45 % des Français reconnaissent avoir déjà cru à une fausse information sur la santé, et la proportion grimpe à 74 % chez les 15-24 ans. Pour contrer ces infox qui circulent notamment sur les réseaux sociaux, le ministère de la Santé lance un Observatoire de la désinformation en santé. Veille, analyse par des experts indépendants, riposte sur TikTok et sur Santé.fr : l’État veut contrecarrer les rumeurs qui peuvent détourner des soins.

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  •  45 % des sondés reconnaissent y avoir déjà cru. Les jeunes sont en première ligne.Photo Adobe Stock

    91 % des Français déclarent avoir déjà été exposés à des informations fausses ou trompeuses en matière de santé, selon un baromètre commandé par le ministère de la Santé à Toluna Harris Interactive. Pour 38 % des 15 ans et plus, c’est même au moins une fois par mois. Ces contenus ont un réel impact : 45 % des sondés reconnaissent y avoir déjà cru. Les jeunes sont en première ligne.

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  • Chez les 15-24 ans, 74 % admettent s’être déjà laissé convaincre par une fausse information en santé. Plus inquiétant encore, la moitié d’entre eux (51 %) disent avoir déjà suivi une recommandation erronée qui les a conduits à adopter un comportement à risque (tester un autre traitement, interrompre un traitement, retarder une consultation médicale…). Sur l’ensemble de la population, cette proportion atteint 29 %.Photo Adobe Stock

    Chez les 15-24 ans, 74 % admettent s’être déjà laissé convaincre par une fausse information en santé. Plus inquiétant encore, la moitié d’entre eux (51 %) disent avoir déjà suivi une recommandation erronée qui les a conduits à adopter un comportement à risque (tester un autre traitement, interrompre un traitement, retarder une consultation médicale…). Sur l’ensemble de la population, cette proportion atteint 29 %.

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  • Près d’un Français sur deux (49 %) ne se sent pas capable de se prémunir contre les fausses informations, 42 % estiment difficile de trouver des informations fiables et 34 % avouent ne pas savoir comment vérifier une information.Photo Adobe Stock

    Près d’un Français sur deux (49 %) ne se sent pas capable de se prémunir contre les fausses informations, 42 % estiment difficile de trouver des informations fiables et 34 % avouent ne pas savoir comment vérifier une information.

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91 % des Français déclarent avoir déjà été exposés à des informations fausses ou trompeuses en matière de santé, selon un baromètre commandé par le ministère de la Santé à Toluna Harris Interactive. Pour 38 % des 15 ans et plus, c’est même au moins une fois par mois. Ces contenus ont un réel impact : 45 % des sondés reconnaissent y avoir déjà cru. Les jeunes sont en première ligne.

Chez les 15-24 ans, 74 % admettent s’être déjà laissé convaincre par une fausse information en santé. Plus inquiétant encore, la moitié d’entre eux (51 %) disent avoir déjà suivi une recommandation erronée qui les a conduits à adopter un comportement à risque (tester un autre traitement, interrompre un traitement, retarder une consultation médicale…). Sur l’ensemble de la population, cette proportion atteint 29 %.

Près d’un Français sur deux (49 %) ne se sent pas capable de se prémunir contre les fausses informations, 42 % estiment difficile de trouver des informations fiables et 34 % avouent ne pas savoir comment vérifier une information.

Octobre rose, cible des infox

C’est dans ce contexte que le ministère de la Santé a lancé, mercredi 21 octobre, l’Observatoire de la désinformation en santé. Le calendrier n’a rien d’un hasard : en pleine campagne Octobre rose, le dépistage du cancer du sein fait partie des sujets les plus exposés aux rumeurs. Parmi elles, la mammographie présentée comme une cause de cancer. Des affirmations fausses, mais lourdes de conséquences : selon l’Institut national du cancer (Inca) et la Ligue nationale contre le cancer, elles peuvent entraîner un renoncement au dépistage et favoriser des pratiques non validées.

Veiller, analyser, riposter

L’Observatoire s’inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé, présentée en janvier 2026. Sa mission : mieux comprendre comment naissent et circulent les fausses informations, et donner aux citoyens les moyens de les repérer. Ainsi, l’Observatoire publiera des baromètres réguliers et animera des groupes de travail sur des thèmes prioritaires comme l’éducation, l’intelligence artificielle ou la responsabilité des plateformes. Concrètement, il s’appuie sur un dispositif d’« infovigilance » en trois temps.

D’abord la veille : le ministère, les agences régionales de santé (ARS) et les opérateurs de santé font remonter les fausses informations. Ensuite l’analyse : chaque rumeur est évaluée selon des critères comme sa viralité, son volume et sa dangerosité, avec l’appui d’experts indépendants. Enfin, la riposte : des contenus de décryptage sont élaborés avec les sociétés savantes, les ordres professionnels, les médias ou l’Éducation nationale, puis diffusés auprès du grand public.

Sur les réseaux sociaux, le ministère publiera aussi des commentaires validés en réponse aux publications problématiques, en particulier dans les situations de crise ou d’urgence.

Où se rendre pour vérifier une information en santé ?

Pour toucher les jeunes, le ministère lance sur TikTok la chaîne « Le Check-Up », support de courtes vidéos où interviennent des infectiologues, des médecins de santé publique, des gynécologues, etc. Sur le site officiel sante.fr, un quiz interactif sera disponible pour apprendre à distinguer le vrai du faux et comprendre le rôle des biais cognitifs et des algorithmes dans la diffusion des rumeurs.

Un doute face à une information santé ?

Face à une information douteuse, quelques réflexes s’imposent comme vérifier ses sources, croiser les informations, privilégier les sources reconnues et demander conseil à un professionnel de santé. Et se rendre sur la page sante.fr/decryptage.

Une course perdue d’avance ?

L’Observatoire ne dispose d’aucun financement spécifique. Il s’appuie sur la délégation à l’information et à la communication du ministère de la Santé et sur une « communauté d’alliés » chargée de la veille et de la détection. Un manque de moyens que regrettent nombre de professionnels de santé. Ils déplorent aussi l’absence d’une plateforme permettant à l’ensemble des soignants de signaler une fausse information, ainsi que d’une réponse judiciaire pour sanctionner ceux qui la propagent.

Le nom même de l’observatoire est contesté. Pourchasser chaque rumeur ? Une bataille sans fin, estimaient les trois auteurs du rapport remis en janvier. Plutôt que de traquer le faux, ils proposaient de faire émerger le vrai, d’où le nom qu’ils avaient retenu : « Observatoire de l’information en santé ».

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