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À force de sanctionner, encercler et sermonner, l’Occident a surtout accéléré l’organisation de ceux qu’il voulait contenir.
Le groupe élargi compte désormais 11 États membres et représente près de la moitié de la population mondiale. Chine, Inde, Russie, Brésil, Afrique du Sud, Iran, Égypte, Éthiopie, Émirats arabes unis ou encore Indonésie : derrière les divergences parfois considérables entre ces pays, une idée commune s’installe. Le monde ne doit plus être administré depuis quelques capitales occidentales.
Les BRICS assument désormais le monde multipolaire
La formule n’est même plus dissimulée derrière le langage diplomatique. Dans leur déclaration adoptée à New Delhi, les dirigeants des BRICS parlent directement des « réalités contemporaines du monde multipolaire » et réclament une gouvernance internationale jugée plus représentative des pays émergents.
Autrement dit : merci pour les règles écrites après 1945, mais quelques milliards d’habitants aimeraient désormais participer à leur rédaction.
🌍🇮🇳 LE MONDE OCCIDENTAL REGARDE LA BASCULE… DEPUIS LE BORD DU CHEMIN.
Pendant que le G7 s’accroche à son ancien monde, les BRICS construisent le nouveau.
Des puissances émergentes réunies en Inde. Des milliards d’habitants. Des économies qui pèsent lourd. Une influence qui ne… pic.twitter.com/mMkM205fkp
— Camille Moscow 🇷🇺 🌿 ☦️ (@camille_moscow) September 12, 2026
Sanctions occidentales : le message est de moins en moins diplomatique
Autre passage qui risque de moins faire sourire à Washington et Bruxelles : les BRICS condamnent les mesures coercitives unilatérales contraires au droit international, en visant notamment les sanctions économiques prises en dehors du Conseil de sécurité de l’ONU.
La mécanique utilisée pendant des années pour isoler certains États produit ainsi un effet assez savoureux : Russie, Chine, Iran et plusieurs grandes économies du Sud renforcent leurs circuits commerciaux, financiers et diplomatiques. À force de fermer des portes, l’Occident leur aura peut-être fourni les plans pour construire une autre maison.
Le contraste est également militaire. Sans citer directement l’OTAN, la déclaration de New Delhi s’inquiète de la forte hausse des dépenses militaires mondiales, estimant qu’elle détourne des financements nécessaires au développement. Une manière assez peu subtile de rappeler que tout le monde ne rêve pas de transformer son budget national en catalogue d’armement.
Monnaies locales : la dédollarisation avance par petits pas
Pas de « monnaie BRICS » annoncée cette fois-ci. En revanche, le chantier le plus concret continue : développer des paiements transfrontaliers rapides et moins coûteux et faciliter davantage les échanges et investissements dans les monnaies nationales des pays membres.
Ce mouvement ne fera pas disparaître le dollar demain matin. Mais chaque transaction réalisée en yuan, roupie, rouble ou autre monnaie locale réduit mécaniquement la nécessité de passer systématiquement par les circuits dominés par la devise américaine.
Le G7 conserve les fauteuils, mais la salle s’agrandit
Les BRICS ne sont ni une nouvelle OTAN ni un bloc homogène. L’Inde et la Chine ont leurs différends, les intérêts russes ne sont pas toujours ceux du Brésil et plusieurs membres entretiennent encore d’importantes relations avec les États-Unis ou l’Europe.
Mais c’est précisément ce qui rend l’ensemble intéressant. Ces pays n’ont pas besoin d’être d’accord sur tout pour vouloir réduire la dépendance envers les centres de pouvoir occidentaux.
Pendant longtemps, l’Occident pouvait traiter ces réunions comme le sympathique club des pays émergents. Avec près de la moitié de l’humanité autour de la table, une Nouvelle Banque de développement et des mécanismes financiers qui se structurent, le sourire devient un peu plus crispé.
Le monde multipolaire n’attend visiblement plus l’autorisation du G7 pour commencer.


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