la PDE5) deviennent moins efficaces.

Bien plus qu’une affaire de couple

Fatigue, bouffées de chaleur, sueurs, troubles du sommeil, irritabilité, humeur morose, trous de mémoire ou difficultés d’attention complètent souvent le tableau d’un déficit de testostérone. Le corps de l’homme change aussi : fonte musculaire, ventre qui s’arrondit, pilosité qui diminue, seins qui gonflent (gynécomastie), os qui se fragilisent.

Un questionnaire pour faire le point


Le médecin peut s’appuyer sur le score ADAM, en dix questions simples :

  1. éprouvez-vous une baisse du désir sexuel ?
  2. éprouvez-vous une baisse d’énergie ?
  3. éprouvez-vous une diminution de force et/ou d’endurance ?
  4. votre taille a-t-elle diminué ?
  5. avez-vous noté une diminution de votre joie de vivre ?
  6. êtes-vous triste et/ou maussade ?
  7. vos érections sont-elles moins fortes ?
  8. avez-vous noté une altération récente de vos capacités ?
  9. vous endormez-vous après le dîner ?
  10. votre rendement professionnel s’est-il réduit ?

Une réponse positive aux questions 1 et/ou 7, ou à au moins 3 questions, oriente vers un déficit en testostérone.

Une prise de sang, le matin et à jeun

Pour établir le diagnostic, certains praticiens se fondent sur la valeur de la testostérone totale. « C’est plutôt la valeur de la testostérone libre ou biodisponible qu’il faut prendre en compte, assurait le Pr Éric Huygues lors du congrès de l’Association Française d’urologie (novembre 2023 ; Paris), même si la testostérone totale semble normale. »

Deux dosages le matin entre 8 et 11 heures à jeun, à un mois d’intervalle sont recommandés. De plus, concernant les normes, il est préférable de se référer aux valeurs moyennes des hommes jeunes (20-40 ans), stipule l’Association française d’urologie (AFU).

Le bilan comprend aussi la TSH (pour écarter une hypothyroïdie), ainsi que la glycémie et les lipides sanguins.

Si le déficit se confirme, d’autres examens (LH, PSA, numération sanguine, prolactine) permettent de préciser l’origine de la baisse de testostérone (au niveau des testicules ou liée à l’hypophyse dans le cerveau).

Agir d’abord sur l’hygiène de vie

Obésité, diabète, alcool, sédentarité, mais aussi certains médicaments (corticoïdes, neuroleptiques, certains antidépresseurs, morphiniques, le diurétique spironolactone …) ou maladies chroniques (cancer, VIH, insuffisance d’un organe, hémochromatose/surcharge en fer, lupus, etc.) favorisent le déficit.

Par exemple, chez les hommes en situation d’obésité, la testostérone totale est en moyenne 25 % plus basse. Perdre du poids et pratiquer une activité physique régulière font alors partie intégrante du traitement.

La testostérone, sous surveillance

« Environ 340 000 hommes en France présenteraient un déficit en testostérone s’accompagnant de symptômes, mais seulement 70 000 d’entre eux, soit 20 %, sont sous traitement substitutif, indiquait le Pr Huygues. Or le traitement du déficit en testostérone est efficace et sans risque. Non seulement il améliore la sexualité (libido, fonction érectile) et la qualité de vie (fatigue), mais il a également un impact positif sur la santé générale. » Et l’urologue ajoute : « contrairement à une idée répandue, des recherches approfondies ont confirmé qu’un taux élevé de testostérone n’est pas lié à un risque accru de cancer de la prostate. »

 Ainsi, quand le déficit est confirmé et associé à des symptômes, un traitement par testostérone peut être proposé : injections intramusculaires de testostérone énantate (remboursées), voire gel (non remboursé).  

À noter : un cancer de la prostate contre-indique le traitement. Le médecin sera prudent aussi en cas de taux de globules rouges trop élevé, de risque de thrombose, d’adénome de la prostate gênant ou d’apnées du sommeil.

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