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Les cas d’allergies se multiplient en France, où l’accès à un spécialiste est particulièrement compliqué par le manque de médecins : seules quelques centaines d’allergologues exercent dans l’Hexagone.
Pierre Charles - Aujourd'hui à 09:00 - Temps de lecture :
Les cas d’allergie explosent, mais consulter un spécialiste est bien souvent un parcours du combattant en France. Comme peut en témoigner Corinne, 61 ans : « Je suis allergique au pollen, aux acariens, aux poils de chat et dès que je vais chez quelqu’un qui fume cela me provoque de l’allergie. J’éternue, j’ai le nez qui coule comme une fontaine, mes yeux me piquent, confie la Dijonnaise. Mon allergologue est parti à la retraite et impossible d’avoir un rendez-vous ailleurs, même au CHU. Je suis de plus en plus allergique. En ce moment, c’est affreux. Il y a des arbres en fleurs à côté de mon travail, je ne vous raconte pas le calvaire. »
Depuis l’Ardèche, Anaïs, 34 ans, connaît les mêmes problèmes : « Depuis quelque temps, j’ai les yeux qui pleurent, des difficultés respiratoires, le nez qui coule, des éternuements. J’ai consulté mon médecin généraliste, mais on ne trouve pas la cause. Et c’est très compliqué de trouver un allergologue disponible. Les antihistaminiques réduisent les symptômes, mais ils ne sont pas efficaces à 100 %. » En France, on compte seulement quelques centaines d’allergologues. « Autour de 800, voire un peu plus », estime Sarah Court, vice-présidente de l’Association nationale des formations continues en allergologie (Anaforcal) et qui exerce à Dijon.
« Si on continue comme ça, c’est une discipline qui va disparaître »
Le chiffre exact est difficile à déterminer, puisque la plupart des allergologues viennent d’une autre spécialité et exercent l’allergologie en parallèle. C’est le cas de Laurent Guilleminault, pneumologue devenu pneumo-allergologue à Toulouse. Pour le consulter, il faut compter « six mois à un an selon le motif ». Si le nombre de spécialistes est incertain, une chose est sûre : la tendance est à la baisse. Inquiétant, alors que l’Organisation mondiale de la santé prévoit que 50 % de la population mondiale sera affectée par une maladie allergique en 2050.
Une des raisons de cette pénurie est que l’allergologie est une discipline récente, à laquelle les futurs médecins sont peu sensibilisés durant leurs études. Elle n’est considérée comme une spécialité avec un diplôme à part entière que depuis 2017. Pour y remédier, les allergologues demandent que le plafond du nombre d’internes formés soit rehaussé. Ils ne sont qu’une trentaine chaque année sur tout le territoire. Insuffisant pour combler les départs en retraite, alerte Laurent Guilleminault : « Si on continue comme ça, c’est une discipline qui va disparaître dans les années qui viennent. »
Et la difficulté d’obtenir un rendez-vous peut pousser des patients à renoncer à consulter, avec des conséquences non négligeables sur la santé. « Pour les allergies respiratoires, il faut en moyenne sept ans entre le début des symptômes et la pose du diagnostic, indique Sarah Court. Le risque de ne pas consulter, c’est l’apparition d’asthme, de gêne à l’effort, d’apnée du sommeil. Et cela peut être plus grave chez les enfants, avec des impacts énormes sur la croissance. »


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