Pour sa 11e édition, le Mois sans tabac 2026 se déroulera du 1er au 30 novembre. Comme l’an passé, la campagne est construite autour du message d’encouragement « Participer à Mois sans tabac augmente vos chances de devenir ex-fumeur ». Trouver en soi les ressources d’y parvenir, se faire aider efficacement… Mode d’emploi.

En partenariat avec Destination Santé - Aujourd'hui à 17:00 - Temps de lecture :

  •  croire en sa capacité d’arrêter et bénéficier d’un accompagnement adapté.Photo Adobe Stock

    Selon Santé publique France, qui pilote le Mois sans tabac, 30 jours sans tabac multiplient par 5 les chances d’arrêt à long terme. Au-delà de l’inscription à l’évènement (plus de 117 000 personnes en 2025), la réussite repose sur deux piliers : croire en sa capacité d’arrêter et bénéficier d’un accompagnement adapté.

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  • Pour la médecin-tabacologue Nathalie Lajzerowicz (Hôpital suburbain du Bouscat), « réussir à arrêter de fumer dépend d’abord du sentiment d’en être capable, quel que soit le niveau de motivation. D’où l’intérêt de l’approche par les « capabilités », un concept forgé par l’économiste indien Amartya Sen ».Photo Adobe Stock

    Pour la médecin-tabacologue Nathalie Lajzerowicz (Hôpital suburbain du Bouscat), « réussir à arrêter de fumer dépend d’abord du sentiment d’en être capable, quel que soit le niveau de motivation. D’où l’intérêt de l’approche par les « capabilités », un concept forgé par l’économiste indien Amartya Sen ».

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  •  difficulté à se projeter dans l’avenir quand on vit dans la précarité, idées fausses sur la dépendance, les traitements ou la rechute, etc.Photo Adobe Stock

    La capabilité désigne « la faculté effective qu’un individu a de faire des choix et de mener la vie souhaitée » en tenant compte de son environnement, favorisant ou non. Appliquée au tabac, cette approche développée avec son tabacologue renforce le pouvoir d’agir du fumeur qui demande de l’aide, face à des obstacles concrets : difficulté à se projeter dans l’avenir quand on vit dans la précarité, idées fausses sur la dépendance, les traitements ou la rechute, etc.

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Selon Santé publique France, qui pilote le Mois sans tabac, 30 jours sans tabac multiplient par 5 les chances d’arrêt à long terme. Au-delà de l’inscription à l’évènement (plus de 117 000 personnes en 2025), la réussite repose sur deux piliers : croire en sa capacité d’arrêter et bénéficier d’un accompagnement adapté.

Trouver en soi les ressources d’y parvenir

Pour la médecin-tabacologue Nathalie Lajzerowicz (Hôpital suburbain du Bouscat), « réussir à arrêter de fumer dépend d’abord du sentiment d’en être capable, quel que soit le niveau de motivation. D’où l’intérêt de l’approche par les « capabilités », un concept forgé par l’économiste indien Amartya Sen ».

La capabilité désigne « la faculté effective qu’un individu a de faire des choix et de mener la vie souhaitée » en tenant compte de son environnement, favorisant ou non. Appliquée au tabac, cette approche développée avec son tabacologue renforce le pouvoir d’agir du fumeur qui demande de l’aide, face à des obstacles concrets : difficulté à se projeter dans l’avenir quand on vit dans la précarité, idées fausses sur la dépendance, les traitements ou la rechute, etc.

Car se libérer du tabac n’est pas facile, d’autant plus quand on a commencé jeune. Jusqu’à 90 % des fumeurs adultes ont commencé à fumer à l’adolescence. Chez des souris mâles, le chercheur Lauren Reynolds (CNRS) a montré qu’une exposition transitoire à la nicotine au début de l’adolescence suffit à induire une vulnérabilité à la nicotine à l’âge adulte. En cause selon lui, une perturbation des circuits de la dopamine, qui suggère que « l’exposition à la nicotine pendant l’adolescence prolonge un état immature et déséquilibré au sein de ces circuits ».

Se faire aider efficacement

– S’inscrire sur mois-sans-tabac.fr. Le site donne accès à des outils et conseils pratiques et gratuits, à l’application d’e-coaching Tabac info service et aux contenus du site tabac-info-service.fr. Le 39 89 (appel non surtaxé, du lundi au samedi de 8 h à 20 h) permet d’être accompagné gratuitement par un tabacologue.

– Bien gérer les substituts nicotiniques. Pour ne pas ressentir le manque de nicotine et risquer de « craquer », encore faut-il que les substituts nicotiniques soient bien dosés, ce qui est trop peu souvent le cas, regrettent les spécialistes. « La dépendance tabagique est associée à un risque de mortalité de 50 % et relève donc de la prise en charge des soignants, non de la seule motivation des fumeurs », estime le Pr Bertrand Dautzenberg (Institut Arthur Vernes). Pour se libérer de l’emprise de la nicotine, il recommande de veiller à la substitution nicotinique à 100 % dès l’initiation et tout au long des 3 à 6 mois du sevrage. Cela consiste à doser les substituts (patchs, gommes, pastilles…) pour compenser toute la nicotine apportée par le tabac. Sous-dosée, elle laisse persister le manque, principale cause de rechute. Une cigarette apportant environ 1 mg de nicotine, un fumeur d’un paquet par jour a généralement besoin d’un patch de 21 mg, souvent associé à une forme orale. La dose est ensuite ajustée selon les signes de sous-dosage (envie de fumer) ou de surdosage (nausées, palpitations, maux de tête), puis réduite progressivement.

À noter : d’autres moyens que les substituts nicotiniques existent dont la varénicline. Elle se fixe sur les récepteurs cérébraux de la nicotine, qu’elle stimule partiellement pour calmer le manque tout en bloquant l’effet de la nicotine fumée. Proche de cette dernière, la cytisine (ou cytisinicline) a obtenu un avis favorable de la HAS en mai 2026, avec un remboursement fixé à 35 %, et sera prochainement disponible en France. Dans l’essai ORCA-3, 30,3 % des fumeurs traités 12 semaines étaient abstinents sur le dernier mois de traitement, contre 9,4 % sous placebo.

– Prendre en compte les particularités féminines. « Les femmes présentent une prévalence plus élevée de troubles anxieux et dépressifs, et les substituts nicotiniques semblent chez elles légèrement moins efficaces, explique Gérard Peiffer (CHR Metz-Thionville). À l’inverse, la varénicline paraît plus efficace chez elles, avec davantage de nausées en début de traitement, tandis que les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), la gestion du stress et l’approche par les capabilités’ répondent aux obstacles propres aux femmes. » Enfin, « la crainte de la prise de poids constitue un frein majeur au sevrage », d’où l’intérêt d’un accompagnement nutritionnel et d’une activité physique régulière, « également efficace sur le craving (l’envie irrépressible de fumer, ndlr) ».

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