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  • Des cas de tuberculose détectés dans le Val-de-Marne : faut-il s’inquiéter ?

Une « situation de tuberculose » a été détectée dans le Val-de-Marne, avec un cas signalé fin juillet chez une personne ayant fréquenté une école et un centre de loisirs. Une enquête d’entourage a été lancée pour identifier les personnes en contact. 

Cyrielle Thevenin - Aujourd'hui à 13:19 | mis à jour aujourd'hui à 13:40 - Temps de lecture :

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Une « situation de tuberculose » a été déclarée dans le Val-de-Marne, sur la commune d’Ivry-sur-Seine, a indiqué samedi la municipalité. Il s’agit d’un cas signalé fin juillet « chez une personne ayant fréquenté l’école élémentaire et le centre de loisirs Rosalind Franklin d’Ivry-sur-Seine pendant sa période de contagiosité », a précisé ce mardi l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France. Une enquête d’entourage a été lancée pour identifier les personnes contacts et de premiers dépistages ont été effectués. Ils ont permis de détecter « deux personnes » qui « présentent une tuberculose peu contagieuse ».

La tuberculose est une maladie infectieuse due à une mycobactérie appelée bacille de Koch. Elle atteint le plus souvent les poumons. Les symptômes sont généralement une fièvre, un amaigrissement et des sueurs nocturnes.

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Une maladie pas si rare

La tuberculose est une maladie peu fréquente en France, mais la détection d’un cas n’est pas pour autant une exception. Chaque année, plus de 4 000 cas sont détectés dans le pays. Le nombre de cas a baissé ces dernières années, malgré une recrudescence post-Covid en 2023. Ce sont ainsi 4491 cas de tuberculose qui ont été notifiés en 2024, quand il y en avait 5114 en 2019 et 5758 en 2008.

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Cette incidence nationale assez faible « masque cependant des disparités territoriales importantes », note toutefois Santé Publique France. Les plus grandes agglomérations concentrent le plus grand nombre de cas. L’Île-de-France est d’ailleurs la région métropolitaine la plus touchée par la maladie. En 2024, 1655 cas ont été recensés dans la région selon les données de Santé Publique France, contre 486 en Auvergne-Rhône-Alpes et 254 dans le Grand Est. Le nombre de cas en Île-de-France affichait toutefois une baisse par rapport à 2023 (-6,4 %). 

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Une contagiosité qui nécessite un contact rapproché

La tuberculose est une maladie très contagieuse. Elle se transmet de personne à personne par voie aérienne, lors d’un contact « long, répété et dans un endroit mal ventilé » avec une personne atteinte. « Une personne porteuse de la tuberculose peut contaminer environ dix personnes dans son entourage », a expliqué sur Cnews le Pr Bruno Megarbane, chef du service réanimation à l’hôpital Lariboisière. C’est aussi une maladie à évolution lente : « Le début de contagiosité est habituellement remonté à trois mois avant le diagnostic », précise l’ARS Île-de-France dans son communiqué. 

Plus de 4 000 cas de tuberculose sont détectés chaque année en France. Photo Sipa/AP/Elizabeth S. Mingioli

Plus de 4 000 cas de tuberculose sont détectés chaque année en France. Photo Sipa/AP/Elizabeth S. Mingioli

Faut-il alors s’inquiéter de ces nouveaux cas, dont l’un d’eux a fréquenté une école et un centre de loisirs ? Pas forcément. « Toutes les personnes en contact avec un cas de tuberculose ne seront pas systématiquement infectées, ni, encore moins, malades », indique le ministère de la Santé. « Seules celles qui ont eu un contact prolongé avec un malade doivent être dépistées », a précisé auprès du Parisien Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine. « Il n’y a pas de raison de paniquer. Tout est mis en œuvre par l’ARS pour éviter une épidémie. D’ici deux ou trois jours, toutes les personnes concernées auront été prévenues », a-t-il ajouté dimanche.

Certaines populations sont plus à risques

Certaines populations sont plus à risque d’attraper la maladie. C’est notamment le cas des populations précaires sans domicile fixe, vivant dans des lieux de promiscuité (établissement pénitentiaire, squat, foyer collectif) ou des personnes ayant des facteurs de risque médicaux à l’origine d’une altération des défenses immunitaires. Les personnes issues d’un pays à forte incidence de tuberculose sont également plus à risque. En 2024, 71 % des cas déclarés de tuberculose concernaient des personnes nées à l’étranger.

Une couverture vaccinale insuffisante

Autre élément rassurant : une partie de la population est vaccinée contre la tuberculose. Jusqu’en 2007, le vaccin contre la tuberculose était obligatoire. Il ne l’est plus depuis cette date mais reste fortement recommandé pour les nourrissons et les enfants qui présentent des risques particuliers d’exposition à la maladie. C’est notamment le cas des enfants résidant en Île-de-France. La couverture vaccinale reste cependant « globalement faible » dans la région : elle est estimée à 47 % à l‘âge de 2 ans pour les nourrissons nés en 2021, quand elle se situe autour de 80 % pour ceux nés avant 2015, indique un avis de Santé Publique France paru en mars 2026. La Seine-et-Marne est par ailleurs le département d’Île-de-France qui affiche la couverture vaccinale la plus faible. En France hexagonale, la couverture vaccinale à 1 an dans les populations à risque atteint 48,3 %.

Le degré de protection induit par le vaccin BCG « n’est pas de 100 % », précisent toutefois les autorités sanitaires. « Ce BCG n’empêche pas de développer la tuberculose au sens de maladie pulmonaire. Il n’avait d’intérêt que de protéger les enfants contre les formes très graves et mortelles de tuberculose », a expliqué Bruno Megarbane sur Cnews. La maladie, prise à temps, se soigne correctement.

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