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Des alertes pendant des mois, des adolescentes suspectées d’être mineures, et une plateforme toujours accessible jusqu’à l’enquête.
La procureure de la République de Paris Laure Beccuau a confirmé le 10 septembre l’existence de cette enquête, confiée à la section spécialisée dans la cybercriminalité. La procédure fait suite à un signalement de la haute-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry, qui avait également alerté l’Arcom.
Selon Le Parisien, des profils susceptibles de concerner de très jeunes adolescentes auraient continué à apparaître parmi les annonces de la plateforme malgré des alertes répétées de familles, d’avocats et d’associations de protection de l’enfance.
Un site connu depuis des mois, une enquête seulement maintenant
La question qui dérange est assez simple : comment une plateforme de cette taille peut-elle laisser apparaître des annonces suspectes impliquant potentiellement des mineures sans qu’un mécanisme de contrôle efficace ne les bloque immédiatement ?
Le traditionnel bouton « Je certifie avoir plus de 18 ans » ne règle évidemment rien. Il vérifie au mieux ce que déclare l’utilisateur qui clique. Il ne garantit pas que la personne présentée dans une annonce soit majeure, ni que les photos et informations publiées correspondent réellement à son âge.
C’est précisément à ce niveau que se pose la responsabilité des exploitants : contrôle des annonces, traitement des signalements, retrait rapide des contenus suspects et conservation des éléments utiles aux enquêteurs. Lorsque des mineurs peuvent être victimes d’exploitation sexuelle, la modération ne peut pas se limiter à une case cochée dans des conditions générales.
La prostitution des mineurs s’est déplacée derrière les écrans
Le problème dépasse largement une seule plateforme. Dans un rapport publié en 2026, la cour d’appel de Paris décrit l’évolution des réseaux de proxénétisme de mineurs et l’utilisation croissante des réseaux sociaux et des outils numériques par les auteurs.
Autrement dit, le trottoir a changé d’adresse. Une annonce, une messagerie et quelques clics peuvent désormais suffire pour mettre en relation proxénètes, clients et victimes. La rapidité du système profite aux réseaux. Les procédures de fermeture, elles, restent soumises aux frontières, aux sociétés étrangères et aux demandes de coopération internationale.
Le parquet de Paris a ainsi demandé l’entraide des autorités suisses. Laure Beccuau a assuré que les magistrats « ne lâcheront rien » et confirmé que la fermeture du site et de ses éventuels avatars faisait partie des objectifs de l’enquête.
Fermer une adresse ne suffira pas
Sexemodel a changé de nom. C’est aussi tout le problème du numérique : une enseigne disparaît, un domaine redirige ailleurs et l’activité peut reprendre sous une nouvelle façade.
La fermeture réclamée par la justice sera donc une première étape. La vraie question sera de savoir si les autorités sont capables d’empêcher la réapparition du même système quelques semaines plus tard. Parce qu’en matière de protection des mineurs, jouer au chat et à la souris avec des noms de domaine n’a rien d’un jeu.


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