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Une exposition excessive à la lumière pendant la nuit pourrait modifier la structure et le fonctionnement du cœur. Une étude menée auprès de plus de 11 000 personnes met en évidence un lien entre pollution lumineuse nocturne et remodelage cardiaque.
En partenariat avec Destination Santé - Aujourd'hui à 07:00 | mis à jour aujourd'hui à 07:03 - Temps de lecture :
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Des études antérieures ont mis en relation la pollution lumineuse et les maladies cardiovasculaires, sans que le mécanisme d’action ne soit toutefois établi. Une nouvelle étude publiée jeudi 10 septembre dans la revue European Heart Journal détaille comment la structure et le fonctionnement du cœur sont progressivement modifiés chez les personnes exposées à une lumière excessive pendant la nuit.
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L’étude a inclus 11 071 volontaires issus de la cohorte UK Biobank. Tous ont porté durant 7 jours un capteur de lumière au poignet afin de mesurer leur exposition nocturne à la lumière. Trois ans plus tard, ils ont passé une IRM cardiaque permettant d’examiner la structure et le fonctionnement de leur cœur.
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Les chercheurs ont ensuite comparé les cœurs des personnes exposées à des niveaux de lumière supérieurs à 3 lux à ceux qui étaient exposés à une lumière nocturne quasi inexistante. Pour avoir une idée de ce que représente 3 lux, une nuit sans lune correspond à moins de 0,1 lux, la pleine lune se situe entre 0,1 et 0,3 lux. 3 lux correspondent à une petite veilleuse ou une faible lumière indirecte.
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Des études antérieures ont mis en relation la pollution lumineuse et les maladies cardiovasculaires, sans que le mécanisme d’action ne soit toutefois établi. Une nouvelle étude publiée jeudi 10 septembre dans la revue European Heart Journal détaille comment la structure et le fonctionnement du cœur sont progressivement modifiés chez les personnes exposées à une lumière excessive pendant la nuit.
L’étude a inclus 11 071 volontaires issus de la cohorte UK Biobank. Tous ont porté durant 7 jours un capteur de lumière au poignet afin de mesurer leur exposition nocturne à la lumière. Trois ans plus tard, ils ont passé une IRM cardiaque permettant d’examiner la structure et le fonctionnement de leur cœur.
Les chercheurs ont ensuite comparé les cœurs des personnes exposées à des niveaux de lumière supérieurs à 3 lux à ceux qui étaient exposés à une lumière nocturne quasi inexistante. Pour avoir une idée de ce que représente 3 lux, une nuit sans lune correspond à moins de 0,1 lux, la pleine lune se situe entre 0,1 et 0,3 lux. 3 lux correspondent à une petite veilleuse ou une faible lumière indirecte.
De nombreuses modifications dont un épaississement de la paroi du ventricule gauche
Les résultats montrent chez les personnes fortement exposées à la lumière nocturne un épaississement de la paroi du ventricule gauche, l’une des cavités du cœur, réduisant ainsi l’espace disponible à l’intérieur de cette cavité.
On observe également des signes d’une diminution de la capacité du muscle cardiaque à se déformer au cours d’un battement, qui est un indicateur précoce d’une altération du fonctionnement cardiaque. Mais aussi des modifications du ventricule droit et de l’oreillette gauche.
Selon le Pr Lu Qi, de l’université Tulane (Nouvelle-Orléans, États-Unis), qui a dirigé ces travaux, ces modifications surviennent en réponse à un stress chronique ou à une lésion cardiaque. « C’est une manière pour notre organisme de s’adapter à ce stress, mais à terme, cela affaiblit le cœur et peut conduire à une insuffisance cardiaque, explique-t-il dans un communiqué de l’European Society of Cardiology. La pollution lumineuse est apparue comme un nouveau facteur de risque cardiovasculaire. Nos résultats, associés aux données issues d’autres études, suggèrent que réduire l’exposition à la lumière pendant la nuit devrait être envisagé comme l’une des stratégies potentielles de prévention des maladies cardiaques par les professionnels de santé et les responsables des politiques publiques. »
« Des cœurs qui deviennent plus rigides, plus faibles et moins efficaces »
Un environnement de sommeil adapté pourrait ainsi faire partie de la prise en charge de patients souffrant d’insuffisance cardiaque ou de fibrillation atriale. « Les recommandations sont simples et peu coûteuses : installer des rideaux occultants, privilégier un éclairage de chevet aux teintes chaudes et masquer les petites LED de veille des appareils électroniques domestiques » note, dans un éditorial diffusé avec l’étude, le Pr Thomas Münzel, du Centre médical universitaire de Mayence (Allemagne). De même, les villes pourraient facilement réduire l’éclairage public, avec des lampadaires à intensité variable ou à détecteur de mouvement.
Selon le professionnel, cette étude « établit un lien essentiel entre ce que les satellites nous montrent déjà – une planète de plus en plus lumineuse la nuit – et la réalité clinique qui se manifeste à l’intérieur de nos poitrines : des cœurs qui deviennent plus rigides, plus faibles et moins efficaces. Le lien est biologiquement cohérent, les effets observés sont cliniquement significatifs et la relation dose-réponse est sans ambiguïté : plus de lumière, des résultats moins favorables. La conclusion est claire : l’obscurité mérite d’être reconnue comme un signe vital, aussi essentiel à la santé cardiovasculaire que le contrôle de la pression artérielle et la qualité de l’air. »


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