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C’est à bord d’un autobus à son effigie que Sara Dufour a convié les médias, le temps d’une journée, à découvrir les endroits qui ont inspiré son quatrième album, Dolbeau-Mistassini. Un lancement de disque qui sort de l’ordinaire, à l’image d’une artiste qui tape la trail à sa façon.
Lancer un album qui s’appelle Dolbeau-Mistassini à Montréal, ça ne faisait pas de sens dans ma tête, explique Sara Dufour, les deux pieds bien ancrés sur sa terre natale.
Alors qu'elle vient à peine de conclure sa tournée estivale, l'autrice-compositrice-interprète originaire du Lac-Saint-Jean a choisi d'inviter les médias dans son intimité pour leur présenter les lieux qui ont façonné son nouvel album.

Les visiteurs ont pu voyager à bord d'un autobus à l'effigie de Sara Dufour.
Photo : Radio-Canada / Philippe Marier-Verret
Le ton de la visite est posé à l’entrée de la ville. Une pancarte installée pour l’occasion indiquant Bienvenue au pays de Sara Dufour accueille les visiteurs.
Plusieurs dizaines de représentants des médias arrivent de la métropole en avion. Du lot, quelques-uns visitent pour la première fois le nord du lac Saint-Jean. À quelques jours de la sortie officielle de l’album, prévue vendredi, tous s’entendent toutefois pour dire qu’ils n’ont jamais vécu un tel événement.
Plus de liberté
De son propre aveu, Dolbeau-Mistassini marque un tournant pour celle qui fêtera vendredi la sortie officielle de son quatrième album et, au passage, son 42e anniversaire.

Une pancarte installée pour l’occasion accueille les visiteurs.
Photo : Radio-Canada / Philippe Marier-Verret
Oui, je me suis donné plus de liberté, affirme-t-elle. Je recherchais trop la perfection. Je pense qu’avec cet album-là, j’ai ouvert une porte vers le lâcher-prise, laisse-t-elle tomber, en faisant référence aux thèmes des chansons et à l’exploration décomplexée de nouvelles sonorités de guitares.
Le dernier album était sur mon retour en région, mais là, j’en rajoute une couche, je tape encore plus fort sur le clou. C'est quelque chose qui se présente de soi-même
Enregistré en seulement cinq jours dans son garage, ce disque a été conçu dans l’urgence, confie la musicienne. Elle souhaitait immortaliser rapidement son désir de se poser chez elle, avec ses musiciens. Je voulais mémoriser, déposer sur un support l’équipe de musiciens que j’ai actuellement. C’est ma préférée des quinze dernières années.
Et c’est pour faire découvrir son univers et les paysages grandioses qui habitent ses chansons que Sara Dufour prend place à l’avant de l’autobus.
Bienvenue au pays de Sara
Après un bref arrêt à l’hôtel de ville, le cortège est escorté à la Salle Desjardins/Maria-Chapdelaine, où est d’ailleurs prévu un spectacle vendredi.
Dans un premier temps, les journalistes sont invités à visionner un documentaire d’une trentaine de minutes sur les coulisses du nouvel album de la Dolmissoise.

Sara Dufour a enregistré son nouvel album en seulement cinq jours.
Photo : Radio-Canada / Philippe Marier-Verret
On en apprend un peu plus sur l’histoire de chaque chanson, dont celle de la piste éponyme qui devait s’appeler à l’origine Fermont. On comprend vite que la complicité entre Sara et Dany Placard, son réalisateur et acolyte de toujours, est plus vivante que jamais sur cet opus. Si Dany n’était pas là, mon univers musical serait complètement différent.
Quelques instants plus tard, la musicienne éclate en sanglots à l’écran après l'enregistrement de la chanson Quand, dédiée à son amoureux.
Une prestation inédite
S'ensuit une prestation inédite de quelques-unes des dix nouvelles pièces, accompagnée de ses musiciens. Je suis peut-être un peu nostalgique, lâche Sara sur scène devant les journalistes, avant d’entonner les premières notes de l’entraînante Dans l’temps.

Accompagnée de ses musiciens, Sara Dufour a présenté son nouvel album aux journalistes réunis dans l'intimité de la Salle de spectacle Desjardins / Maria-Chapdelaine.
Photo : Radio-Canada / Philippe Marier-Verret
Certaines pièces, plus douces, appellent à la confidence parce qu’elles révèlent sa vulnérabilité. C’est le cas de Mon cœur, qui raconte le jour où elle a égaré, puis retrouvé, en Abitibi, un pendentif que sa mère lui avait légué. Ce n’est pas une chanson que je chante en pleurant. C’est une chanson d’espoir, résume-t-elle.
Une fois la prestation terminée, les journalistes regagnent leur siège dans l’autobus. Des escales au dépanneur Chez Pierrette et à la Crèmerie du Nord s’imposent.
On y allait souvent quand on était jeune. Là, ils l’ont rénovée, mais avant c’était une toute petite cabane avec une gigantesque crème molle sur le toit, se remémore-t-elle.
La puissance de l’eau
Le cortège poursuit ensuite son itinéraire au nord de la ville, en longeant la rivière Mistassini et en empruntant une route mal tapée. Il faut dépasser une bleuetière pour arriver jusqu’à l’intimité de Sara Dufour.
À quelques mètres de sa maison, il y a une toute petite plage, une vue imprenable sur le cours d’eau et une obligation de ralentir.
Pour vivre pleinement le moment, on distribue des écouteurs aux visiteurs et on leur demande d’écouter La mémoire de l’eau en contemplant le paysage.

Les membres des médias ont pu écouter quelques nouvelles chansons de Sara Dufour en plein cœur d'un des lieux inspirants pour la musicienne.
Photo : Radio-Canada / Philippe Marier-Verret
Et qu’un jour / Y fera moins noir / Qu’il y aura que l’amour / Dans la mémoire de l’eau
Je voulais vous faire vivre une expérience immersive. Quand j’arrive ici, je dis que je viens au paradis. Au-delà de ça, c’est la puissance de l’eau. Il y en a qui ont grandi sur le bord d’un lac, moi, c’est sur le bord de la rivière, poursuit-elle, les pied sur le sable blanc.
Quand on lui demande si Dolbeau-Mistassini est plus mature que ses albums précédents, la musicienne acquiesce avec son énergie débordante. C’est sûrement l’âge, répond-elle, en ajoutant qu’elle s’est éloignée un peu des Ski-doo lors de l’écriture.
I love my life
La journée tire à sa fin. Les médias ont un dernier rendez-vous chez la musicienne. C’est dans cette maison, où Sara habite depuis la pandémie, que son quatrième album a été imaginé, écrit et enregistré.
Peu importe les grandes choses que j’ai vécues dans les dernières années, la simplicité de ce qui m’habite, c’est ça le plus important. D’où je viens, je ne l’oublierai jamais. C’est là que mes racines sont.
Derrière elle, dans la cour extérieure, les journalistes agglutinés partagent un verre en attendant le début d'une dernière performance. Le moment tant attendu arrive : flanquée, encore, de Dany Placard, Sara agrippe sa guitare acoustique pour la dernière fois de la journée.

Sara Dufour a ouvert une boîte de ses nouveaux albums dans sa cour extérieure.
Photo : Radio-Canada / Catherine Fillion
Du même souffle, Gibson, le chien familial, sort de sa niche pour saluer les visiteurs.
I love my life, chante-t-elle, bercée par les applaudissements.


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